31/01/2012

Economiser partout pour financer l'achat d'avions de combat?

d98_1253.jpgSelon des indiscrétions relayées par le Tages-Anzeiger-Online, le Conseil fédéral discutera demain ou le 22 février du programme d'économies nécessaire pour permettre l'achat des nouveaux avions de combats: il faudrait économiser 1,5 milliards de francs entre 2014 et 2015.

Chaque année le département de l'intérieur d'Alain Berset devrait économiser 325 millions, principalement dans la recherche et la formation. Johann Schneider-Ammann, ministre de l'économie, devrait économiser 125 millions, ce qui toucherait l'agriculture. Doris Leuthard aurait 170 millions à disposition en moins pour les transports et l'environnement.

Des économies difficiles à avaler pour chaque département. On verra quelle répartition proposera au Parlement le Conseil fédéral après ses délibérations.

J'espère vivement que les parlementaires, confrontés aux conséquences que provoquerait dans tous les domaines l'achat d'avions de combat, et aux réactions de l'opinion publique, y renoncent.

D'autant plus que dépenser ainsi des milliards, que ce soit pour des Gripen ou des Rafales, est parfaitement absurde:
Premièrement, du point de vue de la politique de sécurité, la Suisse dispose jusqu’en 2030 de 33 F/A-18 et aucun scénario crédible ne justifie l’achat de nouveaux avions, inutiles pour contrer aussi bien des terroristes que des pirates informatiques.
Deuxièmement, les véritables menaces sont de nature civile: crise financière, changements climatiques...

Si le Parlement ne tient pas compte de ces arguments, il faudra combattre cet achat par référendum.

 

07/11/2011

Qui défend le solaire?

Samedi, dans le FACE A FACE de 24Heures entre Isabelle Moret et Luc Recordon, j'ai été choqué par l'affirmation d'I. Moret: Au Conseil national, nous venons d’obtenir que les petits panneaux solaires soient posés sans permis de construire. C'est la gauche qui s'oppose à cette mesure!

En réalité, plus de10'000 installations solaires sont bloquées, dans l'attente d'obtenir le rachat au prix coûtant (RPC) du courant vert, parce que PLR et UDC s'y opposent depuis des années. Ce verrou vient de sauter de justesse au Conseil des Etats (21 voix contre 20 pour la plupart UDC et PLR).

Parallèlement, au Conseil national, il y a eu une volonté quasi unanime de simplifier les procédures pour la réalisation des installations solaires. Trois propositions se sont affrontées sur la meilleure façon de procéder pour obtenir cet allégement:

  • Celle du PLR Fluri, soutenue par I. Moret, préconisait le maintien du système actuel, tout en précisant ce qu'est une « installation soigneusement intégrée ». Elle a été refusée, ne convenant pas aux installations solaires thermiques.

  • La proposition Schmid qui prévoyait une procédure simplifiée, également écartée.

  • Celle de la majorité, que j'ai défendue à la tribune (voir ci-dessous), proposant que les panneaux soient exemptés de permis de construire, sauf sur les monuments historiques. Elle a été acceptée par 106 voix provenant de tous les partis, dont 23 PLR.

(Le dossier est transmis maintenant au Conseil des Etats.)

Ça ne correspond pas aux affirmations d'I. Moret...

Ce n'est pas la seule inexactitude de la propagande du duo Moret-Parmelin, qui feint ignorer:

-  les recommandations des partis du centre: du PDC, qui recommande de ne pas élire Guy Parmelin, et des Verts libéraux, qui appellent à voter pour Recordon et Moret,

- le fait qu'en général les Vaudois votent comme Savary et Recordon, et contre les propositions de Moret et Parmelin, par exemple en refusant l'autorisation d'exploitation illimitée pour Mühleberg, la baisse des rentes du 2e pilier, le démantèlement de l'assurance chômage etc.

 

Voici la proposition de la majorité de la Commission CEATE-UREK soumise le 29 décembre au Conseil national pour simplifier les procédures pour l'installation de panneaux solaires :
Art. 18a Al. 1
Dans les zones à bâtir et les zones agricoles, les installations solaires dans et sur les toits ne nécessitent pas d'autorisation préalable si leur épaisseur ne dépasse pas 20 centimètres et si elles ne dépassent pas le faîte, la base et les côtés du toit. Les personnes concernées sont toutefois tenues d'en informer l'autorité compétente.
Al. 2
L'intérêt à l'utilisation de l'énergie solaire l'emporte sur les aspects esthétiques.
Al. 3
Les installations solaires ne doivent pas porter atteinte majeure à des biens culturels ou à des sites naturels d'importance cantonale ou nationale.


