25/02/2014

Lancement de l'appel interparti gripenon.ch

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Cet après-midi, avec des personnalités maniques PLR, PDC, Vert'lib, Vertes, PS et AGT-POP, j'ai participé au lancement de l'appel gripenon.ch



Chacune et chacun, indépendamment de toute appartenance politique, est invité à signer sur le site gripenon.ch

Voici les déclarations des premiers signataires :

« Votons NON le 18 mai à l'achat d'avions de combat superflus ! »

NON au gaspillage de 9 à 10 milliards de francs !

« NON à la dépense, ces prochaines années, de plus de 9 milliards pour 22 Gripen superflus (3,126 milliards pour l'achat, plus du triple de cette somme en comptant leur exploitation et leur maintien à niveau). Cet avion n'est en service dans aucune armée du monde et la Suisse devrait verser un milliard de francs pour sa mise au point avant même de recevoir le premier Gripen. Rien ne garantit que les coûts ne vont pas exploser! »

« En 2010, même le Conseil Fédéral, ne recommandait pas l'achat de nouveaux avions de combat. La situation n'a pas changé: le rapport 2013 du Service de renseignement de la Confédération confirme que les risques de guerre classique en Europe restent extrêmement faibles! » serge.melly@vtxnet.ch

 « La police du ciel suisse n’est pas définie par un ca hier des charges satisfaisant puisqu’elle n’est assurée que durant les heures de bureau. Le Gripen est un avion bon marché pour une tâche inexistante et ne sert qu’à renflouer la RUAG » jacques.neirynck@parl.ch 

« En 2008, lors du débat sur la modernisation des F/A-18, je suis intervenu en précisant que leur modernisation permettrait justement de repousser à plus tard l’achat de nouveaux avions de combat, à savoir d'au moins 15 ans. Personne ne l'a contesté ! » eric.voruz@bluewin.ch

« M. Maurer ses colonels et l'industrie de l'armement nous mentent sur la collaboration avec Saab et la Suède, lorsqu'ils décrivent le Gripen comme un avion produit par un pays neutre, sur le prix, sur les affaires compensatoires, sur la nécessité du gripen pour assurer la sécurité aérienne de la Suisse !»christian.vansinger@hispeed.ch 

D'autres dépenses et investissements et dépenses sont prioritaires !

 « L’achat de ces avions impliquera des économies de plusieurs centaines de millions par année sur le budget de la Confédération, risquent d’être touchés: agriculture, santé, recherche, Ecoles polytechniques, routes nationales, trafic ferroviaire; il faudra faire un choix et l’assumer »isabelle.chevalley@bluewin.ch079 627 92 30

« Ne nous ruinons pas pour des chimères ! Payons plutôt pour combattre les vraies causes d'insécurité : misère, sous-développement, haine d'autrui. »j.dehaller@carouge.ch 

« Des milliards pour 22 avions de combat qui n’existent que sur le papier : « Le toit sur la maison Suisse », c’est de panneaux solaires dont il a besoin, des retombées assurément  plus durables pour nos entreprises ! » anne.mahrer@parl.ch 

« Dans ces périodes d’incertitudes économiques, il est bien plus urgent de donner les moyens aux étudiants et à la recherche, à la culture et au social, au soutien aux PME, qu’à des avions totalement superflus » anne@ssrs.ch 

« Des milliards superflus? Oui pour des infrastructures sur le territoire qui facilitent la vie des gens et NON pour des utopiques attaques célestes! » « La menace n°1, c’est la dissolution de la cohésion sociale. Pour une Suisse forte, investissons dans ce qui nous relie, combattons les inégalités, renforçons la sécurité sociale : payons pour la paix ! »liliane.maurypasquier@parl.ch 

« La Suisse ne devrait pas engager tous ces milliards au détriment de mesures qui s'imposent pour réduire les risques militaires : protection contre les cyberrisques, lutte contre le terrorisme et protection des installations sensibles, aide au développement et politique de la paix... »
« Une sécurité nationale crédible passe par une nouvelle définition des missions de notre armée vis à vis des menaces actuelles et sûrement pas par l'achat précipité et inutile de 22 nouveaux avions »
laurent.seydoux@vertliberaux.ch

