26/03/2015

FSM2015 Tunis: Forum Parlementaire Mondial

Aujourd'hui j'ai participé aux travaux  du " Forum Parlementaire Mondial " .

Il y a eu 3 tables rondes :

- Affronter la dette, instrument de domination des peuples 

- Faire face au pouvoir et à l'impunité des entreprises transnationales, dus notamment aux accords de libre-échange 

- Agir ensemble pour la paix 

Débats riches, confrontant parfois des points de vue opposés, par exemple ceux des Saharaouis et des patriotes marocains, mais dans l'ensemble convergeant vers des propositions qui pourraient inspirer nos Parlements nationaux, pour le plus grand bien de tous.

Ci-dessous quelques considérations à partir des débats :

Si l'on considère la Suisse, trouvez-vous normal que lorsque le gouvernement grec essaie de faire payer des impôts aux transnationales, Cocacola Grèce transfère son siège en Suisse? Trouvez-vous normal que des multinationales ayant leur siège en Suisse n'exigent pas de leurs filiales à l'étranger qu'elles respectent les standards écologiques et sociaux en vigueur en Suisse? 

20150326_134936.jpg

Plus tard dans la soirée discussions à l'ambassade suisse. 

24/03/2015

FSM2015 TUNIS

Cet après-midi marche d'ouverture du Forum Social Mondial à Tunis, du centre au Bardo. Vivante et bigarrée, malheureusement sous l'orage. Demain choix entre des centaines d'ateliers...

20150324_163429.jpg

20150324_162828.jpg

20150324_162812.jpg

23/03/2015

Délégation suisse au Forum Social Mondial

Une délégation suisse de 70 personnes, parlementaires, membres d'ONG et journalistes, s'est rendue à Tunis pour le Forum Social Mondial. Aujourd'hui elle a visité quelques projets et entreprises soutenus par la Coopération suisse, touchant à la transition démocratique, le développement économique et l'aide au retour de requérant d'asile déboutés. J'ai pu apprécier l'action dans la formation professionnelle d'Elan20150323_094109.jpg, entreprise d'entraînement, et d'ENDA dans le microcrédit. On a notamment vu une boulangerie, une crèche et une ferme thérapeutique. Ce soutien est limité dans le temps et vise à appuyer la transition démocratique. En fin de journée, dialogue avec des représentants de la société civile. Demain discussion avec Chico White, cofondateur du FSM et avec Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud, puis début du FSM à proprement parler.

11/03/2015

Fukushima : 4 ans après, la catastrophe ne fait que commencer !

Le 11 mars 2011, le panache radioactif a répandu sur des centaines de kilomètres des éléments qui portent atteinte aux os et viscères et provoquent des pathologies cardio-vasculaires.

4 ans après :
Les examens de la thyroïde effectués sur les 370 000 enfants et jeunes de la préfecture de Fukushima ont permis de détecter 87 cas de cancer, alors que cette pathologie est rarissime. Certains éléments radioactifs, comme le Césium 137 ou le strontium 90, dont la radioactivité ne diminue de moitié qu'après une trentaine d’années, sont toujours présents dans les sols, les jardins, les rizières et les forêts.
20 000 "décontamineurs" continuent de remplir des sacs... Que d'efforts dérisoires : couche de terre grattée, maisons passées au karcher… Et dans les forêts, qui constituent plus des deux tiers de la province de Fukushima, on ne peut rien faire. Elles restent à l'origine d'une importante contaminations secondaire par le vent et l'eau. Les atteintes à la santé risquent de croître encore ces prochaines années.

4 ans après :
Pour ne pas devoir évacuer davantage de personnes et dans l'espoir de réhabiliter une partie du territoire évacué, les autorités ont multipliée par 20 la limite d’irradiation « acceptable » : 20 millisieverts par an au lieu de 1 !
Malgré cela plus de 120 000 déplacés n’ont toujours pas pu rentrer chez eux.
Mais, hors de la zone d’exclusion de 20 km, bien que le niveau de radioactivité ambiant reste élevé par endroits même à 100 km de la centrale, les enfants ne sont pas évacués. Condamnés à porter des dosimètres, ils doivent alors rester enfermés et ne peuvent quasiment pas jouer dehors.

