01/07/2011

L'énorme potentiel de l'efficacité énergétique

Après Fukushima, la plupart des gens souhaitent sortir progressivement du nucléaire.

On a vu ce que représente le « risque résiduel » : une centrale sur 100 finit par « crasher », libérant de la radioactivité et portant gravement atteinte à la santé des populations environnantes.

Ce risque, longtemps occulté, est inacceptable.

Mais la question qui revient sans cesse est : peut-on se passer du nucléaire ?

Au niveau mondial, c'est évident: les centrales nucléaires fournissent à peine plus que 2% de l'énergie utile. Insignifiant ! Mais chez nous en Suisse?

Rappelons quelques faits : le nucléaire fournit dans notre pays environ 40% de l'électricité consommée, donc environ 10% de toute l'énergie.

Mais on peut constater qu'au moins 40% de l'électricité que nous consommons est gaspillée et pourrait être économisée en utilisant de meilleurs appareils et de meilleures techniques, déjà disponibles aujourd'hui...

Réduire le gaspillage

S.A.F.E, l'Agence Suisse pour l’efficacité énergétique, a actualisé dernièrement une étude qui montre que, d'ici à 2035, on peut économiser annuellement 26 TWh d'électricité, autant que la production de nos 5 centrales nucléaires. Ces économies sont réalisables dans de très nombreux secteurs:

  • 5,6 TWh pour les appareils et l'éclairage dans les logements;

  • 5,1 TWh pour les installations techniques et l'éclairage dans les services, le commerce et l'industrie;

  • 1,9 TWh pour les appareils de bureau, technologies de l'information et de la communication;

  • 7,8 TWh pour les utilisations industrielles et artisanales (dont 75% pour des moteurs);

  • 5 TWh pour les chauffages et la production d'eau chaude sanitaire électriques...

Vous pouvez en trouver le détail sous http://www.efficace.ch en ouvrant la fiche d'information et le tableau du « potentiel d'économie d'électricité 2035 ».

Agir dès aujourd'hui

Mais quelles mesures prendre pour que ces économies ne restent pas seulement « potentielles », mais qu'elles deviennent réelles, qu'on gaspille moins d'énergie en Suisse?

Voilà quelques pistes que le Conseil national a déjà demandé au gouvernement de suivre:

  • interdire la vente de tous les appareils électriques de mauvaises qualité énergétique, qui gaspillent énormément d'électricité;

  • remplacer les chauffages électriques par des chauffages aux pellets ou par des pompes à chaleur;

  • chauffer au moins une partie de l'eau chaude sanitaire par des énergies renouvelables, notamment des panneaux solaires thermiques...

Investir pour économiser

Certaines de ces mesures, sont très rapidement rentables: Des appareils qui consomment moins d'énergie sont plus chers, mais en quelques années les économies réalisées sur les factures d'électricité dépassent le surplus du prix d'achat. Interdire la vente des appareils les plus énergivores est donc un service que les autorités peuvent rendre aux consommateurs.

D'autres mesures, par contre, nécessitent de nombreuses années pour être amorties. Des aides et des mesures d'encouragement s'imposent. C'est le cas, par exemple, pour le remplacement des chauffages électriques directs, avant de les interdire à terme.

Il est important que le Parlement qui sortira des urnes cet automne, comporte une majorité prête à agir dans ce sens.

Agir aussi individuellement

Mais l'encouragement des meilleures techniques ne servira à rien en l'absence d'une prise de conscience qu'il faut éviter les gaspillages:

  • Acheter un téléviseur qui consomme moins est inutile si, prétextant qu'il est économe, on le laisse allumé du matin au soir...

  • Avoir une maison bien isolée, mais laisser les fenêtres tout le temps ouvertes parce qu'il fait trop chaud, à cause d'un mauvais réglage, annule les économies...

Bref, le potentiel des économies d'énergies est là. Les réaliser permettrait non seulement de « sortir du nucléaire », mais aussi d'économiser à terme des milliards de francs.

A nous de prendre les bonnes mesures législatives et individuelles pour concrétiser ce potentiel ces prochaines années!

 

08/06/2011

Le Conseil national dit NON à la construction de nouvelles centrales nucléaires

Encore hier l’Agence de la Sûreté Nucléaire japonaise a révélé qu’elle double l'évaluation de la quantité de matières radioactives rejetées dans l’air pendant les premiers jours de la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Nous savons tous aujourd'hui ce que signifie « risque résiduel » lorsqu'il concerne le nucléaire: au moins une centrale sur 100 crashe !

Seriez-vous prêts à partir en voyage en avion si vous saviez qu'un avion sur 100 s'écrase? Sûrement pas.

