02/04/2011

Fukushima; quelles conséquences?

Depuis 3 semaines, on m'interpelle fréquemment sur Fukushima.

Les questions le plus souvent posées sont les suivantes:

  1. Pourquoi, avec toute l'eau qu'on verse sur les centrales, on n'arrive pas à arrêter le dégagement de radioactivité et de chaleur? Que se passe-t-il au juste dans ces centrales?

  2. Mais alors, il n'y a pas que les centrales soviétiques qui sont dangereuses? Nos centrales nucléaires, ne sont-elles pas sûres?

  3. Y-a-t-il beaucoup de radioactivité qui se répand dans l'environnement? Quels sont les risques pour la santé?

    Probablement vous êtes nombreux à vous poser ces mêmes questions, je vais donc essayer d'y répondre succinctement dans cet billet.

1. Quand on parle d'une fusion qui n'est pas une fusion nucléaire,

mais une fonte des barres de combustible

Lors d'un arrêt d'urgence:

  1. Les barres métalliques et l'eau borée, qu'on introduit dans le coeur de la centrale, ont pour effet de stopper la fission en chaîne de l'uranium, provoquée par des neutrons ralentis

  2. Mais les produits de fission – les déchets radioactifs donc - déjà présents dans le combustible, continuent leurs réactions radioactives et continuent donc à dégager de la chaleur.

  3. Il est indispensable que des génératrices « de secours » fournissent du courant pour faire circuler l'eau pour le refroidissement.

  4. Si cette chaleur n'est pas évacuée normalement, les barres de combustibles surchauffent. Et les gaines risquent de fondre.

  5. L'eau réagit avec les gaines en zirconium des barres surchauffées et il se dégage de l'hydrogène.

  6. La pression monte.

  7. Si l'on évacue la vapeur pour faire baisser la pression, l'hydrogène peut provoquer des explosions.

  8. Si les barres de combustible sont déjà abimées, des isotopes radioactifs sont aussi libérés dans l'environnement.

  9. Explosions, températures élevées, corrosion... l'enceinte du réacteur peut perdre son étanchéité. Matériaux radioactifs se répandent alors aux environs.

  10. Barres et combustible en fusion – il s'agit donc de métaux fondus, pas de fusion nucléaire- coulent au fond de la centrale,

  11. avec le risque de percer l'enceinte, entrer en contact avec d'autres matériaux et provoquer une très forte explosion -classique- provoquant la contamination radioactive de vastes territoires.

  12. Il y a même un risque, heureusement très faible, que dans ce coeur fondu, appelé corium, une réaction nucléaire s'enclenche, la masse critique étant atteinte, il y aurait alors une véritable explosion nucléaire.

A Fukushima, tous ces événements, sauf les k) et l), se sont produits, de manière plus ou moins accentuée dans les réacteurs numéros 1 à 3. Dans le réacteur numéro 4, qui était à l'arrêt lors du tsunami, c'est la piscine où était stocké le combustible usagé qui n'a plus était refroidie, l'eau s'est évaporé, les barres ont surchauffé et...

Des centaines de pompiers, de techniciens et d'ingénieurs, sont engagés sur place, au détriment de leur santé, pour refroidir ces réacteurs et éviter le pire, c'est-à-dire les événements k) et l). Mais pendant plusieurs semaines, voire des mois, la situation restera critique.

L'eau déversée sur les centrales lessive des éléments radioactifs dans la mer.

Le vent qui soufflait vers l'océan au début, mais dans d'autres directions par la suite, propage au loin iode et césium radioactifs, et tout un cocktails d'autres isotopes aussi sympathiques que le plutonium, dont l'inhalation d'un seul milligramme induit à terme, presque à coup sûr, un cancer...

Au gré des vents, de la neige et des pluies qui diffusent et précipitent les éléments radioactifs, des territoires sont contaminés bien au delà des 20 Km évacués et des 30 Km, où les gens sont sensés rester barricadés chez eux depuis 3 semaines, L'eau potable, le lait, les produits de la terre sont contaminés...

