18/02/2014

Terroristes, pirates du ciel : chez nous, respectez les heures de bureau svp !

Voilà le credo de notre ministre défaillant de la défense !

Il demande des avions de combat supplémentaires, 22 Gripen, mais il ne dégage pas les moyens nécessaires pour assurer la police du ciel 24 heures sur 24. Pourtant l'armée dispose annuellement au bas mot de 4,3 milliards de francs.

Nos avions de combat volent de 8h à midi et de 13h30 à 17h. Punkt Schluss ! En dehors de ces heures il n'y a même pas un service de piquet. Et ce n'est pas faute d'avions : nous disposons de 32 excellents F/A-18 et de 54 Tiger, mais il manque du personnel au sol et des pilotes, disponibles en dehors des heures de bureau. Heureusement que la collaboration avec les pays voisins est bonne !

Il faudrait que M. Maurer et ses colonels réalisent que la guerre froide est finie, qu'après l'éclatement de l'URSS les dangers ont changé : terrorisme, espionnage, cyberguerre... et qu'ils répartissent autrement les moyens considérables dont notre armée dispose.

 

27/08/2013

Faudra-t-il un référendum pour bloquer l’achat du Gripen ?

La Commission de sécurité du Conseil national s'obstine à recommander l'achat de 22 avions de combat Gripen. Il faudra lancer un référendum si le Parlement décide aussi de dépenser ces prochaines années plus de 9 milliards pour ces avions de combat superflus.

La Suisse n’a pas besoin de nouveaux avions de combat, les 33 FA-18 suffisent amplement à assurer la police de l'air
Le «Rapport sur la politique de sécurité 2010» du Conseil fédéral ne recommandait pas l'achat de nouveaux avions de combat pendant cette législature. Le rapport 2013 du Service de renseignement de la Confédération SRC confirme que les risques de guerre classique en Europe restent faibles et qu'on peut s'attendre à une période de préalerte d'environ 10 ans en cas de nouvelle menace. L'achat, voté aujourd'hui (mardi 27 août) par la Commission de sécurité du Conseil national CSS-N, est donc injustifié et incompréhensible.

Des milliards manqueront pour des investissements indispensables
Espérons que le peuple suisse ne voudra pas engager plus de 9 milliards pour 22 Gripen (3,126 milliards pour l'achat, plus du triple de cette somme en comptant leur exploitation et leur maintien à niveau)au détriment des urgences en matière de logement, d’énergie, de formation, d'innovation, de transports ; au détriment aussi de mesures plus urgentes pour réduire les risques militaires : protection contre les cyber-risques, lutte contre le terrorisme et protection des installations sensibles, aide au développement et politique de la paix.

Les Verts ont décidé de lancer le référendum



Les Verts suisses vont lancer un référendum si les chambres fédérales décident l’achat de


nouveaux avions de combat.

Suite du feuilleton avec les votes du Parlement en septembre...

 

11/03/2011

Alerte nucléaire au Japon

Terrifiantes les images prises lors du tremblement de terre qui a frappé le Japon.
http://www.youtube.com/watch?v=MJpm52eeKOw&feature=player_embedded

Compassion envers les populations touchées.
Admiration face aux mesures de prévention prises, qui ont pu limiter les conséquences du séïsme...

Puis une question: que se passe-t-il avec les centrales nucléaires?

On voit sur le web qu'actuellement au Japon, 2 centrales nucléaires sont en situation d'urgence et que l'usine de retraitement de Rokkasho fonctionne sur des générateurs de secours.

  • La centrale de Fukushima-1 connaît un problème d'ordre mécanique du système de refroidissement du coeur du réacteur, nécessitant l'évacuation de près de 2000 personnes habitant dans les environs. Les autorités ont renforcé l'état d'urgence nucléaire, et les médias japonais font état d'une fuite radioactive.
  • Le processus de refroidissement du coeur du réacteur de la centrale d'Onagawa ne se déroule pas non plus normalement.