Ne nous laissons pas berner par M. Maurer ses colonels et l'industrie de l'armement !
Ils nous mentent :
- Lorsqu'ils disent que le Gripen est nécessaire pour assurer la défense aérienne de la Suisse, s'ils en étaient convaincus ils ne feraient pas voler notre aviation qu'aux heures de bureau !
- Sur la collaboration avec Saab et la Suède, les rapports de l'ambassadeur de l'ambassadeur de Suède l'ont montré. SAAB est coutumier de corruptions et mensonges pour vendre ses avions.
- Lorsqu'ils décrivent le Gripen comme un avion produit par un pays neutre, qui contribuerait à notre indépendance.
- Sur le prix, ce n'est pas un prix maximum, mais un prix cible susceptible d'augmenter fortement en cas d'inflation en Suède.
- Sur les affaires compensatoires : ils essayent déjà d'affaiblir les moyens de contrôle.


C'est pourquoi nous appelons chacune et chacun à signer l'appel sur
gripenon.ch, à diffuser cet appel et à voter NON le 18 mai au fonds d’acquisition de l’avion de combat Gripen !

28/03/2013

Les juges du TF ne sont pas vendus, simplement irresponsables !

Quatre juges du Tribunal fédéral estiment, à raison, qu'en matière d'énergie nucléaire, la législation fédérale n'impose pas le risque zéro. Mais ils oublient que depuis Fukushima nous savons que le risque résiduel, soi-disant insignifiant, que les centrales nucléaires nous font courir dépasse le 1%. Cinq centrales sur moins de 500 ont eu un incident majeur. Seule la chance, des vents soufflant vers l'océan, a épargné aux Japonais de devoir évacuer les 32 millions d'habitants de la région de Tokyo. Et la Suisse n'a pas de mer à proximité, un accident nucléaire majeur rendrait plusieurs de nos grandes villes inhabitables pendant des siècles. Un risque que la Suisse ne peut se permettre de courir, n'en déplaise aux juges de Montbenon !
Ces 4 juges estiment, contrairement aux juges du Tribunal administratif fédéral, qu'il appartient à l'inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN-ENSI) de s'occuper des problèmes qui se posent, qu'il s'agisses des fissures dans le manteau du réacteur, des risques sismiques ou encore de l'absence de moyens de refroidissement adéquats. A nouveau les juges s'en tiennent à un examen formel, irresponsable en l'occurrence. Ils oublient que l'IFSN est composé majoritairement de pro-nucléaires convaincus qui, jusqu'à présent, se sont bien gardés de prendre des décisions qui pourraient nuire aux intérêts économiques des exploitants des centrales nucléaires, la sécurité des populations passant au 2e plan.
Il appartient maintenant aux autorités fédérales et cantonales bernoises de prendre les décisions qui s'imposent. Et si les politiques tergiversent, les citoyennes et citoyens pourront voter OUI à l'initiative « Sortir du nucléaire » lorsqu'elle sera soumise au vote. Mühleberg devra alors fermer au plus tard en 2017. Toujours mieux que l'autorisation d'exploiter illimitée voulue par 4 juges irresponsables du TF!

 

01/09/2012

L’hallali nucléaire

Je vous soumets un excellent article d'Olivier Cabanel faisant le point sur le nucléaire, paru sur le site Agoravox le 27 août 2012

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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l...


Alors que les lobbys du nucléaire tentent de faire croire à une improbable relance de leur énergie favorite, l’Europe quitte, sur la pointe des pieds, un nucléaire de plus en plus contesté et contestable.

En effet, contrairement à une idée fausse et pourtant largement répandue, l’Europe n’est pas si nucléarisée qu’on veut le faire croire.

Du Portugal, à l’Irlande, en passant par l’Italie, la Grèce, l’Autriche, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Chypre et le Danemark, ce sont déjà 147 millions d’Européens qui ont tourné définitivement la page du nucléaire.

Viennent ensuite les pays qui ont prévu d’en sortir : l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Suisse sont du nombre, ce qui représente 150 millions d’habitants.

Il ne reste donc que 204 millions d’européens à avoir encore recours « sans limites » à cette énergie dangereuse : la Grande Bretagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la France, la Slovaquie, la Tchéquie, les Pays Bas, la Slovénie, et la Finlande, sauf que dans la majorité de ces Etats, les populations y sont majoritairement hostiles.