 

2. Toute centrale nucléaire représente un danger inacceptable,

qu'elle soit de technologie soviétique ou occidentale

Le lobby nucléaire affirmait, à raison, que l'accident de Tchernobyl était moins une défaillance du nucléaire, que du système soviétique dont il a précipité la chute.

Cette explication ne s'applique pas au Japon, nation démocratique à la pointe de la technique. Ses centrales ressemblent aux nôtres: comme en Suisse, le 1er confinement des réacteurs est en acier et entouré d'une couche de béton épaisse un mètre... A l'évidence, dans des installations aussi complexes, les enchaînements susceptibles d'aboutir à des accidents majeurs sont multiples et imprévisibles. Par exemple, en 2006 en Suède, dans la centrale de Forsmark, une panne de courant, suivie de la défaillance des 4 génératrices de secours, a privé de refroidissement le réacteur pendant 23 minutes. Selon le rapport de l'organisme de sureté suédois on a réussi enfin à faire redémarrer manuellement 2 des génératrices, 7 minutes de plus et la situation aurait été gravissime...

A Fukushima, tout le monde peut constater que la sûreté des centrales nucléaires, même de conception occidentale, ne peut être garantie à 100%.

Et les conséquences d'un accident majeur seraient catastrophiques pour la Suisse. Un rapport officiel de la Confédération1 les a évaluées: plus de 900'000 personnes à évacuer, plus de 4000 milliards de dégâts...

Il n'y aurait même pas l'espoir, comme au Japon, que le vent pousse la radioactivité vers la mer. En moyenne, deux jours sur trois le vent souffle en direction des grandes villes suisse-allemandes, un jour sur trois la bise souffle en direction de la Romandie!

 

3. Quels sont les effets de la radioactivité « s'échappant » de Fukushima?

Des millions de personnes sont à la merci de la radioactivité !2

Depuis le 12 mars dernier, les habitants des zones contaminée subissent l’impact des rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.

Toutes les voies d’exposition se cumulent :

  1. Exposition aux rayonnements qu’émettent les aérosols et les gaz radioactifs que les vents transportent vers les zones habitées, celles de la Préfecture de Fukushima, mais aussi bien au‐delà de la ville de Sendai, à 100 km au nord et bien au‐delà de Tokyo à 230 km au sud.

  2. Exposition aux rayonnements émis par les produits radioactifs qui retombent progressivement au sol (du fait de la gravitation, des pluies et de la neige) et s’accumulent sur les surfaces ; Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100 à quelques 60 ou 70 km de distance et dans un périmètre d’une cinquantaine de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées.

  3. Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions; si les doigts sont portés à la bouche, au nez; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…).

  4. Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une mesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs !

  5. Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes.

Il faut surtout comprendre que même les faibles doses de radioactivité ont un effet. On peut comparer la situation à celle d'une troupe qui doit traverser un champ de mines. S'il y a beaucoup de mines, le risque que plusieurs soldats meurent ou soient blessés est grand. S'il y a peu de mines le risque est faible, mais pour le soldat qui saute sur une mine les conséquences sont terribles. Il en va de même avec la radioactivité. S'il y a peu de particules radioactives, peu de risques d'en ingérer ou d'en respirer une. Mais pour les personnes atteintes les conséquences peuvent être létales.

Pour avoir une information indépendante dans ce domaine, vous pouvez consulter le site www.criirad.org

13/02/2011

Le NON au nucléaire progresse

49% de NON à une centrale nucléaire à Mühleberg, alors qu'en 2003 seulement 32,5% des Bernois avaient clairement fait le choix de "Sortir du nucléaire »!
Près de 80% de NON à un dépôt de déchets au Wellenberg, 4 citoyen-nes sur 5!, alors qu'en 2002 seulement 57,53 des Nidwaldiens avaient dit NON!
Ces résultats, consultatifs, montrent une prise de conscience croissante de la part des suisses-ses : l'avenir appartient aux renouvelables et à l'efficacité énergétique.
Dommage que le lobby nucléaire ait eu les moyens de faire valoir qu'avec Muhleberg II 1300 emplois seraient crées, alors que les partisans des renouvelables et de l'efficacité énergétique, fautes de moyens, n'ont pas pu faire savoir à tous:
que ces dernières années rien que les 5 entreprises bernoises les plus actives dans le solaire ont créé 1300 emplois,
que les renouvelables et l'efficacité énergétique, non seulement peuvent fournir toute l'électricité dont nous avons besoin, mais créeraient nettement plus d'emplois de qualité ! Et cela sans les déchets radioactifs, que personne ne veut, et sans les atteintes à l'environnement et à la santé inhérentes au nucléaire.
Du travail d'information en perspective avant les votes du 15 mai dans les cantons de Vaud et du Jura, puis avant le vote décisif de 2013.