Extraits de mon intervention pour soutenir cette proposition:
van Singer
Christian (G, VD): Nous parlons à l'article 18a de panneaux solaires sur les toits. Dans le temps, presque tous les toits étaient gris. Ils étaient soit de paille, soit de tavillons. Dans beaucoup de régions, on est passé ensuite aux toits rouges ou bruns: aux toits de tuiles. A part quelques rares régions où l'on exige encore des tavillons pour des questions de protection des sites, on n'a pas besoin aujourd'hui de mise à l'enquête ou d'autorisation spéciale pour mettre des tuiles sur le toit.
Dès demain, on ne devrait plus avoir besoin de mise à l'enquête pour mettre des panneaux solaires sur les toits. On ne doit plus avoir besoin de procédure spéciale pour que les toits, au lieu d'être rouges, soient bleus ou noirs. Il faut savoir ce que l'on se veut. Si l'on veut réellement soutenir l'énergie solaire, qu'elle soit thermique ou photovoltaïque, il ne faut pas mettre des entraves, il ne faut pas donner 1000 francs de subvention pour inciter à installer des panneaux solaires et ensuite imposer 1000 francs de frais de procédure de mise à l'enquête pour pouvoir poser des panneaux thermiques sur les toits.
La proposition de la majorité est simple. Si les panneaux ne dépassent pas 20 centimètres d'épaisseur, s'ils ne dépassent pas le bord des toits, ils doivent pouvoir être installés simplement en informant l'autorité compétente, sans mise à l'enquête. Moins de bureaucratie, moins de frais; on tourne la page et on admet qu'aujourd'hui, sur les toits bien exposés, il doit y avoir des panneaux solaires.
Je m'exprimerai maintenant sur les autres minorités, car quelques personnes dans le groupe des Verts y sont favorables.
On peut admettre, comme le propose la minorité I (Schmidt Roberto), qu'il y ait une procédure simplifiée pour les installations solaires...
Par contre, la proposition Fluri est vraiment une très mauvaise solution. Et pourquoi cela? Parce qu'elle convient parfaitement aux panneaux photovoltaïques, qui sont souvent posés sur de grandes surfaces, mais pas du tout aux panneaux thermiques, car on n'en pose souvent que quelques mètres carrés. Dès lors, on ne peut pas avoir des panneaux qui couvrent tout le toit, ou qui le couvrent de haut en bas. La proposition Fluri peut donc se comprendre pour des installations qui servent à produire de l'électricité, mais pas pour la plupart des installations, qui servent simplement à produire de l'eau chaude.

...
Je résumerai la position des Verts de la manière suivante: ... à l'article 18a, il est important de faciliter la pose d'installations solaires sur les toits.

 


 

 

 

 

02/11/2011

Vous préférez la blonde ou la brune?

Heureusement ce ne sera pas ce critère que retiendront la plupart des citoyen-nes vaudois-es ces 10 prochains jours pour choisir parmi les 4 candidat-es au Conseil des Etats.

Certain-es suivront simplement les mots d'ordre des partis politiques: Verts, Socialistes, POP et Solidarités appellent à élire Géraldine Savary et Luc Recordon; les Verts libéraux Luc Recordon et Isabelle Moret; le PDC propose de choisir entre Géraldine Savary, Luc Recordon et Isabelle Moret en évitant le candidat de l'extrême droite; le PLR et l'UDC soutiennent Isabelle Moret et Guy Parmelin, même si de nombreux libéraux et radicaux ont affirmé publiquement qu'ils ne donneront pas leur voix au candidat de l'extrême droite.

Je vous propose plutôt d'examiner quelques votes et prises de position des 4 candidat-es.

Sur www.ecorating.ch vous verrez qu'en matière de climat, énergie, mobilité et défense des espaces naturels, Luc Recordon obtient un 100%, Isabelle Moret 32,4% et Guy Parmelin seulement 7,5 %: la moins bonne notation de la députation vaudoise. On n'a pas d'indications par ce rating pour Géraldine Savary, mais son vif engagement sans faille contre les OGM, pour la sortie du nucléaire, et pour un plan énergie (efficacité énergétique et renouvelables), en particulier pour la RPC (rétribution à prix coûtant) est bien connu.

Sur www.chartedesconsommateurs.ch vous constaterez qu'en matière de: Contrats de consommation, Services financiers, Monde numérique et Télécommunications, Santé, Sécurité des produits et des denrées alimentaires, Alimentation, Energie et Durabilité, Action de groupe, Luc Recordon a signé 8 des 8 engagements proposés par les consommateurs, Géraldine Savary et Isabelle Moret 7, Guy Parmelin aucun.