En France d’après un sondage IFOP, ils sont 77% dans ce cas, (lien) en Bulgarie, le gouvernement, sous la pression populaire, à abandonné en mars dernier, le projet de la centrale nucléaire de Belene (lien), et il faut remonter à 1991 pour trouver encore quelques pays à promouvoir cette énergie à hauts risques.

Comme l’écrivait Jacqueline Denis-Lempereur dans les colonnes de « Science & Vie », EDF avait alors la dette la plus importante au monde pour un organisme, ou une société, puisqu’elle atteignait près de 35 milliards d’euros (lien) et début 2010, elle avait dépassé les 42 milliards d’euroslien

Sur les 27 pays que comporte l’Union Européenne, il ne reste donc plus aujourd’hui que 10 pays à imposer cette énergie dangereuse aux populations.

En Grande Bretagne, l’état, en refusant de subventionner les projets, bloque tout nouveau projet, prouvant par là que le nucléaire n’est pas rentable sans subventions.

Au Pays Bas, les néerlandais sont très inquiets au sujet de Fukushima, convaincus à 62% que la situation pourrait s’aggraver, les 2/3 de la population des Pays Bas pensant qu’une catastrophe du même type pourrait se produire dans l’un de leurs 2 réacteurs restants. lien

De la Tchéquie à la Slovaquie, en passant par la Hongrie, la Roumanie, et la Bulgarie, il ne reste plus que 16 réacteurs en fonctionnement, et ont déjà étés arrêtés.

Enfin, en Finlande, au-delà des 4 réacteurs qui fonctionnent, l’EPR peine à finir : son budget initial de 3 milliards d’euros va atteindre les 7 milliards, la date de démarrage est constamment repoussée (lien) et l’inauguration prévue pour 2009 a été repoussé au-delà de 2014.

De plus les 4 milliards d’euros de dépassement financier seront à la charge intégrale de la France, ce qui ne va pas arranger la balance commerciale de ce pays. lien

Ajoutons pour la bonne bouche que les déboires du chantier se multiplient, et que la crédibilité d’AREVA ne cesse de plonger, tout comme le cours de ses actions, lesquelles ont perdu en 4 ans 85% de leur valeur.lien

Les découvertes récentes de fissures sur les cuves des réacteurs de Doel, en Belgique, fissures potentiellement existantes aussi en Allemagne, Espagne, Pays bas, Suède et Suisse ne sont pas de nature à améliorer la situation.

La France n’est pas épargnée, ni par les fissures, ni par les problèmes de plomberie, puisque l’ASN a pointé du doigt le 28 juin 2012 des problèmes concernant 118 pièces de robinetterie défaillantes, pour 31 centrales (lien) mais comme l’écrit avec humour Stéphane Lhomme dans sa revue de presse, « les fissures françaises sont meilleures que les fissures belges ». lien

A ceci s’ajoute un défaut sur les grappes de commande à Fessenheim  : début juin 2012, sur les 48 grappes de commande8 posaient problème. lien

Revenons aux fissures, c’est grâce à un contrôle effectué en 2004 sur l’un des réacteurs de la centrale française du Tricastin, dont la cuve était zébrée de fissures horizontales (les plus dangereuses) que les exploitants belges ont découvert les 8000 probables fissures de la cuve du réacteur N°3 de Doel.

En attendant le redémarrage de ce réacteur n’est pas à l’ordre du jour, car il faudrait que l’exploitant prouve que ces défauts ne menacent pas l’intégrité du réacteur, ce qui semble un challenge compliqué, d’autant que dès septembre, c’est le réacteur de Tihange 2 (dont la cuve est du même constructeur) qui va être regardé de plus près. lien

Un rapport récent d’experts indépendants montre les insuffisances des tests de résistance, et Greenpeace a dressé la carte de l’éventuelle pollution en cas d’accident nucléaire en Europe.

On le voit, le nucléaire pose de plus en plus de problèmes en Europe…tout comme ailleurs.

Fukushima, rien n’est réglé, bien au contraire, et l’on ne peut que s’inquiéter des bricolages de fortune réalisés pour protéger la piscine du N°4, laquelle a été recouverte d’une simple bâche de plastique. photo

Sur cette photo, on peut juger de l’état du bâtiment dévasté.

L’occasion d’évoquer l’étonnement des japonais, devant notre utilisation régulière du mot « Fukushima  » : ils préfèrent parler du « 11 mars 2011 », car disent-ils fort justement, limiter la catastrophe à Fukushima n’est pas très cohérent, puisque la planète entière continue à être mise en danger.