21/01/2011

Il y a 41 ans à Lucens, fin de la filière nucléaire helvétique

Il y a 41 ans, jour pour jour, un accident se produisait dans la centrale nucléaire expérimentale de Lucens, la mettant définitivement hors service. 100 millions s'évaporaient en quelques minutes. Le rêve d'une filière nucléaire helvétique indépendante prenait fin.

Heureusement qu'il s'agissait d'une petite centrale, pas plus puissante qu'une grande éolienne, et qu'elle était enfouie sous terre, de façon à limiter les risques.

Il n'y a pas eu de fuites radioactives importantes.

Aujourd'hui une partie des tunnels reste radioactive et bétonnée, une partie sert, depuis 1997, de dépôt de biens culturels cantonaux.

Pour la petite histoire, certains auraient voulu construire cette centrale sous l'école polytechnique à Zurich, mais le site broyard avait été préféré.

Dommage, car on peut parier que si cet accident avait eu lieu sous la capitale économique de la Suisse, on n'aurait pas construit de centrales nucléaires dans notre pays et on n'aurait pas pris de retard dans le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

23/12/2010

Des ordures radioactives pour cadeau de Noël ?

Au Niger, en guise de cadeau de Noël à la population, la société minière Somaïr (groupe Areva, ) a répandu 200 000 litres de déchets extrêmement radioactifs dans l'environnement, à seulement 3,5 km de la ville d'Arlit. Trois hectares sont gravement contaminés. À l'origine de cette pollution, la rupture, le 11 décembre dernier, des digues de bassins de décantation, qui contiennent des éléments radioactifs hautement toxiques.
Cette grave contamination montre la négligence dont Areva fait régulièrement preuve dans l'extraction de l'uranium pour nos centrales. Le groupe français sacrifie la santé des Nigériens pour alimenter les réacteurs nucléaires en uranium.
Alors  que nous nous apprêtons à passer les fêtes éclairés et chauffés en partie avec de l'uranium du Niger, les Nigériens font les frais de l'exploitation de ce minerai. Rappelons que 100 % de l'uranium utilisé en Suisse est importé : le nucléaire nous rend entièrement dépendants de l'étranger. Et toute l'industrie nucléaire est spécialement polluante et dangereuse : l'augmentation des cancers et leucémies autours des centrales et des dépôts de déchets radioactifs le prouve.
Une politique énergétique respectueuse de la santé publique et de l'environnement, est parfaitement réaliste :  développer les renouvelables et l'efficacité énergétique est préférable aussi bien pour l'environnement que pour l'économie !

Toujours deux de trop !

En accordant leurs violons, et en s'unissant pour construire et exploiter de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, Alpiq, Axpo et BKW essaient de montrer un visage raisonnable.
En réalité ces sociétés électriques persistent dans un très mauvais choix, tant du point de vue écologique qu'économique:

BurningMoneyFLAT[1] (3).jpg

  • Pourquoi investir dans le nucléaire 20 ou 30 milliards qui ne rapporteront pas un sous avant 2025, alors qu'en consacrant les mêmes sommes à la réduction des gaspillages, au développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique on disposerait de plus d'électricité et on créerait au moins 10 fois plus d'emplois de qualité en Suisse?
  • Pourquoi construire des installations qui sèment cancers et leucémies des dizaines de kilomètres à la ronde?
  • Pourquoi rester dépendant de l'étranger aussi bien pour la construction des centrales que pour les fournitures d'uranium?
  • Pourquoi continuer à empoisonner la planète en extrayant et transformant de l'uranium?
  • Pourquoi continuer à produire des déchets qui resteront radioactifs et dangereux pendant des millénaires et dont personne ne veut?