 4 ans après :
La politique de désinformation du gouvernement japonais est de plus en plus inquiétante. Les intérêts de l'économie et de l'industrie prennent plus d'importance que la protection de la population. L'entrée en vigueur de la loi sur le secret en décembre 2014 met fin au secret des sources pour les journalistes et donne aux autorités la possibilité de classer « top secret » certains documents sans justifications.
La catastrophe continuera dans un silence médiatique assourdissant !

 4 ans après :
La situation n'est toujours pas maitrisée à la centrale de Fukushima. Le stockage de l'eau radioactive, utilisée pour le refroidissement des réacteurs accidentés, reste problématique.
De l’eau doit être injectée en permanence pour refroidir les réacteurs, plus de 370'000 tonnes d'eau hautement contaminée sont recueillies sur le site de la centrale dans des milliers de cuves dont l'étanchéité s'avère peu fiable, comme en attestent des fuites classées au niveau 3 de l'échelle internationale des événements nucléaires. Chaque jour, 400 nouveaux m3 supplémentaires sont pompés et stockés, mais 300 m3 d'eau contaminée partent vers la mer. De plus, personne ne sait ce qu'il est advenu du combustible des réacteurs accidentés qui a percé le fond des cuves.

4 ans après :
Plus de 6000 travailleurs se relaient en permanence sur le site des centrales accidentées, dangereusement exposés aux rayonnements. Face à la pénurie de travailleurs qualifiés et en bonne santé, l’industrie nucléaire va jusqu’à recourir aux Yakuzas, la mafia japonaise, pour recruter des SDF comme « liquidateurs ». Le système de sous-traitance en cascade, souvent lié à la pègre, rend difficile le suivi sanitaire et ces personnes devront affronter seules plus tard les conséquences sur leur santé de la radioactivité.

 4 ans après :
Seules 4 centrales nucléaires ont été remises en service
La relance des réacteurs nucléaires du Japon est bloquée par une résistance sans précédent des populations locales. Pourtant le pays n'a pas connu de pénurie massive d'électricité, ce qui démontre que le nucléaire n'est pas indispensable. Les efforts de la population pour maîtriser la consommation d'énergie ont payé. La crise énergétique annoncée par les partisans du nucléaire n'a pas eu lieu. Le Japon est devenu le 2ème marché dans le monde en ce qui concerne le photovoltaïque, derrière la Chine. Une sortie du nucléaire est possible au Japon, quoiqu'en disent le gouvernement et les milieux économiques.

 4 ans après :
L'électricité éolienne et solaire devient moins chère que le nucléaire !
Pour les nouvelles installations, on voit que :
Le nucléaire obtient en Angleterre une garantie de reprise pendant 35 ans à 12 ct€/kWh, indexés.
Le kWh éolien terrestre, coûte en moyenne entre 4 et 8 ct€
Et les installations solaires photovoltaïques les meilleurs marché ont un coût de production d’environ 10 ct€/kWh...
Remplacer le nucléaire par les nouvelles renouvelables ou l'efficacité énergétique non seulement renforce la sécurité, mais est économiquement intéressant !

 4 ans après :
En ce 11 mars 2015, je renouvelle avec tous les antinucléaires l'appel pour une sortie immédiate du nucléaire, afin de préserver les populations d'une nouvelle catastrophe, au Japon, mais aussi en Suisse et partout ailleurs.
5 centrales ont subi un accident majeur : plus qu'une pour cent. Le « risque résiduel » est loin d'être négligeable. Les faits démentent les calculs et simulations des pronucléaires sur la sûreté des centrales.
Au Japon la plupart de émissions radioactives sont parties en mer, épargnant les populations. Rien de tel en Suisse, où le plateau serait contaminé par un accident majeur. Plus de 800'000 personnes devraient être évacuées.
Nous devons réduire ce risque et arrêter nos centrales au plus tard après 45 ans d'exploitation.