D’ailleurs, n’utilisons-nous pas la date du 11 septembre plutôt que d’évoquer New York et la : « catastrophe des tours jumelles » ?

Nous sommes loin d’avoir fait le bilan de la catastrophe, puisque la centrale accidentée continue de cracher dans l’air, l’eau et la terre, des quantités effarantes de radioactivité, et il parait improbable que nous soyons à l’abri de cette pollution, à quelque endroit de la planète.

Yusutero Yamada, un ingénieur de 72 ans à la retraite a bouclé récemment une tournée aux USA, afin d’obtenir une intervention internationale, et que soit retiré à Tepco la mission de gérer la catastrophe. lien

La situation est en effet inquiétante, et elle continue de se dégrader. lien

Un homme qui travaillait sur le site vient d’y laisser sa vie, et malgré une dose cumulée de 25,24 millisieverts mesurée sur son corps, Tepco affirme qu’il n’y aurait pas de lien entre sa mort et la dose de radioactivité qu’il a reçu.

La piscine du réacteur N°4 est au cœur des préoccupations, puisqu’elle contient encore 264 tonnes de combustible nucléaire, et si la piscine venait à se vider, ou s’écrouler, la radioactivité dégagée représenterait 10 fois plus que celles produite par Tchernobyllien

Des rascasses pêchées au large de la centrale accidentée présentaient un niveau 258 fois supérieur à celui fixé par le gouvernement, soit 25 800 becquerels par Kg, battant le record mesuré sur du poisson de rivière dans le secteur de Fukushima (18 700 Bq/k).

Sans sourire, Tepco envisage de mesurer la radioactivité de profondeur dans l’Océan, en capturant crevettes ou crabes, afin de détecter l’origine de cette contamination. lien

Après l’apparition récente de mutations génétiques sur des papillons, suite à la catastrophe, nous ne sommes vraisemblablement pas à l’abri d’autres surprises et les chercheurs japonais à l’origine de cette découverte craignent maintenant que les êtres humains puissent bientôt en faire les frais. lien

Revenons à la piscine du N° 4.

Dans les colonnes du Nouvel ObservateurVincent Jauvert, propose un dossier complet sur la question.

Robert Alvarez, Haut responsable de l’énergie sous Bill Clinton, a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme, affirmant : « si un tremblement de terre ou tout autre évènement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de 10 fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl ».

Le physicien français, Louis Basdevant, a déclaré que cette piscine, positionnée à 30 mètres du sol, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », et que sa chute pourrait être 60 fois plus grave que la catastrophe du 11 mars ».

Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, ne dit pas autre chose, assurant que « si le bassin du réacteur N° 4 s’effondrait, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe d’Hiroshima ». lien

C’est ce que confirme dans cette vidéoArnie Gundersen, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, déclarant que les assemblages stockés dans la piscine du N° 4 pourraient prendre feu, avec les conséquences que l’on imagine.

Alors si aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux ces pays à quitter le monde sans avenir du nucléaire, préférant se tourner vers des énergies propres et renouvelables, il n’en reste pas moins que, tant que le combustible de cette piscine n’aura pas été évacué, le monde entier restera sous la menace du pire accident nucléaire qu’ait jamais pu connaitre notre planète.

Comme disait un vieil ami hindou : «  d’abord ils vous ignorent, puis se moquent de vous, vous combattent, et enfin, vous gagnez  ».

L’image illustrant l’article provient de « journaldel’environnement.net »

29/02/2012

« Les maquereaux des cimes blanches » ont encore frappé

L'initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires » est encore soutenue par une majorité de citoyennes et citoyens, mais l'obtention, le 11 mars, de la double majorité, peuple et cantons, sera difficile. Les bétonneurs et les spéculateurs disposent de moyens financiers considérables et peuvent compter sur l'appui d'une majorité de politiciens, même de « Verts libéraux ». Maurice Chappaz dénonçait déjà en 1976, dans son livre « Les Maquereaux des Cimes Blanches », cette alliance suspecte entre spéculateurs et certains notables.

