11/02/2011

De Dakar, Forum Social Mondial

Toute personne habituée aux standards d'organisation et de ponctualité helvétiques, qui participe pour la première fois à un Forum Social Mondial (FSM) est probablement un peu surprise. S'agit-il d'organisation désordonnée? De désordre organisé?
Puis elle apprend que le président « néolibéral » du Sénégal Wade, et les responsables du campus universitaire où le Forum a lieu, n'ont pas vraiment facilité son déroulement. Imaginez à quel point il est difficile de permettre à 70'000 participants de travailler de façon efficace...
En tout cas, chaque jour, il y a eu moyen de participer à des ateliers passionnants: Une chose c'est lire des rapports, étudier des dossiers... une autre échanger avec des personnes directement concernées par les problèmes!
Les jours qui ont précédé le FSM, les 60 membres de la délégation suisse, (parlementaires Verts, PS et PDC, responsables d'ONG, syndicalistes et journalistes) ont eu la chance de visiter en petits groupes plusieurs réalisations des ONG suisses. Important pour le travail des parlementaires, qui doivent décider de l'attribution de budgets pour l'aide au développement.
Les échos des Sénégalais-es concerné-es était très positif. Depuis des années, des Suisses les aident à s'organiser, à se prendre en charge, à agir sur les causes de leurs problèmes. Plus particulièrement dans deux domaines: Accaparement des terres et pillage des mers
Il nous est clairement apparu que parallèlement à l'action locale, des interventions dans les pays du nord, y compris en Suisse, sont indispensables. Par exemple, pour définir la co-responsabilité des sociétés mères, domiciliées notamment en Suisse, pour les agissements des leurs filiales dans les pays du Sud ou encore pour freiner les placements spéculatifs de capitaux suisses, ou transitant en Suisse, dans l'achat de terres au sud...
Les échanges et ateliers qui se sont déroulés pendant le forum ont permis de définir des actions nécessaires. Le slogan du FSM était: une autre Terre est possible. Dans les domaines de l'accaparement des terres et du pillage des mers on peut vraiment dire: des changements rapides sont indispensables!
Je donnerai la priorité, dans mes prochains billets de Dakar, à ces deux objets, vitaux pour des centaines de millions de personnes et liés à l'action suisse au Sénégal, même si j'ai aussi eu l'occasion ici d'apprendre et d'échanger dans les domaines de l'énergie et de l'éducation.