Sur http://www.uniterre.ch/Dossiers/politiqueAgricole.html vous lirez que seuls Géraldine Savary et Luc Recordon ont signé le pacte d’Uniterre pour une agriculture citoyenne basée sur la souveraineté alimentaire.

Vous pouvez aussi consulter les sites des 4 candidats.

www.recordonsavary2011.ch expose l'engagement de Géraldine Savary et Luc Recordon pour :

  • L’amélioration des liaisons ferroviaires intervilles et régionales (RER Cossonay – Cully, RER Vallorbe – Palézieux, meilleure desserte de la Broye);

  • L’autonomie énergétique sans nucléaire;

  • Le développement équilibré de tout le canton sans tomber dans une économie de monoculture des services;

  • La lutte contre la pénurie de logements abordables;

  • L’intégration nécessaire et complexe des mouvements migratoires;

  • La création de structures aussi bien pour les plus jeunes que pour les plus âgés;

  • La mise en place d’une péréquation intercantonale ne pénalisant pas les agglomérations:

  • La préservation et surtout l’amélioration de la place des hautes écoles;

  • Le maintien d’une agriculture de proximité.

Les 2 candidats de droite et d'extrême droite n'ont pas de « programme commun ».

Sous www.isabelle-moret.ch vous trouverez les slogans de campagne d'Isabelle Moret et sous www.guyparmelin.ch vous lirez le programme de Guy Parmelin. Je vous conseille de le lire en détail. Vous constaterez que

  • Défendre la compétitivité des entreprises, l’emploi et le pouvoir d’achat des citoyens grâce à des allégements fiscaux ciblés

    signifie pour Guy Parmelin: favoriser les plus riches.

  • Assurer un approvisionnement en électricité sûr, suffisant et économique

    signifie : construire de nouvelles centrales nucléaire.

  • Développer les réseaux ferroviaires et routiers, tout en garantissant le libre choix du moyen de transport

    revient à limiter les moyens pour le rail et les agglomérations.

  • Assainir les assurances sociales pour assurer leur avenir

    revient à réduire toutes les prestations sociales...

Bref, une lecture attentive vous montrera que sous ses allures de « gentil agrarien », Guy Parmelin est le plus « blochérien » des élus vaudois.

Enfin, puisque tout politicien est tenu à déclarer ses intérêts, je rappelle que, comme il y a 4 ans, si Luc Recordon est élu au Conseil des Etats, je le remplacerai au Conseil national, mais vous assure que c'est bien l'examen des positions des 4 candidat-es, et leurs votes pour la défense des intérêts des toutes les vaudoises et tous les vaudois ces 4 dernières années, qui m'amènent à préférer sans aucune hésitation les deux colistier Géraldine Savary et Luc Recordon.

28/09/2011

Triomphe des marchands d'armes?

Le Conseil fédéral nous a assuré a plusieurs reprises que la Suisse peut avoir une armée plus svelte, mais efficace et adaptée à notre temps avec 80'000 hommes et en dépensant annuellement 4, 4 milliards de francs.

Ce n'est pas rien, mais pas suffisant pour les marchands d'armes qui ont pris l'habitude de vendre au prix fort leur pacotille à l'armée suisse.

Ils ont donc mené un travail de lobby intense, et après le Conseil national, le conseil des Etats est aussi sur le point de

  • Premièrement soustraire à la votation populaire le choix important de dépenser 3,5 à 5 milliards de francs pour 22 avions de combats.

  • Deuxièmement, dépenser pour ces avions 2 fois plus que nécessaire et que d'autres pays débourseraient.

  • Troisièmement oublier que les temps ont changé et que dans l'Europe d'aujourd'hui nous devons peut-être craindre une attaque terroriste ou une attaque informatique, mais pas une attaque militaire conventionnelle.

Le Parlement suisse est en train de suivre dans sa majorité des milieux qui espèrent en tirer de juteux bénéfices et des stratèges en retard d'une guerre.

Les journalistes vont-ils en faire les gros-titres ?

Ça serait logique, car si le Parlement décide d'accorder annuellement à l'armée des centaines de millions de plus que la somme planifiée par le Conseil fédéral, ce dernier sera obligé de prévoir des coupes équivalentes:

  • dans l'agriculture, en réduisant encore plus notre souveraineté alimentaire,

  • dans la formation, essentielle pour l'avenir de notre pays,

  • dans les transports, notamment le trafic d'agglomération, qui nécessite d'importants investissements

  • etc.