Aujourd'hui ils n'hésitent pas, pour imposer le NON à effrayer les électrices et électeurs en recourant à des images d'un autre temps, une faucille qui démolit un chalet idyllique, et à avancer des arguments fallacieux:

 

  • des milliers d'emplois seraient perdus: en réalité les entrepreneurs du bâtiment pourront toujours construire des logements principaux, ceux à loyers accessibles faisant cruellement défaut, ou des appartements et chalets de vacances à louer à la semaine, ou se reconvertir dans l'amélioration énergétique des bâtiments existants. En réalité c'est le laisser faire actuel qui enlaidit localités et paysages, et menace l'économie touristique.

  • les résidences secondaires se répandraient ailleurs, dans des localités encore épargnées par l'invasion de lits froids: en réalité chaque commune pourra se protéger par un règlement adapté, limitant à moins de 20% le nombre résidences secondaires, ou les excluant de certains quartiers, ce qu'ont déjà fait les plus avisées.

  • il ne faudrait pas fixer une limite nationale, mais laisser cantons et communes légiférer, comme la nouvelle loi le prévoit: en réalité la nouvelle loi est trop floue, et on peut craindre que les autorités locales, souvent proches des spéculateurs, fixent trop haut le % autorisé de résidences secondaires.

Nous pouvons donc voter sans hésiter OUI à l'initiative «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» aussi bien pour préserver nos plus beaux paysages que dans l'intérêt économique des localités touristiques et de leurs habitants.

31/01/2012

Economiser partout pour financer l'achat d'avions de combat?

d98_1253.jpgSelon des indiscrétions relayées par le Tages-Anzeiger-Online, le Conseil fédéral discutera demain ou le 22 février du programme d'économies nécessaire pour permettre l'achat des nouveaux avions de combats: il faudrait économiser 1,5 milliards de francs entre 2014 et 2015.

Chaque année le département de l'intérieur d'Alain Berset devrait économiser 325 millions, principalement dans la recherche et la formation. Johann Schneider-Ammann, ministre de l'économie, devrait économiser 125 millions, ce qui toucherait l'agriculture. Doris Leuthard aurait 170 millions à disposition en moins pour les transports et l'environnement.

Des économies difficiles à avaler pour chaque département. On verra quelle répartition proposera au Parlement le Conseil fédéral après ses délibérations.

J'espère vivement que les parlementaires, confrontés aux conséquences que provoquerait dans tous les domaines l'achat d'avions de combat, et aux réactions de l'opinion publique, y renoncent.

D'autant plus que dépenser ainsi des milliards, que ce soit pour des Gripen ou des Rafales, est parfaitement absurde:
Premièrement, du point de vue de la politique de sécurité, la Suisse dispose jusqu’en 2030 de 33 F/A-18 et aucun scénario crédible ne justifie l’achat de nouveaux avions, inutiles pour contrer aussi bien des terroristes que des pirates informatiques.
Deuxièmement, les véritables menaces sont de nature civile: crise financière, changements climatiques...

Si le Parlement ne tient pas compte de ces arguments, il faudra combattre cet achat par référendum.

 

28/09/2011

Triomphe des marchands d'armes?

Le Conseil fédéral nous a assuré a plusieurs reprises que la Suisse peut avoir une armée plus svelte, mais efficace et adaptée à notre temps avec 80'000 hommes et en dépensant annuellement 4, 4 milliards de francs.

Ce n'est pas rien, mais pas suffisant pour les marchands d'armes qui ont pris l'habitude de vendre au prix fort leur pacotille à l'armée suisse.

Ils ont donc mené un travail de lobby intense, et après le Conseil national, le conseil des Etats est aussi sur le point de

  • Premièrement soustraire à la votation populaire le choix important de dépenser 3,5 à 5 milliards de francs pour 22 avions de combats.

  • Deuxièmement, dépenser pour ces avions 2 fois plus que nécessaire et que d'autres pays débourseraient.

  • Troisièmement oublier que les temps ont changé et que dans l'Europe d'aujourd'hui nous devons peut-être craindre une attaque terroriste ou une attaque informatique, mais pas une attaque militaire conventionnelle.

Le Parlement suisse est en train de suivre dans sa majorité des milieux qui espèrent en tirer de juteux bénéfices et des stratèges en retard d'une guerre.

Les journalistes vont-ils en faire les gros-titres ?

Ça serait logique, car si le Parlement décide d'accorder annuellement à l'armée des centaines de millions de plus que la somme planifiée par le Conseil fédéral, ce dernier sera obligé de prévoir des coupes équivalentes:

  • dans l'agriculture, en réduisant encore plus notre souveraineté alimentaire,

  • dans la formation, essentielle pour l'avenir de notre pays,

  • dans les transports, notamment le trafic d'agglomération, qui nécessite d'importants investissements

  • etc.

