09/04/2009

Nouveau polar nucléaire?

Le Canard Enchaîné de hier (mercredi 8 avril) révélait que Stéphane Lhomme, porte-parole français du réseau "Sortir du nucléaire", a été placé "sous surveillance par la société suisse Securewyze", basée à Lausanne, dans le cadre d'un "contrat" passé par Electricité de France (EDF).
A quel niveau de la multinationale du nucléaire cette décision a été prise? Les responsables de la sécurité ou la direction? L'enquête, suite à la plainte déposée par le réseau "Sortir du nucléaire" devrait l'établir.
Apparemment EDF voulait découvrir qui était à l'origine de la diffusion, en 2003, d'un document classé "confidentiel secret défense", indiquant que l'EPR (le nouveau type de centrale nucléaire) ne résisterait pas au choc d'un avion de ligne.
Une révélation qui démolit la propagande du lobby nucléaire tendant à montrer que la nouvelle génération de centrales nucléaires est sûre.
Des contrats qu'EDF était sur le point de conclure aux USA auraient été suspendus suite à cette révélation: compréhensible après le 11 septembre...
Mais cela ne semble pas avoir découragé les électriciens d'ALPIQ de projeter la construction d'une centrale nucléaire de ce type en Suisse!
Cette affaire n'est pas la première du genre: le Canard Enchaîné avait déjà révélé le 18 mars l'espionnage de Greenpeace par EDF. Le recours à des officines privées pour espionner ses détracteurs semble être monnaie courante chez cette multinationale.
Doit-on en conclure que le nucléaire n'est pas seulement une nuisance au niveau environnemental, mais aussi pour la démocratie?