09/12/2014

Arrêtons de jouer à la roulette russe avec de vieilles centrales nucléaires !

stratégie énergétique 2050,risques du nucléaire,energies renouvelablesLe Conseil national, a défini la stratégie énergétique 2050.
De nombreuses décisions clairvoyantes ont été prises, qui profiteront aussi bien à l'environne-
ment qu'à notre économie :

(BEN LeMatin)

  • Accroitre les moyens pour réaliser les 36'000 installations solaires, hydrauliques, éoliennes et de biomasse actuellement sur liste d'attente

  • Simplifier les procédures d'autorisation pour les construire

  • Encourager les électriciens, par un système de bonus-malus, à favoriser l'efficacité énergétique et à lutter contre les gaspillages

  • Investir 450 millions par an pour améliorer l'énergétique des bâtiments

  • Autoriser uniquement la vente des appareils les moins énergivores

  • Remplacer progressivement les chauffages électriques qui consomment en hiver l'équivalent de la production de Mühleberg, Beznau I et II

  • Réduire les émissions de CO2 du parc automobile

  • Interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires : les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique remplaceront les anciennes

Seuls points négatifs, mais de taille, une majorité conservatrice du Conseil national, aveuglée par la perspective de bénéfices à court terme, a refusé d'exiger une sécurité croissante des centrales nucléaires en fin de vie. Pourtant elles deviennent chaque jour plus dangereuses, les chocs thermiques et les radiations les abimant progressivement. Le Conseil national a aussi refusé de les arrêter après 45 ou 50 ans, alors qu'elles étaient conçues pour durer 30-40 ans, et qu'une planification de leur arrêt favoriserait les investissements pour produire du courant vert. Il laisse même la porte ouverte à des indemnisations pour mettre hors service ces vieilles casseroles.
Au Conseil des Etats, maintenant de corriger ces défauts qui mettent gravement en danger la sécurité et l'économie de notre pays, ou au peuple de voter OUI, le moment venu, à l'initiative « Sortir du nucléaire ».

 

11/03/2014

FUKUSHIMA : témoignage de la zone interdite mercredi 12 à Lausanne

Que se passe-t-il vraiment dans la zone interdite autour de Fukushima ? Entre 2012 et 2013 Janick Magne, enseignante de français dans une université de Tokyo s’est rendue 3 fois dans la zone pour enquêter et prendre des photos. Installée au Japon depuis 34 ans, elle n’avait rien d’une militante avant la catastrophe du 11 mars 2011. Aujourd’hui elle fait des tournées de conférences pour témoigner. Venez l’écouter, voir ses photos et lui poser vos questions à Lausanne, av. Dickens 6, ce mercredi 12 mars à 20h.

fukushima.png

09/12/2013

Accord de libre échange avec la Chine, un choix difficile

Le Parlement doit se prononcer sur l'accord de libre échange avec la Chine. Comme tous mes collègues Verts, j'estime qu'il devrait contenir des dispositions contraignantes concernant le respect des droits humains et regrette que des normes sociales et écologiques plus élevées n'y figurent pas.

 

L'on peut toutefois considérer, comme l'a dit le Dalaï Lama lors de sa visite au Parlement, qu’avec le maintien du dialogue, on obtiendra davantage de progrès. La Chine n'a-t-elle pas annoncé qu'elle fermera les camps de travail d'ici fin 2013 ?

 

Difficile dans ces conditions de refuser l'accord.

 

28/03/2013

Les juges du TF ne sont pas vendus, simplement irresponsables !