D'ailleurs ce n'est n'est pas moi qui le dit, Madame la Conseillère fédérale Leuthard a mis en garde dans ce sens le Conseil des Etats et Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter l'a répété au Conseil national. Je le cite:

« Ce que vous devriez plutôt faire, c'est revenir en arrière dans le cadre du budget de l'armée. En effet, le Conseil fédéral vous a expliqué, pour ce qui est de l'armée, que nous pouvons avoir une armée efficace avec un peu moins d'argent. En tout cas, on n'aimerait pas que, finalement, ça entraîne une diminution des crédits dans les domaines de la formation et des transports. »

D'avantage de transparence dans les comptes des partis et des politiciens permettrait peut-être de comprendre pourquoi une majorité UDC + PLR + une partie du PDC est en train de:

  • suivre le lobby de l'armement plutôt que le Conseil fédéral

  • prévoir une augmentation de 800 millions du budget annuel de l'armée

  • hâter l'achat de 22 avions de combat, en le soustrayant au vote populaire

  • oublier quels sont les besoins prioritaires de notre Pays !

19/05/2011

L'initiative populaire « Sortir du nucléaire » : indispensable pour sortir la politique énergétique suisse de l'impasse!

Il y a 20 ans la Suisse était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Aujourd'hui notre pays est à la traine:

  • En 1990 par exemple, on produisait en Suisse 10 fois plus d'électricité solaire par personne qu'en Allemagne, aujourd'hui 17 fois moins.

  • Et en un jour et demi, on installe chez notre voisin du nord autant de panneaux photovoltaïques que chez nous en une année!

Et on peut multiplier les exemples pour illustrer notre retard:

  • la Suisse a 22 fois moins d'éolien par habitant et 6 x moins de panneaux solaires thermiques que l'Autriche...

Les causes de cette situation sont claires: le lobby nucléaire et le Conseil fédéral n'ont pas réussi à construire de centrale nucléaire après Tchernobyl, mais malheureusement ils ont réussi à freiner l'essor des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Le rachat du courant vert, a débuté en Suisse avec 10 ans de retard et assorti de limites et d'un système bureaucratique qui paralysent le système:
Près de 8000 installations attendent une décision positive de Swissgrid.

Aussi longtemps que le lobby nucléaire gardera l'espoir de construire des centrales atomiques, il freinera l'évolution de la politique énergétique suisse.
Après Tchernobyl ils ont dit, c'est un problème « soviétique », après Fukushima, ils commencent déjà à dire, c'est un problème typiquement japonais, impossible qu'un tel accident se produise chez nous.
Evitons que dans quelques années, après le prochain accident, le monde entier dise: c'est typiquement suisse; que voulez-vous ils étaient tellement sûrs d'être les meilleurs, que rien ne peut leur arriver, qu'ils ont refusé de voir le vieillissement et les défauts de leurs centrales nucléaires...

C'est pour exclure cette éventualité, une catastrophe dont la Suisse ne se relèverait pas, mais aussi et surtout pour que notre pays fasse enfin le choix des renouvelables et de l'efficacité énergétique, meilleures aussi bien pour l'environnement et pour la sécurité des habitants, que pour l'économie, que je m'engage avec les Verts et tout le mouvement antinucléaire pour la réussite de l'initiative
« pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire »:
Mühleberg doit être arrêtée immédiatement, Beznau 1 et 2 dans les années qui viennent, Leibstatdt et Gosgen avant 2029!

La récolte des signatures commencera ce dimanche 22 mai à l'occasion de la marche news_menschenstrom_38.63KB.PNG« STOP au nucléaire » en Argovie. Départs des principales gares de Suisse romande, inscriptions encore possibles pour obtenir un billet au tarif préférentiel sur www.sortirdunucleaire.ch

21/01/2011

Protection face à la violence des armes? Toujours OUI !

A lire certains commentaires à mon précédent billet sur ce sujet, on a l'impression que plusieurs bloggueurs sont de grands adolescents qui rêvent d'une Suisse peuplée de citoyens-gendarmes postés derrières leurs fenêtres, arme militaire chargée, prêts à canarder les méchants voleurs...