Les votes de ce matin du Conseil national pour ne plus admettre la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse se justifient donc entièrement, mais il faut maintenant prendre des décisions pour pouvoir se passer de l'électricité d'origine nucléaire dans des délais raisonnables.

Il ne faut surtout pas attendre, pas besoin d'études complémentaires.

De nombreuses études, et les réalisations chez nous et dans d'autres pays, montrent clairement qu'en investissant les dizaines de milliards qui étaient prévus pour construire de nouvelles centrales nucléaires dans l'efficacité et les renouvelables nous pouvons disposer de toute l'électricité nécessaire: en limitant les gaspillages et en améliorant l'efficacité énergétique, on peut réaliser des économies équivalant à la production des centrales nucléaires suisses. Le potentiel d'augmentation de l'électricité renouvelable équivaut, lui aussi à la production de nos centrales nucléaires.

On verra ces prochaines heures si le Conseil national prendra sans atermoiements les bonnes décisions. Approuvera toutes les motions et les postulats qui nous permettrons d'atteindre ce but. Elles proviennent de tous les partis.

En particulier: que ce soit pour ôter le couvercle qui bloque la réalisation d'installations pour produire du courent vert (motions Häberli-Koller, Baümle, van Singer,) ou pour améliorer l'efficacité énergétique (motions Teuscher, Noser, Geri Müller, Nordmann...), pour remplacer les chauffages électriques (motions Grunder) pour simplifier les procédures d'autorisation (motion Cathomas) ou encore pour renforcer la recherche énergétique (motions Maire, Riklin)...

Espérons que le Parlement dépasse les clivages partisans et accepte les bonnes propositions indépendamment de leur provenance.

 

19/05/2011

L'initiative populaire « Sortir du nucléaire » : indispensable pour sortir la politique énergétique suisse de l'impasse!

Il y a 20 ans la Suisse était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Aujourd'hui notre pays est à la traine:

  • En 1990 par exemple, on produisait en Suisse 10 fois plus d'électricité solaire par personne qu'en Allemagne, aujourd'hui 17 fois moins.

  • Et en un jour et demi, on installe chez notre voisin du nord autant de panneaux photovoltaïques que chez nous en une année!

Et on peut multiplier les exemples pour illustrer notre retard:

  • la Suisse a 22 fois moins d'éolien par habitant et 6 x moins de panneaux solaires thermiques que l'Autriche...

Les causes de cette situation sont claires: le lobby nucléaire et le Conseil fédéral n'ont pas réussi à construire de centrale nucléaire après Tchernobyl, mais malheureusement ils ont réussi à freiner l'essor des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Le rachat du courant vert, a débuté en Suisse avec 10 ans de retard et assorti de limites et d'un système bureaucratique qui paralysent le système:
Près de 8000 installations attendent une décision positive de Swissgrid.

Aussi longtemps que le lobby nucléaire gardera l'espoir de construire des centrales atomiques, il freinera l'évolution de la politique énergétique suisse.
Après Tchernobyl ils ont dit, c'est un problème « soviétique », après Fukushima, ils commencent déjà à dire, c'est un problème typiquement japonais, impossible qu'un tel accident se produise chez nous.
Evitons que dans quelques années, après le prochain accident, le monde entier dise: c'est typiquement suisse; que voulez-vous ils étaient tellement sûrs d'être les meilleurs, que rien ne peut leur arriver, qu'ils ont refusé de voir le vieillissement et les défauts de leurs centrales nucléaires...

C'est pour exclure cette éventualité, une catastrophe dont la Suisse ne se relèverait pas, mais aussi et surtout pour que notre pays fasse enfin le choix des renouvelables et de l'efficacité énergétique, meilleures aussi bien pour l'environnement et pour la sécurité des habitants, que pour l'économie, que je m'engage avec les Verts et tout le mouvement antinucléaire pour la réussite de l'initiative
« pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire »:
Mühleberg doit être arrêtée immédiatement, Beznau 1 et 2 dans les années qui viennent, Leibstatdt et Gosgen avant 2029!

La récolte des signatures commencera ce dimanche 22 mai à l'occasion de la marche news_menschenstrom_38.63KB.PNG« STOP au nucléaire » en Argovie. Départs des principales gares de Suisse romande, inscriptions encore possibles pour obtenir un billet au tarif préférentiel sur www.sortirdunucleaire.ch

02/04/2011

Fukushima; quelles conséquences?

Depuis 3 semaines, on m'interpelle fréquemment sur Fukushima.