11 réacteurs nucléaires ont été arrêtés en urgence pendant le séisme et l'on ignore s'ils sont refroidis correctement, ce qui est essentiel pour éviter un accident majeur.

On ne sait pas non plus si les 5 centrales près des côtes n'ont pas été atteintes par le tsunami.

Mais, même si le pire a été évité, ce séisme dévastateur nous rappelle que le nucléaire est un colosse aux pieds d'argile.
Et les tremblements de terre n'arrivent pas qu'en extrême-orient. Les centrales nucléaires suisses sont aussi exposées. En 2002, le rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie atomique révélait, entre autres, que la centrale nucléaire de Mühleberg ne résisterait pas à une secousse sismique.

Nos centrales nucléaires ont-elles comblé depuis les lacunes qu'elles présentaient?

 

22/03/2008

CFF Cargo sur de meilleurs rails ?

La colère des employés de CFF Cargo appelés à faire les frais de choix stratégiques discutables, la mobilisation des milieux syndicaux et politiques et du Tessin tout entier a été entendue. Et c’est une bonne chose.
Restent les problèmes à régler.
Ces 3 dernières années, la quantité de marchandises transportées par CFF Cargo a fortement augmenté, du tiers ! Les pertes aussi ! On peut se demander si cela est dû à des prix de dumping pratiqués dans les transports internationaux pour gagner des parts du marché, ou à d’autres causes structurelles. Les prix qui permettraient à CFF Cargo d’être dans les chiffres noirs sont-ils praticables sur cet axe nord-sud où la concurrence est très forte?
Les informations qui ont été données au Parlement à ce sujet ne permettent pas de répondre à la question. On peut même se demander si la direction de CFF Cargo connait la réponse, vu l’absence d’une comptabilité analytique valable.
Une chose est certaine : la décision de démanteler un centre de compétence au Tessin est absurde, ne tenant compte ni du transfert de marchandises de la route vers rail dès l’ouverture du tunnel du Gothard, ni de l’indispensable politique régionale. La fermeture des « officine FFS » gaspillerait le capital humain que représentent ces centaines d’ouvriers et de cadres et bouleverserait leurs vies. Inacceptable !
On peut donc se réjouir de la décision du Conseil fédéral de suspendre ce plan calamiteux.
Que la table ronde proposée trouve les collaborations nécessaires pour développer le transfert du trafic de la route vers le rail sur cet axe nord-sud et valoriser les compétences des différents partenaires!
(Berne mercredi 19 mars 2008)

30/01/2008

Un projet de loi qui maintient à la charge des collectivités la majeur partie du coût d'assurance du nucléaire

Refuser d'entendre des vérités qui dérangent, taire les risques, se voiler la face :
triste attitude du Conseil fédéral dans le dossier de l'assurance RC des centrales nucléaires


Le Conseil fédéral et la Commission du Conseil national de l'Environnement de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE-N) refusent non seulement d'assurer pleinement les risques que le nucléaire nous fait courir, mais même de connaître l'ampleur de ces risques. Ils essayent de cacher la situation réelle aux citoyens.
En refusant de voir la réalité en face, et en maintenant des conditions de faveur pour l'assurance RC des centrales nucléaire, ils faussent la concurrence entre nucléaire et énergies renouvelables.

En reprenant le montant minimum prévus par la convention européenne, les autorités fédérales ne tiennent pas compte des études de l'Office fédéral de la protection civile, montrant qu'un accident nucléaire majeur provoquerait en Suisse morts, déplacés, souffrances et des dommages directs et indirects qui dépasseraient les 4000 milliards de francs!
Vu la densité de la population et des infrastructures, les dégâts potentiels diffèrent d'un pays à l'autre. La fixation des montants à assurer ne doit pas être minimaliste, mais tenir compte des dommages possibles et des réparations à verser en cas d'accident.
Fixer le montant à assurer à 1,8 milliards de francs pour exaucer les voeux du lobby nucléaire, revient, toutes proportions gardées, à accepter qu'un véhicule roule avec une assurance RC limitée à 1000 francs, pour tenir compte des souhaits de la branche automobile et pour baisser artificiellement le montant des primes...
La loi sur la responsabilité civile en matière nucléaire devrait prévoir l'obligation de contracter des assurances couvrant la totalité des dommages pouvant être provoqués par un accident nucléaire majeur.
Fixer des primes réduites de manière arbitraire pour le nucléaire, laisse la population sans couverture en cas d'accident, fausse la concurrence et nuit au développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