Je n'arriverai probablement pas à les convaincre de voter oui... Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!

Mais je tiens, à l'attention de tous les indécis, à répéter quelques faits, dont j'ai pris connaissance dans le bulletin des médecins suisses (2011;92 pp 11 et 12):

  1. Aucun autre pays européen ne compte autant de suicides par armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse (3 a 10 fois plus que les autres!).
  2. Aucun autre pays européen ne compte autant d'armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse:
    200'000 armes de service, 1'450'000 anciennes armes de service, 650'000 autres armes.
  3. Entre 2003 et 2004, avec la réforme Armée XXI, le nombre d'armes militaires a été en gros divisé par deux, passant de env. 400'000 à env. 200'000, car la durée d'astreinte au service et le nombre de soldats ont baissé.
  4. Parallèlement le nombre de suicides avec des armes à feu a aussi été divisé presque par deux pour les hommes âgés de moins de 40 ans!
  5. Donc, cette réforme de l'armée, qui a diminué le nombre d'armes militaires gardées à la maison, souvent avec des munitions malgré le règlement, "ça été la mesure de prévention du suicide la plus efficace que la Suisse ait mise en place ces 20 dernières années".
  6. Le nombre de suicides n'a presque pas évolué chez les hommes de plus de 60 ans qui n'ont pas été touchés par cette réforme.
  7. Si le nombre total de suicides en Suisse n'a pas baissé, c'est parce qu'il y a eu, parallèlement, une hausse de "suicides assistés" principalement chez des femmes très âgées et malades.

Voilà, ces faits, mis en évidence par des médecins et des chercheurs sérieux, m'ont convaincu qu'il faut s'engager en faveur de l'initiative « Protection face à la violence des armes ».

Personne ne prétend qu'elle va empêcher tous les suicides, mais son acceptation permettrait certainement d'éviter chaque année des centaines de drames humains.

Aucun des arguments avancés dans les commentaires à mon précédent billet n'a montré le contraire.

J'invite donc toujours mes concitoyennes et concitoyens à voter OUI à l'initiative "Protection face à la violence des armes"!

23/12/2010

Des ordures radioactives pour cadeau de Noël ?

Au Niger, en guise de cadeau de Noël à la population, la société minière Somaïr (groupe Areva, ) a répandu 200 000 litres de déchets extrêmement radioactifs dans l'environnement, à seulement 3,5 km de la ville d'Arlit. Trois hectares sont gravement contaminés. À l'origine de cette pollution, la rupture, le 11 décembre dernier, des digues de bassins de décantation, qui contiennent des éléments radioactifs hautement toxiques.
Cette grave contamination montre la négligence dont Areva fait régulièrement preuve dans l'extraction de l'uranium pour nos centrales. Le groupe français sacrifie la santé des Nigériens pour alimenter les réacteurs nucléaires en uranium.
Alors  que nous nous apprêtons à passer les fêtes éclairés et chauffés en partie avec de l'uranium du Niger, les Nigériens font les frais de l'exploitation de ce minerai. Rappelons que 100 % de l'uranium utilisé en Suisse est importé : le nucléaire nous rend entièrement dépendants de l'étranger. Et toute l'industrie nucléaire est spécialement polluante et dangereuse : l'augmentation des cancers et leucémies autours des centrales et des dépôts de déchets radioactifs le prouve.
Une politique énergétique respectueuse de la santé publique et de l'environnement, est parfaitement réaliste :  développer les renouvelables et l'efficacité énergétique est préférable aussi bien pour l'environnement que pour l'économie !

07/12/2010

Le nucléaire n'aime pas les filles – suite du feuilleton

Il y a deux semaines « Sortir du nucléaire » attirait l'attention, en Suisse, sur l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb.

Des conséquences graves liées à la  proximité des centrales nucléaires sont mises en évidence: dans un rayon de 35 kilomètres autour des 31 centrales nucléaires suisses et allemandes, le nombre de naissances de fillettes présente, dans les derniers 40 ans, un déficit de 20'000 par rapport aux données attendues !
Les chercheurs constatent le phénomène et s'en inquiètent : les émissions des centrales nucléaires agissent sur la natalité.
Ils sont partis des faits suivants:

  1. Suite aux essais nucléaires il y a déjà eu une baisse des naissances de filles dans le monde entier.
  2. Après l'accident de Tchernobyl on a observé le même phénomène dans les régions d'Europe et d'Asie où il y a eu des retombées radioactives. On évalue le déficit de naissances féminines à 850'000 !
  3. L'étude officielle allemande KIKK a mis en évidence qu'autour de 22 installations nucléaires allemandes il y a une augmentation des cancers et deux fois plus de leucémies enfantines...

