23/11/2016

Vrais risques ou sornettes ? (Suite)

Jusqu'au 27 novembre, je vais reprendre sur ce blog les réponses aux questions fréquemment posées pendant la campagne en faveur de la sortie programmée du nucléaire.

Risque que l'arrêt des centrales nucléaires suisses provoque une augmentation des émissions de CO2 en Europe ? Sornettes !
Le risque de voir les émissions de CO2 augmenter en Allemagne parce que la Suisse devrait importer du courant allemand produit par des centrales à charbon, voire à lignite, est l'un des arguments souvent avancés par les opposants à la sortie programmée du nucléaire.
C'est de la pure propagande : les collaborateurs scientifiques de l'université de Cologne J. Peter und S. Hagspiel viennent de rappeler que n'importe quel électricien de l'Union Européenne qui augmenterait ses émissions de CO2, pour vendre plus de courant à la Suisse, suite à l'arrêt des centrales nucléaires, devrait entièrement le compenser par des réductions équivalentes. L'office fédéral pour l'environnement l'a confirmé.
Nous n'avons pas transmis cette information jusqu'à présent parce que l'initiative demande explicitement que le nucléaire soit progressivement remplacé par les renouvelables et l'efficacité et non par du courant produit par des centrales nucléaires ou à charbon étrangères.
Et si les opposant devaient continuer à freiner la réalisation des dizaines de milliers d'installations actuellement sur la liste d'attente, la Suisse pourrait acheter du courant vert européen, en effet les renouvelables progressent à pas de géant : en Europe tous les 18 jours sont mises en services de nouvelles installations qui produiront annuellement autant d'électricité que la centrale nucléaire de Mühleberg.
Mais même si les électriciens suisses achetaient, pour des raisons commerciales, davantage de courant « sale » sur la bourse européenne, les émissions de CO2 n'augmenteraient pas vu l'obligation européenne de compenser.

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Risque de devoir payer des milliards de dédommagement aux exploitants des centrales en cas d'acceptation de l'initiative ? Très faible, à moins que la majorité du Conseil fédéral et/ou du Parlement le décident.
Les opposant brandissent le risque que la Confédération doive payer des dédommagements à hauteur de milliards.
Il est peu probable que des exploitants obtiennent de tels dédommagements car :
1° L'arrêt des centrales s'impose pour des motifs sécuritaires.
L'exploitation des centrales nucléaire est déficitaire depuis 5 ans. Au dire même des propriétaires ils perdent des centaines de millions (plus d’un demi milliard) par an, et des bénéfices ne sont pas en vue ces dix prochaines années.

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pertes moyennes ces 5 dernières années

3° Les propriétaires des centrales ont essayé de vendre leurs parts, même pour un franc symbolique… et n’ont pas trouvé d’acheteur : les centrales nucléaires n’ont plus de valeur marchande.
Donc, arrêter par étapes les centrales nucléaires suisses ne causerait pas de dommages, peu probable donc que les exploitants obtiennent des milliards de dédommagements.

En conclusion, aucun risque à voter Oui à la sortie programmée du nucléaire d'ici le 27 novembre, que des avantages !

18/11/2016

Vrais risques ou sornettes ?

Réponses à Roger pour son frère... et pour d'autres personnes qui hésitent encore à voter OUI à la sortie programmée du nucléaire

Je pourrais simplement dire à tous ceux qui me demandent si les risques brandis pour les inciter à refuser ou à accepter l'initiative sont bien réels :

"La Suisse romande se passe déjà fort bien du nucléaire, mais les faux choix stratégiques pris en Argovie, à Berne et à Zurich, continuent à nous faire courir des risques démesurés..."

Ou plutôt leur poser des questions :

"Que préférez-vous ? Une sortie du nucléaire avec un arrêt planifié et prévisible, favorisant les investissements dans les renouvelables et l'efficacité énergétique, ou le prolongement, à coup de milliards, de la lente agonie des centrales nucléaires, accompagnée de pannes subites mettant en danger notre approvisionnement ?"

ou encore:

"Iriez-vous à Paris avec un vieil avion de plus de 45 ans, repeint à neuf, mais truffé de fissures, sachant qu'il y a un avion sur cent qui s'écrase, ou prendriez vous le TGV ? Il y a une centrale sur cent qui a eu un accident majeur ..."