Les questions le plus souvent posées sont les suivantes:

  1. Pourquoi, avec toute l'eau qu'on verse sur les centrales, on n'arrive pas à arrêter le dégagement de radioactivité et de chaleur? Que se passe-t-il au juste dans ces centrales?

  2. Mais alors, il n'y a pas que les centrales soviétiques qui sont dangereuses? Nos centrales nucléaires, ne sont-elles pas sûres?

  3. Y-a-t-il beaucoup de radioactivité qui se répand dans l'environnement? Quels sont les risques pour la santé?

    Probablement vous êtes nombreux à vous poser ces mêmes questions, je vais donc essayer d'y répondre succinctement dans cet billet.

1. Quand on parle d'une fusion qui n'est pas une fusion nucléaire,

mais une fonte des barres de combustible

Lors d'un arrêt d'urgence:

  1. Les barres métalliques et l'eau borée, qu'on introduit dans le coeur de la centrale, ont pour effet de stopper la fission en chaîne de l'uranium, provoquée par des neutrons ralentis

  2. Mais les produits de fission – les déchets radioactifs donc - déjà présents dans le combustible, continuent leurs réactions radioactives et continuent donc à dégager de la chaleur.

  3. Il est indispensable que des génératrices « de secours » fournissent du courant pour faire circuler l'eau pour le refroidissement.

  4. Si cette chaleur n'est pas évacuée normalement, les barres de combustibles surchauffent. Et les gaines risquent de fondre.

  5. L'eau réagit avec les gaines en zirconium des barres surchauffées et il se dégage de l'hydrogène.

  6. La pression monte.

  7. Si l'on évacue la vapeur pour faire baisser la pression, l'hydrogène peut provoquer des explosions.

  8. Si les barres de combustible sont déjà abimées, des isotopes radioactifs sont aussi libérés dans l'environnement.

  9. Explosions, températures élevées, corrosion... l'enceinte du réacteur peut perdre son étanchéité. Matériaux radioactifs se répandent alors aux environs.

  10. Barres et combustible en fusion – il s'agit donc de métaux fondus, pas de fusion nucléaire- coulent au fond de la centrale,

  11. avec le risque de percer l'enceinte, entrer en contact avec d'autres matériaux et provoquer une très forte explosion -classique- provoquant la contamination radioactive de vastes territoires.

  12. Il y a même un risque, heureusement très faible, que dans ce coeur fondu, appelé corium, une réaction nucléaire s'enclenche, la masse critique étant atteinte, il y aurait alors une véritable explosion nucléaire.

A Fukushima, tous ces événements, sauf les k) et l), se sont produits, de manière plus ou moins accentuée dans les réacteurs numéros 1 à 3. Dans le réacteur numéro 4, qui était à l'arrêt lors du tsunami, c'est la piscine où était stocké le combustible usagé qui n'a plus était refroidie, l'eau s'est évaporé, les barres ont surchauffé et...

Des centaines de pompiers, de techniciens et d'ingénieurs, sont engagés sur place, au détriment de leur santé, pour refroidir ces réacteurs et éviter le pire, c'est-à-dire les événements k) et l). Mais pendant plusieurs semaines, voire des mois, la situation restera critique.

L'eau déversée sur les centrales lessive des éléments radioactifs dans la mer.

Le vent qui soufflait vers l'océan au début, mais dans d'autres directions par la suite, propage au loin iode et césium radioactifs, et tout un cocktails d'autres isotopes aussi sympathiques que le plutonium, dont l'inhalation d'un seul milligramme induit à terme, presque à coup sûr, un cancer...

Au gré des vents, de la neige et des pluies qui diffusent et précipitent les éléments radioactifs, des territoires sont contaminés bien au delà des 20 Km évacués et des 30 Km, où les gens sont sensés rester barricadés chez eux depuis 3 semaines, L'eau potable, le lait, les produits de la terre sont contaminés...

 

2. Toute centrale nucléaire représente un danger inacceptable,

qu'elle soit de technologie soviétique ou occidentale

Le lobby nucléaire affirmait, à raison, que l'accident de Tchernobyl était moins une défaillance du nucléaire, que du système soviétique dont il a précipité la chute.

Cette explication ne s'applique pas au Japon, nation démocratique à la pointe de la technique. Ses centrales ressemblent aux nôtres: comme en Suisse, le 1er confinement des réacteurs est en acier et entouré d'une couche de béton épaisse un mètre... A l'évidence, dans des installations aussi complexes, les enchaînements susceptibles d'aboutir à des accidents majeurs sont multiples et imprévisibles. Par exemple, en 2006 en Suède, dans la centrale de Forsmark, une panne de courant, suivie de la défaillance des 4 génératrices de secours, a privé de refroidissement le réacteur pendant 23 minutes. Selon le rapport de l'organisme de sureté suédois on a réussi enfin à faire redémarrer manuellement 2 des génératrices, 7 minutes de plus et la situation aurait été gravissime...