Quatre juges du Tribunal fédéral estiment, à raison, qu'en matière d'énergie nucléaire, la législation fédérale n'impose pas le risque zéro. Mais ils oublient que depuis Fukushima nous savons que le risque résiduel, soi-disant insignifiant, que les centrales nucléaires nous font courir dépasse le 1%. Cinq centrales sur moins de 500 ont eu un incident majeur. Seule la chance, des vents soufflant vers l'océan, a épargné aux Japonais de devoir évacuer les 32 millions d'habitants de la région de Tokyo. Et la Suisse n'a pas de mer à proximité, un accident nucléaire majeur rendrait plusieurs de nos grandes villes inhabitables pendant des siècles. Un risque que la Suisse ne peut se permettre de courir, n'en déplaise aux juges de Montbenon !
Ces 4 juges estiment, contrairement aux juges du Tribunal administratif fédéral, qu'il appartient à l'inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN-ENSI) de s'occuper des problèmes qui se posent, qu'il s'agisses des fissures dans le manteau du réacteur, des risques sismiques ou encore de l'absence de moyens de refroidissement adéquats. A nouveau les juges s'en tiennent à un examen formel, irresponsable en l'occurrence. Ils oublient que l'IFSN est composé majoritairement de pro-nucléaires convaincus qui, jusqu'à présent, se sont bien gardés de prendre des décisions qui pourraient nuire aux intérêts économiques des exploitants des centrales nucléaires, la sécurité des populations passant au 2e plan.
Il appartient maintenant aux autorités fédérales et cantonales bernoises de prendre les décisions qui s'imposent. Et si les politiques tergiversent, les citoyennes et citoyens pourront voter OUI à l'initiative « Sortir du nucléaire » lorsqu'elle sera soumise au vote. Mühleberg devra alors fermer au plus tard en 2017. Toujours mieux que l'autorisation d'exploiter illimitée voulue par 4 juges irresponsables du TF!

 

01/09/2012

L’hallali nucléaire

Je vous soumets un excellent article d'Olivier Cabanel faisant le point sur le nucléaire, paru sur le site Agoravox le 27 août 2012

fin_du_nucleaire-2-7c5a3.jpg

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l...


Alors que les lobbys du nucléaire tentent de faire croire à une improbable relance de leur énergie favorite, l’Europe quitte, sur la pointe des pieds, un nucléaire de plus en plus contesté et contestable.

En effet, contrairement à une idée fausse et pourtant largement répandue, l’Europe n’est pas si nucléarisée qu’on veut le faire croire.

Du Portugal, à l’Irlande, en passant par l’Italie, la Grèce, l’Autriche, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Chypre et le Danemark, ce sont déjà 147 millions d’Européens qui ont tourné définitivement la page du nucléaire.

Viennent ensuite les pays qui ont prévu d’en sortir : l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Suisse sont du nombre, ce qui représente 150 millions d’habitants.

Il ne reste donc que 204 millions d’européens à avoir encore recours « sans limites » à cette énergie dangereuse : la Grande Bretagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la France, la Slovaquie, la Tchéquie, les Pays Bas, la Slovénie, et la Finlande, sauf que dans la majorité de ces Etats, les populations y sont majoritairement hostiles.

En France d’après un sondage IFOP, ils sont 77% dans ce cas, (lien) en Bulgarie, le gouvernement, sous la pression populaire, à abandonné en mars dernier, le projet de la centrale nucléaire de Belene (lien), et il faut remonter à 1991 pour trouver encore quelques pays à promouvoir cette énergie à hauts risques.

Comme l’écrivait Jacqueline Denis-Lempereur dans les colonnes de « Science & Vie », EDF avait alors la dette la plus importante au monde pour un organisme, ou une société, puisqu’elle atteignait près de 35 milliards d’euros (lien) et début 2010, elle avait dépassé les 42 milliards d’euroslien

Sur les 27 pays que comporte l’Union Européenne, il ne reste donc plus aujourd’hui que 10 pays à imposer cette énergie dangereuse aux populations.

En Grande Bretagne, l’état, en refusant de subventionner les projets, bloque tout nouveau projet, prouvant par là que le nucléaire n’est pas rentable sans subventions.

Au Pays Bas, les néerlandais sont très inquiets au sujet de Fukushima, convaincus à 62% que la situation pourrait s’aggraver, les 2/3 de la population des Pays Bas pensant qu’une catastrophe du même type pourrait se produire dans l’un de leurs 2 réacteurs restants. lien

De la Tchéquie à la Slovaquie, en passant par la Hongrie, la Roumanie, et la Bulgarie, il ne reste plus que 16 réacteurs en fonctionnement, et ont déjà étés arrêtés.