La construction de nouvelles centrales nucléaires, chères et dangereuses, bloquerait la transition vers un approvisionnement en électricité sûr et durable. Ce ne serait de loin pas le meilleur choix pour la Suisse!

07/12/2010

Le nucléaire n'aime pas les filles – suite du feuilleton

Il y a deux semaines « Sortir du nucléaire » attirait l'attention, en Suisse, sur l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb.

Des conséquences graves liées à la  proximité des centrales nucléaires sont mises en évidence: dans un rayon de 35 kilomètres autour des 31 centrales nucléaires suisses et allemandes, le nombre de naissances de fillettes présente, dans les derniers 40 ans, un déficit de 20'000 par rapport aux données attendues !
Les chercheurs constatent le phénomène et s'en inquiètent : les émissions des centrales nucléaires agissent sur la natalité.
Ils sont partis des faits suivants:

  1. Suite aux essais nucléaires il y a déjà eu une baisse des naissances de filles dans le monde entier.
  2. Après l'accident de Tchernobyl on a observé le même phénomène dans les régions d'Europe et d'Asie où il y a eu des retombées radioactives. On évalue le déficit de naissances féminines à 850'000 !
  3. L'étude officielle allemande KIKK a mis en évidence qu'autour de 22 installations nucléaires allemandes il y a une augmentation des cancers et deux fois plus de leucémies enfantines...

Les chercheurs constatent des faits, mais n'ont pas d'explications exhaustives, et ils proposent des études complémentaires.
Le principe de précaution devrait inciter nos autorités à commander ces études, en impliquant des experts indépendants, et à prendre des mesures pour réduire les émissions des centrales nucléaires.

Le lobby nucléaire réplique que le nucléaire ne peut être la cause de cette morbidité autour des centrales, car les normes d'émission ne sont pas dépassées. Ils oublient de dire que dans le passé, pour fixer ces normes, on a admis des émissions 10 à 100 fois plus importantes que celles préconisées par médecins et biologistes. Il fallait tenir compte des impératifs économiques des exploitants !
La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) expliquait, pour justifier ces valeurs-limites, qu’'elles représentent pour la population un risque considérable de dommages génétiques, "Mais elles peuvent être considérées comme supportables et justifiées au regard des avan­tages que l’'on peut attendre de l’'utilisation de l’'énergie nucléaire"...

Des questions ont été posées au Conseil fédéral pour l'inciter à agir.
Malheureusement, dans sa réponse, le Conseil fédéral esquive et tergiverse.
Il affirme qu'il "prend l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine"... mais il ne veut rien entreprendre pour l'instant.
Il prétexte que "l'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière".
Pourquoi ne prend-il pas au sérieux les affirmations du Professeur Werner Stahel de Zürich, président de la société suisse pour la statistique de 2001 à 2005? Selon ce dernier l'étude est correcte et l'effet mis en évidence, bien que faible, est prouvé.
Le Conseil fédéral déclare que "si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires", mais il refuse de prendre en compte ou de commander des études scientifiques indépendantes !
Pourquoi le Conseil fédéral propose-t-il études et mesures pour protéger la population du radon, dont l'effet létal est de l'ordre de 3 à 4 pour mille, alors qu'il n'entreprend rien dès qu'il s'agit de centrales nucléaires? Et pourtant l'effet sur les foetus féminins est en moyenne de l'ordre de 3,5 pour mille autour des 31 centrales examinées et même de 6,5 pour mille autour de Beznau !

Cet a priori du Conseil fédéral, favorable au nucléaire, qui lui fait oublier le principe de précaution, nous rappelle la question de la fumée passive: pendant des décennies nos autorités ont écouté des scientifiques payés par le lobby du tabac pour minimiser le problème.
Aujourd’hui le Conseil fédéral préfère mener la politique de l'autruche chaque fois que des études mettent en évidence des atteintes à la santé dues au nucléaire.