D'ailleurs ce n'est n'est pas moi qui le dit, Madame la Conseillère fédérale Leuthard a mis en garde dans ce sens le Conseil des Etats et Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter l'a répété au Conseil national. Je le cite:

« Ce que vous devriez plutôt faire, c'est revenir en arrière dans le cadre du budget de l'armée. En effet, le Conseil fédéral vous a expliqué, pour ce qui est de l'armée, que nous pouvons avoir une armée efficace avec un peu moins d'argent. En tout cas, on n'aimerait pas que, finalement, ça entraîne une diminution des crédits dans les domaines de la formation et des transports. »

D'avantage de transparence dans les comptes des partis et des politiciens permettrait peut-être de comprendre pourquoi une majorité UDC + PLR + une partie du PDC est en train de:

  • suivre le lobby de l'armement plutôt que le Conseil fédéral

  • prévoir une augmentation de 800 millions du budget annuel de l'armée

  • hâter l'achat de 22 avions de combat, en le soustrayant au vote populaire

  • oublier quels sont les besoins prioritaires de notre Pays !

21/09/2011

Avions de combat: le Conseil des Etats corrige le tir

Une majorité du Conseil national, peu respectueuse de la démocratie directe, avait voté une augmentation du budget militaire à 5 milliards pour soustraire l'achat des avions de combats au vote populaire. Le sujet serait-il trop "sérieux" pour que le peuple puisse valablement donner son avis? Ou, plutôt, le lobby militaire trop convainquant?

Heureusement hier la Commission de la politique de sécurité du Conseil des États a corrigé le tir : l'achat des 22 avions de combats à 220 millions pièce, doit pouvoir être soumis à référendum. Chapeau ! Qu'on soit favorable ou opposé à cette dépense, il est normal que les citoyen-nes puissent dire quelles sont leurs priorités. Quels investissements sont indispensables à notre Pays: 22 avions de combats ou améliorer les transports en commun ou développer les énergies renouvelables ou....

C'est probablement le nouveau Parlement, qui sortira des urnes le 23 octobre, qui choisira entre le bricolage peu démocratique soutenu par le Conseil national et la décision empreinte de sagesse du Conseil des États. Un argument de plus pour réélire les Savary, Recordon, Maury-Pasquier, Cramer et autres, qui ont rendu cette deuxième Chambre plus "sage".

15/09/2011

Triste journée pour la démocratie Suisse

Mercredi au Conseil national, UDC, PLR et l'aile droite du PDC, unis comme jamais, ont décidé d'augmenter de 700 millions le budget de l'armée pour acheter des avions de combat, et de soustraire cette décision à toute votation populaire !
Ces 700 millions manqueront à la formation, aux infrastructures, au social...
Cette majorité conservatrice refuse de voir que le monde a changé. Qu'avions de combats et chars ne nous permettront pas de lutter contre les attaques informatiques, contre le terrorisme, contre les inégalités croissantes dans notre pays et entre le Nord et le Sud !

01/07/2011

L'énorme potentiel de l'efficacité énergétique

Après Fukushima, la plupart des gens souhaitent sortir progressivement du nucléaire.

On a vu ce que représente le « risque résiduel » : une centrale sur 100 finit par « crasher », libérant de la radioactivité et portant gravement atteinte à la santé des populations environnantes.

Ce risque, longtemps occulté, est inacceptable.

Mais la question qui revient sans cesse est : peut-on se passer du nucléaire ?

Au niveau mondial, c'est évident: les centrales nucléaires fournissent à peine plus que 2% de l'énergie utile. Insignifiant ! Mais chez nous en Suisse?

Rappelons quelques faits : le nucléaire fournit dans notre pays environ 40% de l'électricité consommée, donc environ 10% de toute l'énergie.

Mais on peut constater qu'au moins 40% de l'électricité que nous consommons est gaspillée et pourrait être économisée en utilisant de meilleurs appareils et de meilleures techniques, déjà disponibles aujourd'hui...

Réduire le gaspillage

S.A.F.E, l'Agence Suisse pour l’efficacité énergétique, a actualisé dernièrement une étude qui montre que, d'ici à 2035, on peut économiser annuellement 26 TWh d'électricité, autant que la production de nos 5 centrales nucléaires. Ces économies sont réalisables dans de très nombreux secteurs:

  • 5,6 TWh pour les appareils et l'éclairage dans les logements;

  • 5,1 TWh pour les installations techniques et l'éclairage dans les services, le commerce et l'industrie;

  • 1,9 TWh pour les appareils de bureau, technologies de l'information et de la communication;

  • 7,8 TWh pour les utilisations industrielles et artisanales (dont 75% pour des moteurs);

  • 5 TWh pour les chauffages et la production d'eau chaude sanitaire électriques...