13/11/2007

Nouveaux défis

Les Vaudois ont choisi Géraldine Savary et Luc Recordon pour les représenter au Conseil des Etats, deux candidats qui s’engagent pour la protection de l’environnement et pour la qualité de Vie de chacun.
Les deux affirment clairement leur volonté d’affronter les problèmes sociaux, économiques et environnementaux qui s’annoncent en cherchant le bien commun.
Je leur souhaite bon travail à la Chambre haute !

Du coup j’aurai l’honneur et le plaisir de représenter notre Canton au Conseil National.
Sachant que l’humour au second degré n’est pas toujours compris, je ne répèterai pas ce que j’ai dit à un journaliste de 24Heures, que mon premier souci c’est de savoir dans quel hôtel je vais loger pendant les sessions…
En réalité, ce qui me préoccupe, c’est de réussir ces prochaines années à contribuer, comme au grand Conseil pendant la dernière législature, à trouver des solutions novatrices, dépassant les clivages traditionnels gauche-droite, dans les domaines environnementaux, sociaux et économiques importants pour notre Pays qui me tiennent à coeur.


N’hésitez pas à m’adresser critiques et suggestions sur ce blog.

26/10/2007

Merci… Et n’oubliez pas le 2e tour !

Un grand merci aux citoyennes et citoyens qui, en élisant les Verts Luc Recordon, Adèle Thorens et Daniel Brélaz, ont voté en faveur de l’environnement et de la cohésion sociale.
Grâce à vous, les Verts sont proportionnellement le parti qui progresse le plus au Conseil National : 50% d’élus en plus tant au niveau suisse (21 sièges au lieu de 14) que vaudois (3 sièges au lieu de 2)!
Il s’agit maintenant d’élire Luc Recordon et Géraldine Savary au Conseil des Etats.
Après le premier tour, les Verts et la gauche y sont encore fortement sous-représentés: qu’un élu sur 5, alors que plus du tiers des Suisses votent pour eux.
Vous avez l’occasion de rétablir un certain équilibre, mais surtout vous pouvez envoyer à la Chambre haute deux personnalités de confiance:
Luc Recordon et Géraldine Savary.
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Pendant la précédente législature, ils ont montré leur compétence et leur sens du dialogue.
Les associations environnementales attestent qu’ils ont régulièrement pris parti en faveur du climat, pour la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Et tout le monde reconnaît leurs efforts pour améliorer la qualité de vie de chacun et le climat social.
Notez aussi qu’avec l’élection de Luc Recordon au Conseil des Etats, j’entrerais au Conseil National et Alessandra Silauri au Grand Conseil…

Puis-je compter sur vous pour voter et faire voter Luc Recordon et Géraldine Savary d’ici le 11 novembre?

Salutations cordiales.

Christian van Singer député, candidat au conseil National

christian.vansinger@verts-vd.ch
www.vansinger.ch 

Grenelle = "Enfumage"

Les Verts français ont manifesté leur déception devant les résultats du Grenelle de l’environnement, y voyant surtout de belles paroles creuses, au risque de paraître dénigrer une initiative dont ils ne pouvaient que soutenir le principe.
“Dans le discours, c’est une victoire de l’écologie, mais c’est une victoire amère”, a noté la secrétaire nationale Cécile Duflot, résumant la contradiction. Pour elle, “on achète les mots, les idées, les formules, et on les vide de tout contenu”.

Noël Mamère, député-maire de Bègles (Gironde), a été plus virulent, dénonçant une “opération de diversion et d’enfumage” de la part du président de la République, qui “montre son vrai visage, celui de la duplicité”.
Qualifiant les mesures annoncées de “cosmétiques”, il a fustigé “une grande victoire des lobbies contre l’intérêt général”.

Relisons donc les belles promesses de Sarkosy plus attentivement :

  • Sur les OGM, il annonce un moratoire, mais rajoute, "en attendant une mission d’expertise".
  • Sur la réduction de 50% des pesticides, il ajoute "si possible dans dix ans".
  • Sur l’arrêt des projets de nouveaux incinérateurs, c’est encore plus frappant : il ajoute : "à moins qu’ils ne soient envisagés en ultime recours".
  • Sur la transparence de l'information sur le nucléaire, il glisse, discrètement, "hors secret industriel ou sûreté nationale".
  • Sur les centrales nucléaires Sarkozy a annoncé un "gel" du nombre de sites nucléaires. Il s'agit là d'une annonce aussi ridicule que provocatrice. En effet, la France a déjà plusieurs centaines de sites nucléaires répartis sur tout le territoire et, de plus, les projets de nouvelles installations sont tous sur des sites déjà existants :
- le réacteur EPR est prévu sur le site de le centrale nucléaire de Flamanville (Manche)
- le réacteur à fusion nucléaire ITER est prévu dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- l'usine GB2 d'enrichissement de l'uranium est en construction sur le site nucléaire de Pierrelatte (Drôme)
- le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) a déjà été créé.
  • L'annonce du "gel" du nombre de sites nucléaires, est donc une plaisanterie, un simple subterfuge.
On le voit : Sarkozy excelle dans les effets d’annonce, il maîtrise toutes les ficelles du discours, il use et abuse de toutes les "ruses" orales pour noyer le poisson : finalement, beaucoup de plans, de mesures temporaires, mais rien de concret. Paroles, paroles, paroles.

 

11/10/2007

50 ans déjà ! Deux anniversaires passés inaperçus

Tchernobyl fût-elle la première et unique catastrophe nucléaire? Sûrement pas.
Il y a 50 ans, le 29 septembre 1957, quelques 2 millions de curies de divers radioéléments (principalement du strontium 90 et du césium 137) se volatilisent dans l’atmosphère et 18 millions retombent à proximité du site de Tcheliabinsk dans l’Oural, à la suite d’une explosion de déchets entreposés sans suffisamment de précautions autour d’une usine produisant du plutonium militaire. Une région verdoyante et boisée de 1000 Km2 près de Kychtym est contaminée, une zone d’au moins 250 km2 transformée en cimetière. Une trentaine de villages sont rayés de la carte et des dizaines de milliers de paysans évacués à la hâte. Quant aux morts estimés au moins à plusieurs centaines, seuls les militaires soviétiques disposent de données précises...
Vous voulez en savoir plus ? Lisez l’excellent article paru dans le Monde le 26.9.1990 sur :

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tcheliabinsk...
ou encore, ci-dessous, un extrait de " La gueule ouverte - Combat non violent " n°196 du 9.2.1978.

Sellafield3

Quelques jours plus tard, le 10 octobre 1957, c’est en Angleterre, sur le site de Windscale, rebaptisé depuis Sellafield, qu’on frôla la catastrophe et que l’accident ne fût maîtrisé qu’en relâchant dans l’atmosphère un important nuage radioactif. Malgré la destruction à titre préventif de grandes quantités de lait et de légumes contaminés, cet accident causa la mort de dizaines de personnes.

Pour en savoir plus consultez :
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/atome_et_haz...

P.s. Il ne faut pas croire qu’il n’y a pas eu de graves accidents nucléaires ces dernières années. C’est par exemple en Suède à Forsmark, le 26 juillet 2006, qu’on est encore une fois passé très près de la catastrophe nucléaire.
Lisez à ce sujet :
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8901


Extrait de " La gueule ouverte - Combat non violent " n°196 du 9 février 1978 :

" [...]
LORSQUE Jaurès Medvedev décrivit « Deux décades de dissidence » en URSS dans un premier article pour le journal Anglais New Scientist, il mentionna au passage deux « accidents » de la technologie ou de la politique russe en matière de recherche. Le premier concernait la mort de dizaines de personnes - dont le chef de centre - autour d’une fusée de lancement d’un satellite vers la lune qu’on avait voulu envoyer coûte que coûte en l’air (malgré un incident technique constaté) pour coïncider avec l’arrivée de Kroutchev à l’ONU à New York en octobre 1960 et rehausser son prestige. Le deuxième concernait l’accident nucléaire survenu fin 1957 [...] à Kyshtym, une ville de l’Oural entre Chelyabinsk et Serdlovsk. Il s’agissait, disait-il, de l’explosion - semblable à l’éruption d’un volcan - d’un dépôt souterrain de déchets radioactifs aménagé auprès des premiers réacteurs militaires installés là. Les déchets ainsi projetés, emportés par le vent, avaient - disait-il - recouvert plus d’un millier de km2 de terres arables, de bois, de lacs, de villages et de petites villes.
Exilé en Angleterre depuis 1972 seulement, Medvedev ne savait pas que cette catastrophe vieille de 20 ans était inconnue en Occident et fut tout étonné de l’intérêt suscité par ses révélations.
Nous verrons plus loin que ce désastre n’était pas inconnu de tout le monde, mais il resta « secret militaire » car il est des choses désagréables de la vie dont il vaut mieux préserver les enfants tant à l’Est qu’à l’Ouest. A l’Est car l’État - comme ici Sa Sainteté notre Pape - inspiré de Marx et de Son prophète Lénine, est infaillible ; et à l’Ouest parce que les gouvernements avaient déjà suffisamment d’emmerdements comme cela avec leurs propres antinucléaires.
Décidément, c’est pas étonnant que Medvedev se soit fait virer d’URSS : un empêcheur de désintégrer en rond on vous dit. C’est en tout cas ce que pensa et dit Sir John Hill, le Directeur de I’UKAEA (le Commissariat à l’Énergie Atomique Anglais), pour qui ces révélations de Medvedev étaient « de la science-fiction », des « bêtises » ou même peut être « un produit d’imagination » : Medvedev est un biochimiste de réputation mondiale - c’est d’ailleurs pour cela qu’il a pu quitter vivant l’URSS - et les propos injurieux, sans l’ombre de preuve scientifique, de J. Hill à son égard ne pouvaient que briser sa carrière en Occident. On remarquera en passant le parallèle entre les méthodes d’un Lyssenko en Russie et celles de Sir John Hill. Mais déjà l’accident de Windscale au nord de l’Angleterre en 1957 qui avait envoyé un nuage radioactif au dessus de Londres et jusqu’au Danemark, avait causé suffisamment de souci à I’UKAEA. S’il s’avérait que ces installations nucléaires foutaient le bordel un peu partout même là où la rentabilité n’est pas un critère contre la sécurité - il n’y aurait bientôt plus assez de tranquillisants et de flics pour calmer les sujets de Sa Majesté. D’où les réactions spontanées et scientifiques de Sir John Hill et de quelques autres savants aux ordres.
Le même coup se reproduira d’ailleurs contre les premiers scientifiques indépendants (allemands, australiens et anglais) qui révélèrent les dangers de la Thalidomide. Heureusement Sir John Hill est un gros bras, et qui plus est, un spécialiste atomiste, un coup sur la tête de ce misérable exile biochimiste - donc pas nucléo-compétent - et le tour sera joué. Mais un mec chiant c’est un mec chiant, et Medvedev décida, seul, à 5 000 km du lieu de l’accident, de prouver ce qu’il avançait. De toutes façons, il n’avait pas le choix, sa réputation était en jeu.
Un biochimiste, ça étudie quoi ? En gros la chimie du vivant : plantes, bêtes ou hommes. En particulier, depuis qu’il y a des molécules dites « marquées » (avec des éléments radioactifs), on peut étudier la circulation des différents éléments chimiques dans les tissus vivants. Futé comme Sherlock Holmes, Medvedev se dit « Si une telle étendue a été contaminée, c’est pas possible que les chercheurs russes n’en profitent pas pour étudier les effets de la radioactivité sur la faune et la flore. D’accord, le KGB veille, mais plusieurs dizaines de chercheurs poussant au cul pour faire publier leurs travaux - et se faire apprécier - ça doit sortir un jour ou l’autre, plus ou moins camouflé, mais ça doit sortir
».
Qui est plus, voilà qu’un autre savant russe, le Pr. Léon Tumerman, ancien chef du labo de biophysique à l’institut de Biologie moléculaire de Moscou, qui avait émigré en Israël en 1972, racontait la même histoire. Tumerman avait visité la région en 1960 et avait vu la zone contaminée devenue zone interdite : tous les villages avaient été rasés pour empêcher le retour des habitants et des panneaux interdisaient aux automobilistes de s’arrêter sur les routes de ce secteur. Néanmoins, ce nouveau témoignage n’était quand même pas suffisant pour convaincre les fabricants occidentaux de centrales nucléaires, Sir John Hill en tête : l’accident pouvait être tout simplement « exagéré ».
Fallait quasiment un témoignage des russes eux-mêmes et c’est ce que Medvedev réussit à obtenir. En épluchant la littérature scientifique russe, il découvrit plus d’une centaine d’articles concernant les effets du strontium 90 et du césium 137 sur l’environnement, les plantes et les animaux [...]. Aucun des articles ne mentionnait le mode de contamination, habituellement ces études sont faites en milieu isolé : dans des serres ou des viviers de laboratoire, ni le lieu de l’expérience - sauf dans un seul article où le nom de Chelyabinsk était mentionné. Rien n’est parfait en ce bas monde, pas même la censure. Cependant, la diversité des sujets étudiés : les sols, les eaux, les plantes terrestres et aquatiques, plus de 200 espèces animales : insectes, oiseaux, poissons, mammifères [Rien que pour le groupe du Dr. A.I. Ilenko : 21 espèces d’oiseaux en 1967-68, des poissons à partir de juin 69, une cinquantaine d’espèces de canards entre 1970 et 72], ainsi que la nature et le taux de contamination permettaient non seulement de repérer la région avec assez de précision, mais de déterminer la date de l’accident (les articles publiés en 1968 mentionnaient une observation sur 10 années, ceux de 1969 sur 11 ans, ceux de 1971 sur 14 ans), le type de l’accident et l’étendue des dégâts.
Déjà, le premier article sur ce sujet : une étude mathématique des variations de la radioactivité au cours du temps dans deux lacs entrophiques (eau non courante) de 4,5 et 11,3 km2. publié en 1966 par F. Rosinsky, aurait dû surprendre les savants occidentaux. Peut-on imaginer la contamination volontaire de deux si grands lacs pour le simple plaisir de confirmer des calculs vaseux ? La contamination des brochets étudiés par Ilenko - certains de 12 à 15 kg, ce qui exige un lac à eau courante de 10 à 20 km2 - impliquait une radioactivité de quelques [...] millions de curies dans le lac. Comme cette radioactivité provenait notamment des eaux de ruissellement de la région environnante, on peut en déduire que celle-ci devait avoir reçu plusieurs [...] millions de curies de strontium 90 et de césium 137.
Le fait que de telles études ne portaient que sur une contamination importante par le strontium 90 et le césium 137 montrait qu’il s’agissait d’une contamination par des déchets de centrale nucléaire. Tout d’abord les soviétiques avaient une zone beaucoup plus septentrionale pour essayer leurs bombes et Kroutchev n’aurait certainement pas toléré qu’on fasse péter une bombe nucléaire dans un endroit habité pour refaire les études américaines d’Hiroshima et de Nagasaki. Il ne pouvait pas s’agir non plus de l’explosion d’une centrale nucléaire en fonctionnement parce que le taux de contamination observé pour le strontium 90 et le césium 137 aurait impliqué une contamination instantanée par d’autres noyaux radioactifs, telle que ces animaux n’auraient jamais survécu pour être étudiés 10 ou 15 ans plus tard.
Comment une telle explosion a-t-elle pu se produire ? D’après Medvedev, l’hypothèse la plus probable est la suivante. A cette époque - encore moins qu’aujourd’hui - on n’extrayait pas 100 % du plutonium des déchets radioactifs pour préparer les bombes A. Les boues résiduelles auraient été simplement jetées dans une fosse bétonnée, sans fond, de manière à ce que les déchets s’écoulent progressivement dans le sol. Malheureusement, on le sait depuis, les différents métaux percolent dans le sol et se stabilisent sur des couches différentes. Il a très bien pu se former une zone où la densité de plutonium était suffisante pour déclencher une réaction en chaîne peut-être accélérée par les eaux de pluie. Les américains auraient eu, paraît-il, un problème analogue - heureusement dans une région sèche et auraient pu recreuser à temps pour récupérer le plutonium.
En tout état de cause, il semblerait que la CIA américaine ait été au courant de quelque chose dès le début. Comme par hasard, l’avion espion U 2 de Powers, abattu par les Russes le 1er mai 1960, est tombé à quelques kilomètres de Sverdlovsk. Depuis les révélations de Medvedev, un groupe antinucléaire US derrière Ralph Nader a obligé la CIA - par la loi sur la liberté de l’information - à publier ce qu’elle savait là-dessus. Ce que la CIA a fait mais en partie seulement. Il y aurait eu, selon la CIA, deux accidents un au printemps 1958, l’autre en 60 ou 61. C’est peu comme information, et c’est peut être un accident de trop.
Y a-t-il eu des études comparables à celles sur les plantes et les animaux publiées relatives aux être humains ? Medvedev répond non. En URSS la radioprotection - comme le reste - est sous le contrôle du KGB. Cependant, deux personnes de la région, émigrées maintenant en Israël, confirment «
Plusieurs milliers de victimes encombraient les hôpitaux des alentours », une autre qui avait vécu dans la région dix ans après la catastrophe : « Devenue enceinte, on me conseilla d’avorter, ce que je fis ». [...]
Il est [aussi] prouvé qu’en 1969 au moins le CEA français était au courant de cet accident*. Non seulement il s’est bien gardé de nous en faire part, mais de plus on peut se demander si l’incrédulité affichée par Mme Vigne de l’EDF - ou même Sir John Hill de I’UKAEA - est une preuve de franche bêtise... ou d’une malhonnêteté non moins stupide.

 

08/10/2007

Tous pour la famille?

Lundi 8 octobre à 19h à la Radio suisse romande, un débat intéressant sur la famille: tous les partis affirmaient vouloir favoriser les familles. Il aurait fallu toutefois que les auditrices et auditeurs aient un décodeur pour comprendre ce que les propositions des uns et des autres impliquent.


La proposition des VERTS relayée par Antonio Hodgers était claire: un congé parental payé de 4 mois, dont au moins un pour le 2e parent, financé par l'assurance perte de gains comme au service militaire. Dans plusieurs pays nordiques ce type de mesures est très apprécié par les familles et a contribué a relancer la natalité. Proposition appuyée par la gauche, mais le PDC a affirmé que ce n'est pas encore le moment de relancer un combat... Donc pas de majorité possible pour l'instant.

Isabelle Moret, radicale vaudoise, a proposé une défiscalisation de 24'000 francs pour chaque enfant, se gardant bien de préciser que cela représentait un "cadeau" de quelques centaines de francs pour les petits revenus, mais de plusieurs milliers de francs pour les plus gros contribuables. La représentante du PDC, appuyée par les Verts et Solidarité a proposé plutôt un rabais d'impôts, ce qui est nettement plus favorable pour les petits et moyens revenus et ne revient pas plus cher. Espérons que ce ne soit pas qu'une promesse électorale et que PDC, Verts et Socialistes soient assez nombreux dans le nouveau Parlement pour concrétiser ce type de propositions, combattue par UDC, Radicaux et Libéraux.