Réponse du Conseil fédéral:
Burkhalter Didier, conseiller fédéral: L'état actuel de la recherche radiobiologique ne permet pas d'établir un lien entre la radioactivité des centrales nucléaires et l'évolution de la proportion de filles et de garçons à la naissance. Comme le montrent plusieurs études, cette proportion peut être expliquée par différents facteurs, notamment le stress, les médicaments, voire le mode de vie. Le Conseil fédéral prend l'étude allemande évoquée dans la question au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine. L'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a toutefois, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière. Ce n'est donc que lorsqu'une évaluation approfondie de cette étude aura été menée que les experts scientifiques de la Confédération pourront se prononcer quant à un éventuel effet prénatal de l'exploitation des centrales nucléaires suisses. Actuellement, le Conseil fédéral n'entend pas mener d'étude complémentaire sur ce sujet. Comme le gouvernement l'a déjà expliqué dans sa réponse à l'interpellation 09.4080, il n'est pas possible de prendre en considération les effets prénataux dans l'étude Canupis, les données disponibles ne le permettant pas. Pour mémoire, Canupis est une étude en cours sur le cancer des enfants vivant à proximité des centrales nucléaires situées en Suisse. Avant toute autre décision, il faut terminer l'étude Canupis et en publier les résultats. En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, le Conseil fédéral estime donc qu'il n'est pas nécessaire de modifier les conditions d'exploitation des centrales nucléaires suisses. Toutefois, si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires.

09/04/2009

Nouveau polar nucléaire?

Le Canard Enchaîné de hier (mercredi 8 avril) révélait que Stéphane Lhomme, porte-parole français du réseau "Sortir du nucléaire", a été placé "sous surveillance par la société suisse Securewyze", basée à Lausanne, dans le cadre d'un "contrat" passé par Electricité de France (EDF).
A quel niveau de la multinationale du nucléaire cette décision a été prise? Les responsables de la sécurité ou la direction? L'enquête, suite à la plainte déposée par le réseau "Sortir du nucléaire" devrait l'établir.
Apparemment EDF voulait découvrir qui était à l'origine de la diffusion, en 2003, d'un document classé "confidentiel secret défense", indiquant que l'EPR (le nouveau type de centrale nucléaire) ne résisterait pas au choc d'un avion de ligne.
Une révélation qui démolit la propagande du lobby nucléaire tendant à montrer que la nouvelle génération de centrales nucléaires est sûre.
Des contrats qu'EDF était sur le point de conclure aux USA auraient été suspendus suite à cette révélation: compréhensible après le 11 septembre...
Mais cela ne semble pas avoir découragé les électriciens d'ALPIQ de projeter la construction d'une centrale nucléaire de ce type en Suisse!
Cette affaire n'est pas la première du genre: le Canard Enchaîné avait déjà révélé le 18 mars l'espionnage de Greenpeace par EDF. Le recours à des officines privées pour espionner ses détracteurs semble être monnaie courante chez cette multinationale.
Doit-on en conclure que le nucléaire n'est pas seulement une nuisance au niveau environnemental, mais aussi pour la démocratie?

24/03/2009

La face cachée du nucléaire

Alpiq (société électrique née de la fusion d'EOS et d'ATEL) a déposé en 2008 une demande de construction pour une nouvelle centrale nucléaire à Gösgen. Si elle maintient ce projet, alors que plusieurs actionnaires importants (Genève, Lausanne...) s'y opposent, et si le peuple l'accepte, elle collaborera probablement avec EDF, un autre de ses actionnaires principaux, pour construire et exploiter cette centrale.
Va-t-elle l'alimenter avec de l'Uranium extrait par les Français au Niger?

Sachez que l'exploitation des mines y est une catastrophe sanitaire, environnementale et pour les droits des peuples:
Le suivi sanitaire des salariés y est nettement insuffisant, les terres des Touaregs y sont polluées, l'eau contaminée, la nappe phréatique proche de la surface asséchée, tuant toute végétation, des dépôts d'extraction radioactifs y sont abandonnés sans confinement, et, cerise sur le gâteau, des tonnes de CO2 sont émises par les machines d'extraction... http://fr.wikipedia.org/wiki/Arlit
Alpiq continuera-t-elle à prétendre que le nucléaire est une énergie propre?