Vous pouvez en trouver le détail sous http://www.efficace.ch en ouvrant la fiche d'information et le tableau du « potentiel d'économie d'électricité 2035 ».

Agir dès aujourd'hui

Mais quelles mesures prendre pour que ces économies ne restent pas seulement « potentielles », mais qu'elles deviennent réelles, qu'on gaspille moins d'énergie en Suisse?

Voilà quelques pistes que le Conseil national a déjà demandé au gouvernement de suivre:

  • interdire la vente de tous les appareils électriques de mauvaises qualité énergétique, qui gaspillent énormément d'électricité;

  • remplacer les chauffages électriques par des chauffages aux pellets ou par des pompes à chaleur;

  • chauffer au moins une partie de l'eau chaude sanitaire par des énergies renouvelables, notamment des panneaux solaires thermiques...

Investir pour économiser

Certaines de ces mesures, sont très rapidement rentables: Des appareils qui consomment moins d'énergie sont plus chers, mais en quelques années les économies réalisées sur les factures d'électricité dépassent le surplus du prix d'achat. Interdire la vente des appareils les plus énergivores est donc un service que les autorités peuvent rendre aux consommateurs.

D'autres mesures, par contre, nécessitent de nombreuses années pour être amorties. Des aides et des mesures d'encouragement s'imposent. C'est le cas, par exemple, pour le remplacement des chauffages électriques directs, avant de les interdire à terme.

Il est important que le Parlement qui sortira des urnes cet automne, comporte une majorité prête à agir dans ce sens.

Agir aussi individuellement

Mais l'encouragement des meilleures techniques ne servira à rien en l'absence d'une prise de conscience qu'il faut éviter les gaspillages:

  • Acheter un téléviseur qui consomme moins est inutile si, prétextant qu'il est économe, on le laisse allumé du matin au soir...

  • Avoir une maison bien isolée, mais laisser les fenêtres tout le temps ouvertes parce qu'il fait trop chaud, à cause d'un mauvais réglage, annule les économies...

Bref, le potentiel des économies d'énergies est là. Les réaliser permettrait non seulement de « sortir du nucléaire », mais aussi d'économiser à terme des milliards de francs.

A nous de prendre les bonnes mesures législatives et individuelles pour concrétiser ce potentiel ces prochaines années!

 

08/06/2011

Le Conseil national dit NON à la construction de nouvelles centrales nucléaires

Encore hier l’Agence de la Sûreté Nucléaire japonaise a révélé qu’elle double l'évaluation de la quantité de matières radioactives rejetées dans l’air pendant les premiers jours de la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Nous savons tous aujourd'hui ce que signifie « risque résiduel » lorsqu'il concerne le nucléaire: au moins une centrale sur 100 crashe !

Seriez-vous prêts à partir en voyage en avion si vous saviez qu'un avion sur 100 s'écrase? Sûrement pas.

Les votes de ce matin du Conseil national pour ne plus admettre la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse se justifient donc entièrement, mais il faut maintenant prendre des décisions pour pouvoir se passer de l'électricité d'origine nucléaire dans des délais raisonnables.

Il ne faut surtout pas attendre, pas besoin d'études complémentaires.

De nombreuses études, et les réalisations chez nous et dans d'autres pays, montrent clairement qu'en investissant les dizaines de milliards qui étaient prévus pour construire de nouvelles centrales nucléaires dans l'efficacité et les renouvelables nous pouvons disposer de toute l'électricité nécessaire: en limitant les gaspillages et en améliorant l'efficacité énergétique, on peut réaliser des économies équivalant à la production des centrales nucléaires suisses. Le potentiel d'augmentation de l'électricité renouvelable équivaut, lui aussi à la production de nos centrales nucléaires.

On verra ces prochaines heures si le Conseil national prendra sans atermoiements les bonnes décisions. Approuvera toutes les motions et les postulats qui nous permettrons d'atteindre ce but. Elles proviennent de tous les partis.

En particulier: que ce soit pour ôter le couvercle qui bloque la réalisation d'installations pour produire du courent vert (motions Häberli-Koller, Baümle, van Singer,) ou pour améliorer l'efficacité énergétique (motions Teuscher, Noser, Geri Müller, Nordmann...), pour remplacer les chauffages électriques (motions Grunder) pour simplifier les procédures d'autorisation (motion Cathomas) ou encore pour renforcer la recherche énergétique (motions Maire, Riklin)...

Espérons que le Parlement dépasse les clivages partisans et accepte les bonnes propositions indépendamment de leur provenance.