Les chercheurs constatent des faits, mais n'ont pas d'explications exhaustives, et ils proposent des études complémentaires.
Le principe de précaution devrait inciter nos autorités à commander ces études, en impliquant des experts indépendants, et à prendre des mesures pour réduire les émissions des centrales nucléaires.

Le lobby nucléaire réplique que le nucléaire ne peut être la cause de cette morbidité autour des centrales, car les normes d'émission ne sont pas dépassées. Ils oublient de dire que dans le passé, pour fixer ces normes, on a admis des émissions 10 à 100 fois plus importantes que celles préconisées par médecins et biologistes. Il fallait tenir compte des impératifs économiques des exploitants !
La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) expliquait, pour justifier ces valeurs-limites, qu’'elles représentent pour la population un risque considérable de dommages génétiques, "Mais elles peuvent être considérées comme supportables et justifiées au regard des avan­tages que l’'on peut attendre de l’'utilisation de l’'énergie nucléaire"...

Des questions ont été posées au Conseil fédéral pour l'inciter à agir.
Malheureusement, dans sa réponse, le Conseil fédéral esquive et tergiverse.
Il affirme qu'il "prend l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine"... mais il ne veut rien entreprendre pour l'instant.
Il prétexte que "l'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière".
Pourquoi ne prend-il pas au sérieux les affirmations du Professeur Werner Stahel de Zürich, président de la société suisse pour la statistique de 2001 à 2005? Selon ce dernier l'étude est correcte et l'effet mis en évidence, bien que faible, est prouvé.
Le Conseil fédéral déclare que "si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires", mais il refuse de prendre en compte ou de commander des études scientifiques indépendantes !
Pourquoi le Conseil fédéral propose-t-il études et mesures pour protéger la population du radon, dont l'effet létal est de l'ordre de 3 à 4 pour mille, alors qu'il n'entreprend rien dès qu'il s'agit de centrales nucléaires? Et pourtant l'effet sur les foetus féminins est en moyenne de l'ordre de 3,5 pour mille autour des 31 centrales examinées et même de 6,5 pour mille autour de Beznau !

Cet a priori du Conseil fédéral, favorable au nucléaire, qui lui fait oublier le principe de précaution, nous rappelle la question de la fumée passive: pendant des décennies nos autorités ont écouté des scientifiques payés par le lobby du tabac pour minimiser le problème.
Aujourd’hui le Conseil fédéral préfère mener la politique de l'autruche chaque fois que des études mettent en évidence des atteintes à la santé dues au nucléaire.

Réponse du Conseil fédéral:
Burkhalter Didier, conseiller fédéral: L'état actuel de la recherche radiobiologique ne permet pas d'établir un lien entre la radioactivité des centrales nucléaires et l'évolution de la proportion de filles et de garçons à la naissance. Comme le montrent plusieurs études, cette proportion peut être expliquée par différents facteurs, notamment le stress, les médicaments, voire le mode de vie. Le Conseil fédéral prend l'étude allemande évoquée dans la question au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine. L'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a toutefois, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière. Ce n'est donc que lorsqu'une évaluation approfondie de cette étude aura été menée que les experts scientifiques de la Confédération pourront se prononcer quant à un éventuel effet prénatal de l'exploitation des centrales nucléaires suisses. Actuellement, le Conseil fédéral n'entend pas mener d'étude complémentaire sur ce sujet. Comme le gouvernement l'a déjà expliqué dans sa réponse à l'interpellation 09.4080, il n'est pas possible de prendre en considération les effets prénataux dans l'étude Canupis, les données disponibles ne le permettant pas. Pour mémoire, Canupis est une étude en cours sur le cancer des enfants vivant à proximité des centrales nucléaires situées en Suisse. Avant toute autre décision, il faut terminer l'étude Canupis et en publier les résultats. En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, le Conseil fédéral estime donc qu'il n'est pas nécessaire de modifier les conditions d'exploitation des centrales nucléaires suisses. Toutefois, si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires.