12/02/2010

Un avocat pour les animaux maltraités?

avan.jpgLa Suisse dispose d'une bonne loi pour la protection des animaux.
Mais alors pourquoi l'initiative « Contre les mauvais traitements envers les animaux et pour une meilleure protection juridique de ces derniers (Initiative pour l'institution d'un avocat de la protection des animaux) » est-elle soumise au vote?
La réponse est simple: il ne suffit pas d'avoir une bonne loi, il faut aussi se donner les moyens de la faire appliquer.
Actuellement ce n'est pas le cas partout : dans de très nombreux cantons, des actes inadmissibles de cruauté envers les animaux ne sont pratiquement pas punis.
Pourtant les mauvais traitements et les actes cruels envers des animaux sont inacceptables. S'en rendre coupable n'est pas une attitude digne, humaine, et doit être sanctionné.
Emmanuel Kant, qui était pourtant opposé à l’idée de droits des animaux, disait déjà en 1785 dans sa « Métaphysique des mœurs » : « Relativement à cette partie des créatures qui est vivante, quoique dépourvue de raison, traiter les animaux avec violence ainsi que cruauté est intérieurement plus opposé au devoir de l’homme envers lui-même, parce que l’on émousse en l’homme ainsi le sentiment de sympathie qui concerne leurs souffrances et qu’une disposition naturelle très favorable à la moralité dans les rapports aux autres hommes est affaiblie et peu à peu anéantie ».
Hier, comme aujourd'hui, de la cruauté envers les animaux, on glisse facilement à la cruauté envers les enfants, les femmes et les hommes!
Pour éluder la nécessité d'une défense efficace des animaux, les opposants racontent n'importe quoi au sujet de l'initiative. N'a-t-on pas lu un juge déclarer « Quand on aura écrasé une fourmilière et que j'aurai 64 cadavres sur les bras, je me sentirai surqualifié.»(LE MATIN 8.029), alors que la loi s'applique uniquement aux vertébrés élevés, produits, détenus, commercialisés, transportés, soumis à des expérimentations médicales ou abattus par l’homme!
On comprend par contre que des citoyen-nes s'interrogent au sujet du coût d'application de cette initiative. Regardons ce qui se passe à Zurich, où un avocat des animaux est en fonction depuis 1992.
L'avocat de la protection des animaux a coûté 8 centimes par habitant et par an: 80'000 francs à comparer aux 100 millions dépensés chaque année pour la justice pénale. Et les petits Cantons pourront recourir aux services d'un même spécialiste.
Tout comme la nature, les animaux n’ont pas les moyens de se défendre par eux mêmes lorsque les dispositions qui les protègent sont piétinées. Pour assurer l'application de la loi sur la protection de la nature, on a prévu un droit de recours des associations. Un avocat des animaux jouerait un rôle comparable, permettant une application plus sérieuse et plus uniforme sur le terrain de la loi sur la protection des animaux.
N'hésitons donc pas à voter OUI à l'initiative « Contre les mauvais traitements envers les animaux et pour une meilleure protection juridique de ces derniers (Initiative pour l'institution d'un avocat de la protection des animaux) »

Le texte de l'initiative:
La Constitution est modifiée comme suit à l'art 80.al. 4 et 5
Al. 4 La Confédération édicte des dispositions sur la protection des animaux en tant qu’êtres vivants doués de sensations.
Al. 5 En cas de procédures pénales motivées par des mauvais traitements envers des animaux ou pour d’autres violations de la législation sur la protection des animaux, un avocat de la protection des animaux défendra les intérêts des animaux maltraités. Plusieurs Cantons peuvent désigner un avocat de la protection des animaux commun.

10/07/2009

Dissémination d'OGM à Pully

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Je passe régulièrement devant les parcelles ensemencées de blés OGM à Pully et ai pu constater que les mesures prises pour empêcher une dissémination par les oiseaux sont insuffisantes.
Des centaines de passereaux picorent gaiement le blé.
Les filets simplement posés sur les céréales, servent même de perchoir pour mieux atteindre les épis...
Quant aux gardiens, ils se montrent plus empressés à relever les numéros de plaques des voitures stationnant à proximité qu'à chasser les oiseaux.
Jeudi 9 juillet, en fin de matinée, quelques perches ont été posées pour soulever une partie des filets, mais est-ce suffisant?
Les expérimentateurs feraient-ils preuve d'amateurisme dans la mise en place des mesures de protection?

On peut se demander si le but principal de ces essais n'est pas d'habituer la population à la présence d'OGM et de provoquer des disséminations. Une fois nos champs contaminés, les multinationales prétendront qu'il est inutile d'interdire la culture d'OGM en Suisse!

Les chercheurs ne devraient pas oublier que si l'on a autorisé la recherche sur les OGM pendant le moratoire, c'est avant tout pour connaître les effets des OGM sur la santé humaine. En effet les multinationales qui en font commerce n'ont aucun intérêt à entreprendre de telles études. Mais à Pully on ignore délibérément cette problématique essentielle.
Pour étudier la dissémination, sans nous faire courir des risques inutiles, les chercheurs pourraient se rendre dans des pays où les OGM sont cultivés librement. Et récolter échantillons et plaintes des agriculteurs dont les champs sont contaminés.