A Fukushima, tout le monde peut constater que la sûreté des centrales nucléaires, même de conception occidentale, ne peut être garantie à 100%.

Et les conséquences d'un accident majeur seraient catastrophiques pour la Suisse. Un rapport officiel de la Confédération1 les a évaluées: plus de 900'000 personnes à évacuer, plus de 4000 milliards de dégâts...

Il n'y aurait même pas l'espoir, comme au Japon, que le vent pousse la radioactivité vers la mer. En moyenne, deux jours sur trois le vent souffle en direction des grandes villes suisse-allemandes, un jour sur trois la bise souffle en direction de la Romandie!

 

3. Quels sont les effets de la radioactivité « s'échappant » de Fukushima?

Des millions de personnes sont à la merci de la radioactivité !2

Depuis le 12 mars dernier, les habitants des zones contaminée subissent l’impact des rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.

Toutes les voies d’exposition se cumulent :

  1. Exposition aux rayonnements qu’émettent les aérosols et les gaz radioactifs que les vents transportent vers les zones habitées, celles de la Préfecture de Fukushima, mais aussi bien au‐delà de la ville de Sendai, à 100 km au nord et bien au‐delà de Tokyo à 230 km au sud.

  2. Exposition aux rayonnements émis par les produits radioactifs qui retombent progressivement au sol (du fait de la gravitation, des pluies et de la neige) et s’accumulent sur les surfaces ; Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100 à quelques 60 ou 70 km de distance et dans un périmètre d’une cinquantaine de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées.

  3. Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions; si les doigts sont portés à la bouche, au nez; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…).

  4. Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une mesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs !

  5. Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes.

Il faut surtout comprendre que même les faibles doses de radioactivité ont un effet. On peut comparer la situation à celle d'une troupe qui doit traverser un champ de mines. S'il y a beaucoup de mines, le risque que plusieurs soldats meurent ou soient blessés est grand. S'il y a peu de mines le risque est faible, mais pour le soldat qui saute sur une mine les conséquences sont terribles. Il en va de même avec la radioactivité. S'il y a peu de particules radioactives, peu de risques d'en ingérer ou d'en respirer une. Mais pour les personnes atteintes les conséquences peuvent être létales.

Pour avoir une information indépendante dans ce domaine, vous pouvez consulter le site www.criirad.org

23/03/2011

PANACHES RADIOACTIFS : Quels risques en Europe ?

Notre souci principal reste le Japon, où les populations, après avoir subi une catastrophe naturelle, sont exposées aux retombées de l'accident majeur de Fukushima. Mais, sur demande de très nombreuses personnes, je mets en ligne les informations diffusées par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité). http://www.criirad.org/

Quels sont les risques attendus en Europe?

Au vu du nombre impressionnant de demandes qu’elle a reçues, et plus encore de l’inquiétude exprimée par la plupart des messages, la CRIIRAD a décidé de rédiger un texte d’information destiné à rassurer autant qu’il est possible les personnes qui l’ont interpellée sans pour autant aller au-delà de ce que permettent les données disponibles.

C’est que les données utilisables restent rares. C’est d’autant plus choquant que des résultats d’analyse existent mais qu’ils ne sont pas publiés.

...

PROGRESSION DES MASSES D’AIR CONTAMINE EN DIRECTION DE L’EUROPE

Mécanismes de diminution de la radioactivité de l’air

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi rejette dans l’atmosphère, depuis 12 jours, tout un cocktail de produits radioactifs. Schématiquement, 3 mécanismes concourent à abaisser les niveaux de contamination et par conséquent les niveaux de risque :

1/ les émissions radioactives sont progressivement diluées dans des volumes d’air de plus en plus importants. Ceci conduit évidemment à une baisse de la concentration de l’air en produits radioactifs (ou plus exactement à une baisse de l’activité de l’air qui s’exprime en Bq/m3). L’air que les populations sont susceptibles de respirer est ainsi de moins en moins radioactif.

Note : ...les niveaux d’exposition sont plus faibles mais un bien plus grand nombre de personnes est touché.

2/ les produits radioactifs présents dans l’air se déposent progressivement au sol, ce qui conduit à appauvrir progressivement le panache et à abaisser d’autant sa dangerosité. Deux mécanismes convergent : les dépôts secs, qui se produisent en permanence, quelles que soient les conditions météorologiques, et les dépôts humides, plus intenses, qui sont provoqués par la pluie ou la neige. En tombant, elles lessivent en effet les masses d’air contaminé, précipitant au sol (ou sur les océans) les particules radioactives en suspension (aérosols) et les gaz solubles (c’est le cas des iodes radioactifs). Il faut espérer à ce propos que les panaches radioactifs restent le plus longtemps possible sur le Pacifique et l’Atlantique où l’impact des retombées est moindre d’un point de vue sanitaire.

3/ l’activité des produits radioactifs diminue dans le temps : pour certains, comme le césium 137 ou le krypton 85, très lentement ; pour d’autres, assez rapidement. Le rythme de décroissance est déterminé par la période radioactive de chaque radionucléide. Celle de l’iode 131 est de 8 jours. Cela signifie qu’en 1 période, soit 8 jours, l’activité initiale est divisée par 2 ; en 2 périodes, soit 16 jours, par 4 ; en 3 périodes, par 8, etc.

NB : la période radioactive ne suffit pas à déterminer le temps pendant lequel un produit radioactif reste dangereux. Il faut également tenir compte de l’activité initiale. Si l’activité initiale de l’iode est de 80 Bq, un mois plus tard, soit après 4 périodes, elle sera divisée par 16. Il ne restera « que » 5 Bq ; mais si l’activité initiale est de 8 000 Bq, un mois plus tard, il reste encore 500 Bq.

L’impact des 3 mécanismes ci-dessus - dilution, dépôts, désintégration - augmente évidemment avec le temps et la distance.

Le passage des panaches radioactifs sur l’Amérique du Nord

En passant par l’océan pacifique, la France est située à près de 15 000 km des côtes japonaises. En utilisant le logiciel HYSPLIT du NOAA américain (http://ready.arl.noaa.gov/HYSPLIT.php), la CRIIRAD a effectué une modélisation des trajectoires des rejets émis à Fukushima. Il s’agit du parcours des produits radioactifs rejetés le 12 mars à 12h TU (soit 21h Japon). Trois trajectoires sont considérées en fonction de l’altitude des radionucléides : 50 mètres, 500 mètres et 1 000 mètres (respectivement en vert, bleu et rouge sur le graphique en pièce jointe). La simulation est basée sur les données météorologiques du 12 mars 12h TU au 21 mars 06h00 TU archivées par le NOAA.

Selon cette modélisation, les premiers rejets radioactifs de la centrale de Fukushima Daiichi devaient atteindre la côte Est des Etats-Unis et du Canada le samedi 12 mars.

Nous avons alors recherché des sites Internet susceptibles de donner des résultats d’analyse ce qui nous aurait permis d’établir un bilan intermédiaire des niveaux de contamination et de risque. En suivant l’évolution des concentrations tout au long de la traversée des Etats-Unis, nous espérions pouvoir anticiper plus précisément l’impact sur la France. Nous avons effectivement trouvé des résultats, notamment auprès de l’Environmental Protection Agency (voir lien page suivante). Malheureusement, ces résultats ne portent pas sur l’activité volumique mais sur les taux d’émission bêta et gamma des dépôts collectés sur des filtres à air. L’évolution dans le temps de ces paramètres montre une augmentation qui est, selon toutes probabilités, liée au passage de masses d’air contaminé, vu sa cohérence avec les dates qui figurent sur les modélisations de trajectoires.

Site d’accès aux données : http://www.epa.gov/japan2011/rert/ra dnet-data.html

Les estimations publiées par l’IRSN

L’IRSN a annoncé qu’en France, l’activité de l’air en césium 137 serait de l’ordre de 1 mBq/m3.

Pour quantifier les rejets, l’IRSN indique qu’il « n’a pas de données de mesure directe sur la composition et l’ampleur des rejets radioactifs, mais dispose d’informations techniques sur les installations accidentées. », précisant : « l’interprétation de ces informations a permis à l’IRSN d’élaborer des scénarios probables de dégradation des 3 réacteurs depuis le 12 mars, en s’assurant de leur cohérence avec les mesures de débit de dose obtenues sur le site. L’IRSN a également retenu l’hypothèse que ces rejets se poursuivent jusqu’au 20 mars. »

A partir des rejets estimés par l’IRSN, Météo France a simulé la dispersion des rejets radioactifs à très grande distance, projetée jusqu’au 26 mars.

Pour visualiser la modélisation : http://www.irsn.fr/FR/popup/Pages/irsn-meteo-france_19mar...

Selon cette simulation, le panache radioactif devrait atteindre la France à partir du 23 ou du 24 mars. L’IRSN précise que « Les concentrations attendues à terme, d’après cette modélisation, pourraient être de l’ordre de 0,001 Bq/m3 en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer de l’hémisphère nord. Comme attendu, l’hémisphère sud n’est pas significativement affecté par cette dispersion à grande échelle. »

Pour accéder aux commentaires :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20110319_simulation_dispersion_panache_radioactif.aspx

ESTIMATION DES NIVEAUX DE RISQUE

Sur la base des éléments qu’elle a pu collecter, la CRIIRAD considère que :

· le risque d’irradiation 1 par les masses d’air contaminé sera négligeable (les personnes qui disposent d’un radiamètre ne devraient pas mesurer d’augmentation du bruit de fond ambiant mais nous invitons les personnes qui sont équipées à le vérifier : une mesure vaut mieux qu’une prévision) ;
· le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait être très faible (voir note)2 . Les calculs de dose précisés ci-dessous indiquent que la mise en oeuvre de contremesures, notamment la prise de comprimés d’iode stable3, n’est pas justifiée.

Nous avons essayé d’estimer les niveaux de dose résultant de l’inhalation des radionucléides dont la présence est documentée : césium 137, césium 134, iode 131, iode 132, iode 133 et tellure 132. Le premier calcul a été conduit pour une activité de 1 mBq/m3 pour le césium 137 (estimation donnée par l’IRSN) et de 125 mBq/m3 pour l’iode 131 (sur la base du rapport isotopique mesuré par TEPCO devant la centrale de Fukushima Daiichi le 19 mars 2011 à 12h - heure locale). Le calcul a été effectué en supposant que les panaches radioactifs restent présents sur la France pendant 1 semaine et sans que leur activité diminue.

Conclusion : une personne (adulte ou enfant) qui respirerait l’air contaminé 7 jours durant, recevrait une dose de rayonnement inférieure à 1 μSv, soit un niveau de dose négligeable ;

En prenant une marge de sécurité par rapport à l’évaluation de l’IRSN (soit 10 mBq/m3 en césium 137 au lieu de 1 mBq/m3), les doses s’élèvent à 2 μSv pour l’adulte et à 8 μSv pour l’enfant.

· le risque d’irradiation des personnes par les produits radioactifs déposés sur les sols sera totalement négligeable, n’induisant aucune augmentation mesurable du bruit de fond ambiant (là encore ceci pourra être facilement vérifié par des mesures radiamétriques) ;

· le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés.

En conclusion, le passage des masses d’air contaminé sur la France (et sur la Suisse note cvs) ne doit donc pas générer d’inquiétude. Cependant, compte tenu du manque crucial de données, la CRIIRAD est contrainte de laisser certaines affirmations au conditionnel. Ceci devrait pouvoir être corrigé très rapidement.

Son laboratoire a procédé, dès aujourd’hui, sur plusieurs de ses balises à des prélèvements de filtres à poussières et de filtres à charbon actif afin de vérifier que l’air que l’air que nous respirons n’est pas encore contaminé. Les premiers résultats, qui concernent la balise implantée à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, confirment l’absence de contamination mesurable : pas de césium 137 dans le filtre aérosols, ni d’iode 131 dans la cartouche à charbon actif.

Ces contrôles seront intensifiés dans les jours à venir de façon à confirmer aussi rapidement que possible (et le cas échéant à corriger) les informations rassurantes données ci-dessus.

NOTES

1 Il s’agit de l’exposition des personnes aux rayonnements émis par les produits radioactifs présents dans les panaches et qui se désintègrent. Un peu comme on peut être exposé aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil. Il n’y a pas d’incorporation de produits radioactifs ;

2 Sous réserve cependant que les radionucléides significatifs sur le plan dosimétrique, mais qui n’ont pas fait l’objet de mesures, restent dans les rapports attendus. Il s’agit notamment des isotopes du strontium et du plutonium.

3 En revanche, le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier s’il n’est pas carencé en iode (la thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme). Rappelons également que lorsque la thyroïde est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif.

Si les conditions météorologiques le permettent, seront également effectuées des analyses d’eau de pluie qui renseigneront sur l’ordre de grandeur des dépôts au sol. Dans tous les cas, il sera procédé à des mesures des dépôts secs afin de vérifier le niveau de risque pour la chaîne alimentaire.

Rappelons que la contamination des aliments type lait, fromage, viande ne s’effectue qu’avec un certain délai : la CRIIRAD disposera d’ici là de données chiffrées et tous les résultats seront rendus publics (envoyés à ses adhérents et partenaires et mis en ligne sur son site Internet).

 

14/03/2011

Chapeau Madame Leuthard, c'est un bon début !

Mme Leuthard suspend les procédures concernant les nouvelles centrales nucléaires. Chapeau !!!

Vous trouverez plus loin le communiqué officiel,

Espérons que maintenant nos autorités arrivent à la conclusion que la sécurité absolue n'existe pas, que personne ne peut garantir qu'aucun imprévu, d'origine naturelle ou humaine, ne provoque un accident majeur dans une de nos centrales.
Il faut tout faire pour améliorer la sécurité des centrales existantes et surtout ne pas en construire de nouvelles!
Aujourd'hui nous savons et pouvons faire mieux. Investir ces dizaines de milliards dans les renouvelables et l'efficacité énergétique. On aura plus d'énergie à disposition, plus de places de travail de qualité en Suisse, sans les risques du nucléaire. Risques pour nous, mais aussi pour nos enfants, nos petits enfants et les générations futures, tant il est vrai que si nous autorisons aujourd'hui la construction de centrales nucléaires, elles seront encore en fonction, sauf accident, à la fin du siècle. Et les déchets menaceront la biosphère pour des millénaires!
Et si certains partis et certains politiciens, renforcés dans leurs convictions pronucléaires par de juteuses places dans des conseils d'administrations ou par des versements aux caisses des partis, continuent à prôner la construction de centrales nucléaires en Suisse, nous espérons que les citoyen-nes sachent dire NON dans les urnes!

 

 

Berne, 14.03.2011 - Lundi matin, à l’issue d’une réunion avec des représentants de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), la conseillère fédérale Doris Leuthard a décidé de suspendre les procédures en cours concernant les demandes d'autorisation générale pour les centrales nucléaires de remplacement. L’IFSN a été chargée d’anticiper le réexamen de la sécurité des centrales nucléaires existantes. Un tel réexamen est déjà en cours à la centrale de Mühleberg. Doris Leuthard: « La sécurité a la priorité absolue. »

La cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) reçoit régulièrement des informations des services compétents sur l’évolution au Japon et tient le Conseil fédéral au courant de la situation. La conseillère fédérale Doris Leuthard a reçu aujourd’hui le directeur de l’OFEN Walter Steinmann et le directeur de l’IFSN Hans Wanner, ainsi que d’autres représentants des autorités compétentes. Suite aux derniers développements et aux discussions internes, elle a décidé de suspendre les procédures concernant les trois demandes d'autorisation générale pour les centrales nucléaires de remplacement jusqu’à ce que les normes de sécurité aient été soigneusement réexaminées et, si nécessaire, adaptées.

La conseillère fédérale Doris Leuthard a chargé l’IFSN d’analyser les causes exactes de l’accident survenu au Japon et d’en tirer les conclusions s’agissant de l’élaboration éventuelle de nouvelles normes plus strictes, notamment en matière de sécurité sismique et de refroidissement. Les conclusions de ces examens  devront être prises en compte dans l’évaluation de la situation  pour les centrales existantes ainsi que pour les nouvelles centrales prévues. Les demandes d'autorisation générale pour le remplacement des centrales nucléaires existantes ne pourront être évaluées qu’à la lumière de ces conclusions. Pour la cheffe du DETEC, la « sécurité et le bien-être de la population ont la priorité absolue ».

Les experts de la Confédération sont en contact permanent avec des experts au niveau international, notamment avec ceux de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), de l’OCDE et de l’UE. La conseillère fédérale Doris Leuthard est tenue en permanence au courant de l’évolution au Japon. Elle a chargé l’IFSN de fournir à la population des informations régulières. Selon la dernière évaluation de la situation de l'IFSN, il n'existe toujours aucun danger immédiat pour la population suisse.

 

13/02/2011

Le NON au nucléaire progresse

49% de NON à une centrale nucléaire à Mühleberg, alors qu'en 2003 seulement 32,5% des Bernois avaient clairement fait le choix de "Sortir du nucléaire »!
Près de 80% de NON à un dépôt de déchets au Wellenberg, 4 citoyen-nes sur 5!, alors qu'en 2002 seulement 57,53 des Nidwaldiens avaient dit NON!
Ces résultats, consultatifs, montrent une prise de conscience croissante de la part des suisses-ses : l'avenir appartient aux renouvelables et à l'efficacité énergétique.
Dommage que le lobby nucléaire ait eu les moyens de faire valoir qu'avec Muhleberg II 1300 emplois seraient crées, alors que les partisans des renouvelables et de l'efficacité énergétique, fautes de moyens, n'ont pas pu faire savoir à tous:
que ces dernières années rien que les 5 entreprises bernoises les plus actives dans le solaire ont créé 1300 emplois,
que les renouvelables et l'efficacité énergétique, non seulement peuvent fournir toute l'électricité dont nous avons besoin, mais créeraient nettement plus d'emplois de qualité ! Et cela sans les déchets radioactifs, que personne ne veut, et sans les atteintes à l'environnement et à la santé inhérentes au nucléaire.
Du travail d'information en perspective avant les votes du 15 mai dans les cantons de Vaud et du Jura, puis avant le vote décisif de 2013.

11/02/2011

Ahmadinejad après Moubarak ?

Moubarak a démissionné. En 30 ans de pouvoir, il a accumulé une fortune de plus de 35 milliards de dollars en spoliant son peuple. Inacceptable.

A Dakar aussi joie et soulagement. La transition se fera de façon pacifique. Reste à espérer qu'il s'agira d'une transition vers la démocratie et que d'autres dictateurs tombent aussi.

Les chefs de file de l’opposition iranienne ont demandé l’autorisation d’organiser le 14 février une manifestation de soutien aux peuples tunisien et égyptien. Cette demande sera-t-elle acceptée par Mahmoud Ahmadinejad? Courra-t-il le risque de voir les Iraniens se lever à nouveau pour réclamer la démocratie?

De Dakar, Forum Social Mondial

Toute personne habituée aux standards d'organisation et de ponctualité helvétiques, qui participe pour la première fois à un Forum Social Mondial (FSM) est probablement un peu surprise. S'agit-il d'organisation désordonnée? De désordre organisé?
Puis elle apprend que le président « néolibéral » du Sénégal Wade, et les responsables du campus universitaire où le Forum a lieu, n'ont pas vraiment facilité son déroulement. Imaginez à quel point il est difficile de permettre à 70'000 participants de travailler de façon efficace...
En tout cas, chaque jour, il y a eu moyen de participer à des ateliers passionnants: Une chose c'est lire des rapports, étudier des dossiers... une autre échanger avec des personnes directement concernées par les problèmes!
Les jours qui ont précédé le FSM, les 60 membres de la délégation suisse, (parlementaires Verts, PS et PDC, responsables d'ONG, syndicalistes et journalistes) ont eu la chance de visiter en petits groupes plusieurs réalisations des ONG suisses. Important pour le travail des parlementaires, qui doivent décider de l'attribution de budgets pour l'aide au développement.
Les échos des Sénégalais-es concerné-es était très positif. Depuis des années, des Suisses les aident à s'organiser, à se prendre en charge, à agir sur les causes de leurs problèmes. Plus particulièrement dans deux domaines: Accaparement des terres et pillage des mers
Il nous est clairement apparu que parallèlement à l'action locale, des interventions dans les pays du nord, y compris en Suisse, sont indispensables. Par exemple, pour définir la co-responsabilité des sociétés mères, domiciliées notamment en Suisse, pour les agissements des leurs filiales dans les pays du Sud ou encore pour freiner les placements spéculatifs de capitaux suisses, ou transitant en Suisse, dans l'achat de terres au sud...
Les échanges et ateliers qui se sont déroulés pendant le forum ont permis de définir des actions nécessaires. Le slogan du FSM était: une autre Terre est possible. Dans les domaines de l'accaparement des terres et du pillage des mers on peut vraiment dire: des changements rapides sont indispensables!
Je donnerai la priorité, dans mes prochains billets de Dakar, à ces deux objets, vitaux pour des centaines de millions de personnes et liés à l'action suisse au Sénégal, même si j'ai aussi eu l'occasion ici d'apprendre et d'échanger dans les domaines de l'énergie et de l'éducation.

21/01/2011

Il y a 41 ans à Lucens, fin de la filière nucléaire helvétique

Il y a 41 ans, jour pour jour, un accident se produisait dans la centrale nucléaire expérimentale de Lucens, la mettant définitivement hors service. 100 millions s'évaporaient en quelques minutes. Le rêve d'une filière nucléaire helvétique indépendante prenait fin.

Heureusement qu'il s'agissait d'une petite centrale, pas plus puissante qu'une grande éolienne, et qu'elle était enfouie sous terre, de façon à limiter les risques.

Il n'y a pas eu de fuites radioactives importantes.

Aujourd'hui une partie des tunnels reste radioactive et bétonnée, une partie sert, depuis 1997, de dépôt de biens culturels cantonaux.

Pour la petite histoire, certains auraient voulu construire cette centrale sous l'école polytechnique à Zurich, mais le site broyard avait été préféré.

Dommage, car on peut parier que si cet accident avait eu lieu sous la capitale économique de la Suisse, on n'aurait pas construit de centrales nucléaires dans notre pays et on n'aurait pas pris de retard dans le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.