Mais je vais plutôt essayer, ces prochains jours, de répondre au mieux, sur ce blog, aux questions qui me sont posées :

Risque d'accident grave dans une centrale suisse ? Malheureusement réel !

Les concepteurs des centrales nucléaires affirmaient que le risque d'un accident grave est très faible : de l'ordre de un milliardième par année d'exploitation (rapport WASH-1250). Aujourd'hui des chercheurs, notamment de l'EPFZ et de l'Université de Sussex (A Rethink of Nuclear Risk Assessment 7-2016), remettent en question la méthode utilisée par l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique, et, par conséquence, par l'Inspectorat fédéral pour la sécurité nucléaire (IFSN), pour évaluer les dangers de l'atome.
Les faits l'ont montré : les risques sont très élevés, de l'ordre de un millième par année d'exploitation. Sur moins de 500 centrales dans le monde il y a eu 5 accidents gravissimes (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima 1, 2 et 3) : davantage qu'un pour cent !
Un accident majeur aurait des conséquences catastrophiques dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse. Nous n'avons ni un Océan à proximité, où la majeur partie de la radioactivité pourrait se répandre, comme au Japon, ni de vastes forêts, comme autour de Tchernobyl. Le Conseil fédéral a fait distribuer dans un rayon de 50 km autour des centrales des pastilles de iode à prendre en cas d'accident pour empêcher que la thyroïde absorbe du iode radioactif : 5,2 millions de personnes les ont reçues !
La protection civile a évalué les dommages directes et indirects possibles lors d'une catastrophe nucléaire en Suisse à plus de 4000 milliards, avec près d'un million de personnes à évacuer... Irresponsable d'y maintenir en activité plus de 45 ans, des centrales atomiques prévues pour durer 30 ans ! Et pourtant c'est ce que veulent les exploitants, essayant de minimiser les problèmes posés par des corrosions, fissures, inclusions etc.
Ils attaquent même en justice une ordonnance qu'ils estiment donner trop de possibilités d'interventions à l'IFSN.

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Risque de pénurie en 2017 ? Des sornettes pour effrayer les électeurs !

Actuellement il y a une surcapacité électrique considérable en Europe, de quoi produire onze fois plus que les 5 centrales nucléaires suisses ! Près de 100 centrales à gaz sont à l'arrêt forcé car elles produisent de l'électricité à un coût plus élevé que les centrales au charbon. Pourtant elles émettent la moitié moins de CO2, et elles pourraient bien mieux compenser les variations de production du solaire et de l'éolien... Mais les considérations financières priment.
Quant aux lignes pour importer et exporter du courant, elles sont opérationnelles. Annuellement plus de 85 milliards de kilowattheures traversent les frontières suisses, à comparer aux 3 milliards de kWh produits actuellement par Beznau 2 qu'il faudrait probablement importer temporairement en plus. Quant aux transformateurs supplémentaires nécessaires, ils seront opérationnels à Beznau dès mars 2017, donc aucun souci dans la région de Zurich, et à Mühleberg dès 2018. Mais il n'est pas nécessaire de renforcer la ligne Mühleberg-Bassecourt et de l'équiper de transformateurs avant 2025, car un nouveau transformateur a été mis en service à Laufenburg en prévision de l'arrêt de Mühleberg en 2019 !
Mais si vraiment il devait y avoir un risque sérieux de black out dans la région de Berne, le Conseil fédéral saurait sûrement assumer ses responsabilités d'exécutif et prolonger de quelques mois le fonctionnement de la centrale de Mühleberg. Aucun risque de pénurie donc ou de chaos, ni cet hiver à cause de l'arrêt pour de graves problèmes techniques, de Leibstadt et Beznau 1, bien qu'elles produisent normalement presque la moitié du courant nucléaire suisse (46,7%), ni ces prochaines années à cause de l'initiative qui demande l'arrêt en 2017 des 2 plus petites centrales, qui produisaient moins du quart du courant nucléaire suisse (23%) ... (Beznau 1 est déjà hors circuit!)

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Risque de devoir importer du courant « sale » produit par des centrales au charbon ou nucléaires ? Vrai ou faux, cela dépend de choix commerciaux !

Beznau 1, à l'arrêt depuis 20 mois, est déjà remplacée par du renouvelable produit en Suisse grâce à la rétribution à prix coûtant (RPC). Une partie au moins des presque 50'000 projets sur les listes d'attente de Swissgrid peuvent être rapidement construits. Et rien n'empêche les électriciens suisses de planifier pour 2017, si nécessaire, l'importation de courant « propre » européen hydraulique, éolien ou solaire, meilleur marché que le courant nucléaire suisse ! Mais Axpo et Alpiq devraient réduire leur

s importations de courant « sale » allemand bon marché qui leur permettent actuellement de revendre plus cher du courant hydraulique suisse...

En conclusion, aucun risque à voter Oui à la sortie programmée du nucléaire d'ici le 27 novembre, que des avantages !

11/03/2016

FUKUSHIMA AN V

Aujourd'hui dans 20 gares romandes, distribution de plus de 100'000 fausses pastilles de iode pour rappeler à la population que la meilleure façon de réduire les risques du nucléaire c’est d’arrêter à temps les centrales vieillissantes.

Mühleberg et Beznau figurent parmi les plus vieilles centrales nucléaires du monde, conçues pour être exploitées 30 ans, avec une marge de sécurité de 10 ans, elles devraient déjà être hors service.

Mais les intérêts financiers des exploitants passent devant la sécurité. Et il se trouve toujours des experts vendus ou inconscients prêts à garantir que prolonger leur exploitation ne fait courir aucun risque, ce qui donne bonne conscience aux politiciens qui autorisent une exploitation sans limites...

Bien que les centrales nucléaires deviennent de plus en plus dangereuses en fin de vie, le Parlement non seulement ne demande pas que la durée d'exploitation initialement prévue soit respectée, mais il refuse d'exiger que les dispositifs de sécurité soient mis à niveau et rendus au moins aussi fiables que ceux mis en oeuvre dans les nouvelles centrales.
Seule issue raisonnable : décider cet automne en votation populaire que 45 ans d'exploitation c'est un maximum, voter OUI à l'Initiative pour un arrêt programmé des centrales nucléaires!

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12/10/2015

Monsieur Maurer cache un scénario catastrophe de l'étude fédérale IDA NOMEX

Quatre ans après Fukushima et vingt-neuf ans après Tchernobyl, le département de M. Maurer vient de fournir un scénario pour assurer la protection de la population en cas d’accident nucléaire majeur sur le territoire national. Mais le scénario aux conséquences les plus lourdes (scénario A6 selon les critères du projet IDA NOMEX de la Confédération) a été écarté. Cette décision arbitraire empêche la protection civile de coordonner la mise en place des préparatifs en cas d'accident nucléaire majeur. N’est-il pas irresponsable, voire criminel, d’exclure la pire des hypothèses, nous empêchant de préparer les plans de réaction face à une catastrophe nucléaire ? Nos autorités ne font-elles pas preuve de la même arrogance que les Japonais qui refusaient d’admettre la possibilité d’un tsunami majeur, ou que les ingénieurs soviétiques qui clamaient l'infaillibilité de leurs centrales nucléaires avant la catastrophe Tchernobyl ?

Cette situation d’impréparation est d’autant plus grave que la Suisse est faible sur certains points essentiels: Les normes de sécurité en vigueur pour les centrales suisses ne sont pas aussi exigeantes que celles pour les centrales neuves. Ces normes sont faites pour ne pas trop augmenter le prix d'exploitation des centrales anciennes. Elles considèrent, par exemple, l’impact d’un avion sur une centrale nucléaire de façon irréaliste : sont pris en compte seulement les avions qui volaient il y a 50 ans, à l’époque de la demande d’autorisation de construire, et l'on exclut un attentat terroriste où un avion serait précipité contre une centrale. Ou encore on minimise les risques d'inondation ou de séisme. Ces exemples d’impréparation parmi d’autres sont aggravés par l'exiguïté de notre territoire et la localisation des centrales nucléaires proches d'importants centres urbains. Cette façon de faire fait penser à l’arrogance et à la culture de la dissimulation qui, selon la commission d'enquête indépendante du parlement japonais, a fait d’un tremblement de terre une catastrophe nucléaire majeure.

L'association www.sortirdunucleaire.ch a rendu publique l'étude du Docteur en Géosciences et environnement genevois Frédéric-Paul Piguet, de l'Institut Biosphère institutbiosphere.ch/crbst_6.html et des infographies qui mettent en évidence les conséquences pour la Suisse d'un accident de l'importance de Fukushima: notre pays serait coupé en deux par une zone inhabitable comportant plusieurs cantons. Aussi, c'est le coeur du plateau suisse, la région la plus densément peuplée, qui deviendrait zone interdite. Et en cas de faible bise les cantons romands devraient aussi être inclus dans la zone d'évacuation...

 

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23/09/2015

Le Conseil des Etats décide de jouer à la roulette nucléaire !

Le Conseil des Etats décide de laisser poursuivre indéfiniment l'exploitation des centrales nucléaires suisses.

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Il refuse aussi bien de prévoir leur arrêt à une date limite, qu'un concept d'exploitation dans la durée qui renforcerait la sécurité des vieilles centrales faute de quoi elles devraient être arrêtées.

Double danger :

D'un côté ces vieilles centrales aux multiples défauts font courir à la Suisse et à l'Europe des risques insupportables : Notre pays n'est pas entouré de vastes forêts comme Tchernobyl ou flanqué d'un océan comme Fukushima, où une bonne partie de la radioactivité pourrait se répandre. Un accident majeur rendrait inhabitable une bonne partie du plateau suisse !

D'un autre côté repousser aux calendes grecques l'arrêt des centrales nucléaires, ne permet pas à l'économie de planifier leur remplacement en investissant dans l'efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables.

Le Conseil des Etats a même supprimé les déductions fiscales pour les assainissements énergétiques des bâtiments et les constructions de remplacement, provoquant les critiques de la Société Suisse des Entrepreneurs. On laisserait passer l'occasion de créer en Suisse des emplois de qualité !

Il appartiendra au nouveau Parlement de corriger ces décisions déplorables. Et aux électrices et électeurs d'effectuer leur choix d'ici au 18 octobre en tenant compte des engagements des candidats et ... des promesses de 2011 non tenues !

 

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27/03/2015

FSM2015 : dernier jour à Tunis

Ce dernier jour au FSM2015, j'ai participé à un atelier animé par des Brésiliens et des Tunisiens sur les incidences des politiques publiques dans les domaines de l'énergie, de l'eau et de l'assainissement versus les privatisations, puis à une présentation par une ONG des objectifs de développement durable ( ODD ) POST-2015, un peu trop théorique à  mon goût.

Si j'essaie de tirer une conclusion de ce Forum, c'est que la plupart des participants au FSM2015 aspirent d'une façon ou d'une autre à une société solidaire et durable, et s'engagent dans ce but. Mais de nombreux accords internationaux en préparation vont exactement dans le sens contraire. Le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI-TTIP-TAFTA), par exemple, prévoit même que les transnationales puissent attaquer devant des tribunaux d'arbitrage des lois nuisant à leurs intérêts commerciaux... De beaux combats sociaux et politiques en perspective !

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23/03/2015

Délégation suisse au Forum Social Mondial

Une délégation suisse de 70 personnes, parlementaires, membres d'ONG et journalistes, s'est rendue à Tunis pour le Forum Social Mondial. Aujourd'hui elle a visité quelques projets et entreprises soutenus par la Coopération suisse, touchant à la transition démocratique, le développement économique et l'aide au retour de requérant d'asile déboutés. J'ai pu apprécier l'action dans la formation professionnelle d'Elan20150323_094109.jpg, entreprise d'entraînement, et d'ENDA dans le microcrédit. On a notamment vu une boulangerie, une crèche et une ferme thérapeutique. Ce soutien est limité dans le temps et vise à appuyer la transition démocratique. En fin de journée, dialogue avec des représentants de la société civile. Demain discussion avec Chico White, cofondateur du FSM et avec Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud, puis début du FSM à proprement parler.

09/12/2013

Accord de libre échange avec la Chine, un choix difficile

Le Parlement doit se prononcer sur l'accord de libre échange avec la Chine. Comme tous mes collègues Verts, j'estime qu'il devrait contenir des dispositions contraignantes concernant le respect des droits humains et regrette que des normes sociales et écologiques plus élevées n'y figurent pas.

 

L'on peut toutefois considérer, comme l'a dit le Dalaï Lama lors de sa visite au Parlement, qu’avec le maintien du dialogue, on obtiendra davantage de progrès. La Chine n'a-t-elle pas annoncé qu'elle fermera les camps de travail d'ici fin 2013 ?

 

Difficile dans ces conditions de refuser l'accord.

 

01/09/2012

L’hallali nucléaire

Je vous soumets un excellent article d'Olivier Cabanel faisant le point sur le nucléaire, paru sur le site Agoravox le 27 août 2012

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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l...


Alors que les lobbys du nucléaire tentent de faire croire à une improbable relance de leur énergie favorite, l’Europe quitte, sur la pointe des pieds, un nucléaire de plus en plus contesté et contestable.

En effet, contrairement à une idée fausse et pourtant largement répandue, l’Europe n’est pas si nucléarisée qu’on veut le faire croire.

Du Portugal, à l’Irlande, en passant par l’Italie, la Grèce, l’Autriche, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Chypre et le Danemark, ce sont déjà 147 millions d’Européens qui ont tourné définitivement la page du nucléaire.

Viennent ensuite les pays qui ont prévu d’en sortir : l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Suisse sont du nombre, ce qui représente 150 millions d’habitants.

Il ne reste donc que 204 millions d’européens à avoir encore recours « sans limites » à cette énergie dangereuse : la Grande Bretagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la France, la Slovaquie, la Tchéquie, les Pays Bas, la Slovénie, et la Finlande, sauf que dans la majorité de ces Etats, les populations y sont majoritairement hostiles.

En France d’après un sondage IFOP, ils sont 77% dans ce cas, (lien) en Bulgarie, le gouvernement, sous la pression populaire, à abandonné en mars dernier, le projet de la centrale nucléaire de Belene (lien), et il faut remonter à 1991 pour trouver encore quelques pays à promouvoir cette énergie à hauts risques.

Comme l’écrivait Jacqueline Denis-Lempereur dans les colonnes de « Science & Vie », EDF avait alors la dette la plus importante au monde pour un organisme, ou une société, puisqu’elle atteignait près de 35 milliards d’euros (lien) et début 2010, elle avait dépassé les 42 milliards d’euroslien

Sur les 27 pays que comporte l’Union Européenne, il ne reste donc plus aujourd’hui que 10 pays à imposer cette énergie dangereuse aux populations.

En Grande Bretagne, l’état, en refusant de subventionner les projets, bloque tout nouveau projet, prouvant par là que le nucléaire n’est pas rentable sans subventions.

Au Pays Bas, les néerlandais sont très inquiets au sujet de Fukushima, convaincus à 62% que la situation pourrait s’aggraver, les 2/3 de la population des Pays Bas pensant qu’une catastrophe du même type pourrait se produire dans l’un de leurs 2 réacteurs restants. lien

De la Tchéquie à la Slovaquie, en passant par la Hongrie, la Roumanie, et la Bulgarie, il ne reste plus que 16 réacteurs en fonctionnement, et ont déjà étés arrêtés.

Enfin, en Finlande, au-delà des 4 réacteurs qui fonctionnent, l’EPR peine à finir : son budget initial de 3 milliards d’euros va atteindre les 7 milliards, la date de démarrage est constamment repoussée (lien) et l’inauguration prévue pour 2009 a été repoussé au-delà de 2014.

De plus les 4 milliards d’euros de dépassement financier seront à la charge intégrale de la France, ce qui ne va pas arranger la balance commerciale de ce pays. lien

Ajoutons pour la bonne bouche que les déboires du chantier se multiplient, et que la crédibilité d’AREVA ne cesse de plonger, tout comme le cours de ses actions, lesquelles ont perdu en 4 ans 85% de leur valeur.lien

Les découvertes récentes de fissures sur les cuves des réacteurs de Doel, en Belgique, fissures potentiellement existantes aussi en Allemagne, Espagne, Pays bas, Suède et Suisse ne sont pas de nature à améliorer la situation.

La France n’est pas épargnée, ni par les fissures, ni par les problèmes de plomberie, puisque l’ASN a pointé du doigt le 28 juin 2012 des problèmes concernant 118 pièces de robinetterie défaillantes, pour 31 centrales (lien) mais comme l’écrit avec humour Stéphane Lhomme dans sa revue de presse, « les fissures françaises sont meilleures que les fissures belges ». lien

A ceci s’ajoute un défaut sur les grappes de commande à Fessenheim  : début juin 2012, sur les 48 grappes de commande8 posaient problème. lien

Revenons aux fissures, c’est grâce à un contrôle effectué en 2004 sur l’un des réacteurs de la centrale française du Tricastin, dont la cuve était zébrée de fissures horizontales (les plus dangereuses) que les exploitants belges ont découvert les 8000 probables fissures de la cuve du réacteur N°3 de Doel.