 

19/05/2011

L'initiative populaire « Sortir du nucléaire » : indispensable pour sortir la politique énergétique suisse de l'impasse!

Il y a 20 ans la Suisse était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Aujourd'hui notre pays est à la traine:

  • En 1990 par exemple, on produisait en Suisse 10 fois plus d'électricité solaire par personne qu'en Allemagne, aujourd'hui 17 fois moins.

  • Et en un jour et demi, on installe chez notre voisin du nord autant de panneaux photovoltaïques que chez nous en une année!

Et on peut multiplier les exemples pour illustrer notre retard:

  • la Suisse a 22 fois moins d'éolien par habitant et 6 x moins de panneaux solaires thermiques que l'Autriche...

Les causes de cette situation sont claires: le lobby nucléaire et le Conseil fédéral n'ont pas réussi à construire de centrale nucléaire après Tchernobyl, mais malheureusement ils ont réussi à freiner l'essor des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Le rachat du courant vert, a débuté en Suisse avec 10 ans de retard et assorti de limites et d'un système bureaucratique qui paralysent le système:
Près de 8000 installations attendent une décision positive de Swissgrid.

Aussi longtemps que le lobby nucléaire gardera l'espoir de construire des centrales atomiques, il freinera l'évolution de la politique énergétique suisse.
Après Tchernobyl ils ont dit, c'est un problème « soviétique », après Fukushima, ils commencent déjà à dire, c'est un problème typiquement japonais, impossible qu'un tel accident se produise chez nous.
Evitons que dans quelques années, après le prochain accident, le monde entier dise: c'est typiquement suisse; que voulez-vous ils étaient tellement sûrs d'être les meilleurs, que rien ne peut leur arriver, qu'ils ont refusé de voir le vieillissement et les défauts de leurs centrales nucléaires...

C'est pour exclure cette éventualité, une catastrophe dont la Suisse ne se relèverait pas, mais aussi et surtout pour que notre pays fasse enfin le choix des renouvelables et de l'efficacité énergétique, meilleures aussi bien pour l'environnement et pour la sécurité des habitants, que pour l'économie, que je m'engage avec les Verts et tout le mouvement antinucléaire pour la réussite de l'initiative
« pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire »:
Mühleberg doit être arrêtée immédiatement, Beznau 1 et 2 dans les années qui viennent, Leibstatdt et Gosgen avant 2029!

La récolte des signatures commencera ce dimanche 22 mai à l'occasion de la marche news_menschenstrom_38.63KB.PNG« STOP au nucléaire » en Argovie. Départs des principales gares de Suisse romande, inscriptions encore possibles pour obtenir un billet au tarif préférentiel sur www.sortirdunucleaire.ch

23/03/2011

PANACHES RADIOACTIFS : Quels risques en Europe ?

Notre souci principal reste le Japon, où les populations, après avoir subi une catastrophe naturelle, sont exposées aux retombées de l'accident majeur de Fukushima. Mais, sur demande de très nombreuses personnes, je mets en ligne les informations diffusées par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité). http://www.criirad.org/

Quels sont les risques attendus en Europe?

Au vu du nombre impressionnant de demandes qu’elle a reçues, et plus encore de l’inquiétude exprimée par la plupart des messages, la CRIIRAD a décidé de rédiger un texte d’information destiné à rassurer autant qu’il est possible les personnes qui l’ont interpellée sans pour autant aller au-delà de ce que permettent les données disponibles.

C’est que les données utilisables restent rares. C’est d’autant plus choquant que des résultats d’analyse existent mais qu’ils ne sont pas publiés.

...

PROGRESSION DES MASSES D’AIR CONTAMINE EN DIRECTION DE L’EUROPE

Mécanismes de diminution de la radioactivité de l’air

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi rejette dans l’atmosphère, depuis 12 jours, tout un cocktail de produits radioactifs. Schématiquement, 3 mécanismes concourent à abaisser les niveaux de contamination et par conséquent les niveaux de risque :

1/ les émissions radioactives sont progressivement diluées dans des volumes d’air de plus en plus importants. Ceci conduit évidemment à une baisse de la concentration de l’air en produits radioactifs (ou plus exactement à une baisse de l’activité de l’air qui s’exprime en Bq/m3). L’air que les populations sont susceptibles de respirer est ainsi de moins en moins radioactif.

Note : ...les niveaux d’exposition sont plus faibles mais un bien plus grand nombre de personnes est touché.

2/ les produits radioactifs présents dans l’air se déposent progressivement au sol, ce qui conduit à appauvrir progressivement le panache et à abaisser d’autant sa dangerosité. Deux mécanismes convergent : les dépôts secs, qui se produisent en permanence, quelles que soient les conditions météorologiques, et les dépôts humides, plus intenses, qui sont provoqués par la pluie ou la neige. En tombant, elles lessivent en effet les masses d’air contaminé, précipitant au sol (ou sur les océans) les particules radioactives en suspension (aérosols) et les gaz solubles (c’est le cas des iodes radioactifs). Il faut espérer à ce propos que les panaches radioactifs restent le plus longtemps possible sur le Pacifique et l’Atlantique où l’impact des retombées est moindre d’un point de vue sanitaire.

3/ l’activité des produits radioactifs diminue dans le temps : pour certains, comme le césium 137 ou le krypton 85, très lentement ; pour d’autres, assez rapidement. Le rythme de décroissance est déterminé par la période radioactive de chaque radionucléide. Celle de l’iode 131 est de 8 jours. Cela signifie qu’en 1 période, soit 8 jours, l’activité initiale est divisée par 2 ; en 2 périodes, soit 16 jours, par 4 ; en 3 périodes, par 8, etc.

NB : la période radioactive ne suffit pas à déterminer le temps pendant lequel un produit radioactif reste dangereux. Il faut également tenir compte de l’activité initiale. Si l’activité initiale de l’iode est de 80 Bq, un mois plus tard, soit après 4 périodes, elle sera divisée par 16. Il ne restera « que » 5 Bq ; mais si l’activité initiale est de 8 000 Bq, un mois plus tard, il reste encore 500 Bq.

L’impact des 3 mécanismes ci-dessus - dilution, dépôts, désintégration - augmente évidemment avec le temps et la distance.

Le passage des panaches radioactifs sur l’Amérique du Nord

En passant par l’océan pacifique, la France est située à près de 15 000 km des côtes japonaises. En utilisant le logiciel HYSPLIT du NOAA américain (http://ready.arl.noaa.gov/HYSPLIT.php), la CRIIRAD a effectué une modélisation des trajectoires des rejets émis à Fukushima. Il s’agit du parcours des produits radioactifs rejetés le 12 mars à 12h TU (soit 21h Japon). Trois trajectoires sont considérées en fonction de l’altitude des radionucléides : 50 mètres, 500 mètres et 1 000 mètres (respectivement en vert, bleu et rouge sur le graphique en pièce jointe). La simulation est basée sur les données météorologiques du 12 mars 12h TU au 21 mars 06h00 TU archivées par le NOAA.

Selon cette modélisation, les premiers rejets radioactifs de la centrale de Fukushima Daiichi devaient atteindre la côte Est des Etats-Unis et du Canada le samedi 12 mars.

Nous avons alors recherché des sites Internet susceptibles de donner des résultats d’analyse ce qui nous aurait permis d’établir un bilan intermédiaire des niveaux de contamination et de risque. En suivant l’évolution des concentrations tout au long de la traversée des Etats-Unis, nous espérions pouvoir anticiper plus précisément l’impact sur la France. Nous avons effectivement trouvé des résultats, notamment auprès de l’Environmental Protection Agency (voir lien page suivante). Malheureusement, ces résultats ne portent pas sur l’activité volumique mais sur les taux d’émission bêta et gamma des dépôts collectés sur des filtres à air. L’évolution dans le temps de ces paramètres montre une augmentation qui est, selon toutes probabilités, liée au passage de masses d’air contaminé, vu sa cohérence avec les dates qui figurent sur les modélisations de trajectoires.

Site d’accès aux données : http://www.epa.gov/japan2011/rert/ra dnet-data.html

Les estimations publiées par l’IRSN

L’IRSN a annoncé qu’en France, l’activité de l’air en césium 137 serait de l’ordre de 1 mBq/m3.

Pour quantifier les rejets, l’IRSN indique qu’il « n’a pas de données de mesure directe sur la composition et l’ampleur des rejets radioactifs, mais dispose d’informations techniques sur les installations accidentées. », précisant : « l’interprétation de ces informations a permis à l’IRSN d’élaborer des scénarios probables de dégradation des 3 réacteurs depuis le 12 mars, en s’assurant de leur cohérence avec les mesures de débit de dose obtenues sur le site. L’IRSN a également retenu l’hypothèse que ces rejets se poursuivent jusqu’au 20 mars. »

A partir des rejets estimés par l’IRSN, Météo France a simulé la dispersion des rejets radioactifs à très grande distance, projetée jusqu’au 26 mars.

Pour visualiser la modélisation : http://www.irsn.fr/FR/popup/Pages/irsn-meteo-france_19mar...

Selon cette simulation, le panache radioactif devrait atteindre la France à partir du 23 ou du 24 mars. L’IRSN précise que « Les concentrations attendues à terme, d’après cette modélisation, pourraient être de l’ordre de 0,001 Bq/m3 en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer de l’hémisphère nord. Comme attendu, l’hémisphère sud n’est pas significativement affecté par cette dispersion à grande échelle. »

Pour accéder aux commentaires :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20110319_simulation_dispersion_panache_radioactif.aspx

ESTIMATION DES NIVEAUX DE RISQUE

Sur la base des éléments qu’elle a pu collecter, la CRIIRAD considère que :

· le risque d’irradiation 1 par les masses d’air contaminé sera négligeable (les personnes qui disposent d’un radiamètre ne devraient pas mesurer d’augmentation du bruit de fond ambiant mais nous invitons les personnes qui sont équipées à le vérifier : une mesure vaut mieux qu’une prévision) ;
· le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait être très faible (voir note)2 . Les calculs de dose précisés ci-dessous indiquent que la mise en oeuvre de contremesures, notamment la prise de comprimés d’iode stable3, n’est pas justifiée.

Nous avons essayé d’estimer les niveaux de dose résultant de l’inhalation des radionucléides dont la présence est documentée : césium 137, césium 134, iode 131, iode 132, iode 133 et tellure 132. Le premier calcul a été conduit pour une activité de 1 mBq/m3 pour le césium 137 (estimation donnée par l’IRSN) et de 125 mBq/m3 pour l’iode 131 (sur la base du rapport isotopique mesuré par TEPCO devant la centrale de Fukushima Daiichi le 19 mars 2011 à 12h - heure locale). Le calcul a été effectué en supposant que les panaches radioactifs restent présents sur la France pendant 1 semaine et sans que leur activité diminue.

Conclusion : une personne (adulte ou enfant) qui respirerait l’air contaminé 7 jours durant, recevrait une dose de rayonnement inférieure à 1 μSv, soit un niveau de dose négligeable ;

En prenant une marge de sécurité par rapport à l’évaluation de l’IRSN (soit 10 mBq/m3 en césium 137 au lieu de 1 mBq/m3), les doses s’élèvent à 2 μSv pour l’adulte et à 8 μSv pour l’enfant.

· le risque d’irradiation des personnes par les produits radioactifs déposés sur les sols sera totalement négligeable, n’induisant aucune augmentation mesurable du bruit de fond ambiant (là encore ceci pourra être facilement vérifié par des mesures radiamétriques) ;

· le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés.

En conclusion, le passage des masses d’air contaminé sur la France (et sur la Suisse note cvs) ne doit donc pas générer d’inquiétude. Cependant, compte tenu du manque crucial de données, la CRIIRAD est contrainte de laisser certaines affirmations au conditionnel. Ceci devrait pouvoir être corrigé très rapidement.

Son laboratoire a procédé, dès aujourd’hui, sur plusieurs de ses balises à des prélèvements de filtres à poussières et de filtres à charbon actif afin de vérifier que l’air que l’air que nous respirons n’est pas encore contaminé. Les premiers résultats, qui concernent la balise implantée à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, confirment l’absence de contamination mesurable : pas de césium 137 dans le filtre aérosols, ni d’iode 131 dans la cartouche à charbon actif.

Ces contrôles seront intensifiés dans les jours à venir de façon à confirmer aussi rapidement que possible (et le cas échéant à corriger) les informations rassurantes données ci-dessus.

NOTES

1 Il s’agit de l’exposition des personnes aux rayonnements émis par les produits radioactifs présents dans les panaches et qui se désintègrent. Un peu comme on peut être exposé aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil. Il n’y a pas d’incorporation de produits radioactifs ;

2 Sous réserve cependant que les radionucléides significatifs sur le plan dosimétrique, mais qui n’ont pas fait l’objet de mesures, restent dans les rapports attendus. Il s’agit notamment des isotopes du strontium et du plutonium.

3 En revanche, le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier s’il n’est pas carencé en iode (la thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme). Rappelons également que lorsque la thyroïde est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif.

Si les conditions météorologiques le permettent, seront également effectuées des analyses d’eau de pluie qui renseigneront sur l’ordre de grandeur des dépôts au sol. Dans tous les cas, il sera procédé à des mesures des dépôts secs afin de vérifier le niveau de risque pour la chaîne alimentaire.

Rappelons que la contamination des aliments type lait, fromage, viande ne s’effectue qu’avec un certain délai : la CRIIRAD disposera d’ici là de données chiffrées et tous les résultats seront rendus publics (envoyés à ses adhérents et partenaires et mis en ligne sur son site Internet).