En attendant le redémarrage de ce réacteur n’est pas à l’ordre du jour, car il faudrait que l’exploitant prouve que ces défauts ne menacent pas l’intégrité du réacteur, ce qui semble un challenge compliqué, d’autant que dès septembre, c’est le réacteur de Tihange 2 (dont la cuve est du même constructeur) qui va être regardé de plus près. lien

Un rapport récent d’experts indépendants montre les insuffisances des tests de résistance, et Greenpeace a dressé la carte de l’éventuelle pollution en cas d’accident nucléaire en Europe.

On le voit, le nucléaire pose de plus en plus de problèmes en Europe…tout comme ailleurs.

Fukushima, rien n’est réglé, bien au contraire, et l’on ne peut que s’inquiéter des bricolages de fortune réalisés pour protéger la piscine du N°4, laquelle a été recouverte d’une simple bâche de plastique. photo

Sur cette photo, on peut juger de l’état du bâtiment dévasté.

L’occasion d’évoquer l’étonnement des japonais, devant notre utilisation régulière du mot « Fukushima  » : ils préfèrent parler du « 11 mars 2011 », car disent-ils fort justement, limiter la catastrophe à Fukushima n’est pas très cohérent, puisque la planète entière continue à être mise en danger.

D’ailleurs, n’utilisons-nous pas la date du 11 septembre plutôt que d’évoquer New York et la : « catastrophe des tours jumelles » ?

Nous sommes loin d’avoir fait le bilan de la catastrophe, puisque la centrale accidentée continue de cracher dans l’air, l’eau et la terre, des quantités effarantes de radioactivité, et il parait improbable que nous soyons à l’abri de cette pollution, à quelque endroit de la planète.

Yusutero Yamada, un ingénieur de 72 ans à la retraite a bouclé récemment une tournée aux USA, afin d’obtenir une intervention internationale, et que soit retiré à Tepco la mission de gérer la catastrophe. lien

La situation est en effet inquiétante, et elle continue de se dégrader. lien

Un homme qui travaillait sur le site vient d’y laisser sa vie, et malgré une dose cumulée de 25,24 millisieverts mesurée sur son corps, Tepco affirme qu’il n’y aurait pas de lien entre sa mort et la dose de radioactivité qu’il a reçu.

La piscine du réacteur N°4 est au cœur des préoccupations, puisqu’elle contient encore 264 tonnes de combustible nucléaire, et si la piscine venait à se vider, ou s’écrouler, la radioactivité dégagée représenterait 10 fois plus que celles produite par Tchernobyllien

Des rascasses pêchées au large de la centrale accidentée présentaient un niveau 258 fois supérieur à celui fixé par le gouvernement, soit 25 800 becquerels par Kg, battant le record mesuré sur du poisson de rivière dans le secteur de Fukushima (18 700 Bq/k).

Sans sourire, Tepco envisage de mesurer la radioactivité de profondeur dans l’Océan, en capturant crevettes ou crabes, afin de détecter l’origine de cette contamination. lien

Après l’apparition récente de mutations génétiques sur des papillons, suite à la catastrophe, nous ne sommes vraisemblablement pas à l’abri d’autres surprises et les chercheurs japonais à l’origine de cette découverte craignent maintenant que les êtres humains puissent bientôt en faire les frais. lien

Revenons à la piscine du N° 4.

Dans les colonnes du Nouvel ObservateurVincent Jauvert, propose un dossier complet sur la question.

Robert Alvarez, Haut responsable de l’énergie sous Bill Clinton, a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme, affirmant : « si un tremblement de terre ou tout autre évènement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de 10 fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl ».

Le physicien français, Louis Basdevant, a déclaré que cette piscine, positionnée à 30 mètres du sol, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », et que sa chute pourrait être 60 fois plus grave que la catastrophe du 11 mars ».

Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, ne dit pas autre chose, assurant que « si le bassin du réacteur N° 4 s’effondrait, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe d’Hiroshima ». lien

C’est ce que confirme dans cette vidéoArnie Gundersen, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, déclarant que les assemblages stockés dans la piscine du N° 4 pourraient prendre feu, avec les conséquences que l’on imagine.

Alors si aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux ces pays à quitter le monde sans avenir du nucléaire, préférant se tourner vers des énergies propres et renouvelables, il n’en reste pas moins que, tant que le combustible de cette piscine n’aura pas été évacué, le monde entier restera sous la menace du pire accident nucléaire qu’ait jamais pu connaitre notre planète.

Comme disait un vieil ami hindou : «  d’abord ils vous ignorent, puis se moquent de vous, vous combattent, et enfin, vous gagnez  ».

L’image illustrant l’article provient de « journaldel’environnement.net »

09/05/2012

Avantages fiscaux, secret bancaire, la Suisse doit-elle y renoncer ?

Secret bancaire, « asile fiscal » accordé à des entreprises et à de riches étrangers...
Souvent la Suisse est accusée de concurrence déloyale et plusieurs États étrangers font pression depuis quelques années pour qu'elle change ses pratiques.

Trouvez-vous normal que pendant des décennies les Grecs les plus fortunés, pour payer moins d'impôts, aient placé leur argent en Suisse, et dans d'autres pays (États-Unis, Angleterre – îles anglo-normandes, Luxembourg...) et qu'aujourd'hui les Grecs les plus démunis doivent régler la facture?
Trouvez-vous normal que les plus grandes fortunes françaises menacent de quitter leur pays, si elles devaient payer plus d'impôts pour financer les réformes que le nouveau président socialiste entend initier?
Trouvez-vous normal que les multinationales, en domiciliant leur siège en Suisse et en y déclarant leurs bénéfices, payent proportionnellement beaucoup moins d'impôts que les PME. Et que, souvent, elles privent ainsi des États du tiers-monde des ressources dont ils auraient besoin pour leur développement?
Poser ces questions, c'est y répondre: la Suisse et ses cantons doivent modifier leurs pratiques!

Mais, en y regardant de plus près, la réalité n'est pas aussi simple.
Certes, si les plus fortunés évadent le fisc les États manquent des moyens nécessaires pour offrir infrastructures et prestations de qualité, et ce sont les classes moyennes qui sont taxées plus lourdement.
D'un autre côté il ne faut pas être naïfs : ce n'est pas le désir de moraliser la finance qui motive plusieurs États à demander une modification de nos règles fiscales.
Avec la crise financière mondiale, on assiste à un durcissement de la compétition entre les économies mondiales et les États, pour trouver de nouvelles ressources, sont poussés à lutter contre l'évasion fiscale transfrontalière, mais maintiennent des législations qui favorisent leurs plus gros contribuables...
Les pays anglo-saxons, par exemple, appuient leurs banques, en compétition avec les banques suisses, en s'attaquant au secret fiscal helvétique et continuent à autoriser chez eux les trusts et d'autres instruments qui facilitent « l'optimisation fiscale » pour les clients les plus fortunés de leurs instituts financiers...

Alors que doit faire la Suisse lorsqu'elle conclut de nouveaux accords fiscaux avec des pays étrangers, qu'on traite de distinction entre évasion fiscale et fraude fiscale...?
A mon avis, notre Pays doit offrir son aide administrative et pratiquer l’échange automatique de données, pour lutter non seulement contre la fraude fiscale mais également contre l’évasion fiscale, avec tous les Pays qui s'engagent à la réciprocité et qui modifient également leur législation. Ainsi chaque Pays pourrait exiger les rentrées fiscales qui lui sont dues sur les bénéfices que les entreprises multinationales réalisent effectivement localement et sur les avoirs que ses ressortissants placent à l'étranger.
A quoi bon abolir totalement le secret bancaire suisse, si les bénéficiaires trouvent des possibilités de fuir le fisc dans d'autres pays, souvent ceux-là-mêmes qui font pression sur la Suisse?
Parallèlement la distinction entre évasion fiscale et fraude fiscale devrait être abolie également sur le territoire suisse, de manière à ce que les autorités cantonales aient les mêmes droits que celles des pays étrangers. On doit tendre à la suppression de la concurrence fiscale « déloyale », qui bénéficie avant tout aux plus fortunés, non seulement entre les États, mais aussi entre les Cantons et les Communes.