Enfin, en Finlande, au-delà des 4 réacteurs qui fonctionnent, l’EPR peine à finir : son budget initial de 3 milliards d’euros va atteindre les 7 milliards, la date de démarrage est constamment repoussée (lien) et l’inauguration prévue pour 2009 a été repoussé au-delà de 2014.

De plus les 4 milliards d’euros de dépassement financier seront à la charge intégrale de la France, ce qui ne va pas arranger la balance commerciale de ce pays. lien

Ajoutons pour la bonne bouche que les déboires du chantier se multiplient, et que la crédibilité d’AREVA ne cesse de plonger, tout comme le cours de ses actions, lesquelles ont perdu en 4 ans 85% de leur valeur.lien

Les découvertes récentes de fissures sur les cuves des réacteurs de Doel, en Belgique, fissures potentiellement existantes aussi en Allemagne, Espagne, Pays bas, Suède et Suisse ne sont pas de nature à améliorer la situation.

La France n’est pas épargnée, ni par les fissures, ni par les problèmes de plomberie, puisque l’ASN a pointé du doigt le 28 juin 2012 des problèmes concernant 118 pièces de robinetterie défaillantes, pour 31 centrales (lien) mais comme l’écrit avec humour Stéphane Lhomme dans sa revue de presse, « les fissures françaises sont meilleures que les fissures belges ». lien

A ceci s’ajoute un défaut sur les grappes de commande à Fessenheim  : début juin 2012, sur les 48 grappes de commande8 posaient problème. lien

Revenons aux fissures, c’est grâce à un contrôle effectué en 2004 sur l’un des réacteurs de la centrale française du Tricastin, dont la cuve était zébrée de fissures horizontales (les plus dangereuses) que les exploitants belges ont découvert les 8000 probables fissures de la cuve du réacteur N°3 de Doel.

En attendant le redémarrage de ce réacteur n’est pas à l’ordre du jour, car il faudrait que l’exploitant prouve que ces défauts ne menacent pas l’intégrité du réacteur, ce qui semble un challenge compliqué, d’autant que dès septembre, c’est le réacteur de Tihange 2 (dont la cuve est du même constructeur) qui va être regardé de plus près. lien

Un rapport récent d’experts indépendants montre les insuffisances des tests de résistance, et Greenpeace a dressé la carte de l’éventuelle pollution en cas d’accident nucléaire en Europe.

On le voit, le nucléaire pose de plus en plus de problèmes en Europe…tout comme ailleurs.

Fukushima, rien n’est réglé, bien au contraire, et l’on ne peut que s’inquiéter des bricolages de fortune réalisés pour protéger la piscine du N°4, laquelle a été recouverte d’une simple bâche de plastique. photo

Sur cette photo, on peut juger de l’état du bâtiment dévasté.

L’occasion d’évoquer l’étonnement des japonais, devant notre utilisation régulière du mot « Fukushima  » : ils préfèrent parler du « 11 mars 2011 », car disent-ils fort justement, limiter la catastrophe à Fukushima n’est pas très cohérent, puisque la planète entière continue à être mise en danger.

D’ailleurs, n’utilisons-nous pas la date du 11 septembre plutôt que d’évoquer New York et la : « catastrophe des tours jumelles » ?

Nous sommes loin d’avoir fait le bilan de la catastrophe, puisque la centrale accidentée continue de cracher dans l’air, l’eau et la terre, des quantités effarantes de radioactivité, et il parait improbable que nous soyons à l’abri de cette pollution, à quelque endroit de la planète.

Yusutero Yamada, un ingénieur de 72 ans à la retraite a bouclé récemment une tournée aux USA, afin d’obtenir une intervention internationale, et que soit retiré à Tepco la mission de gérer la catastrophe. lien

La situation est en effet inquiétante, et elle continue de se dégrader. lien

Un homme qui travaillait sur le site vient d’y laisser sa vie, et malgré une dose cumulée de 25,24 millisieverts mesurée sur son corps, Tepco affirme qu’il n’y aurait pas de lien entre sa mort et la dose de radioactivité qu’il a reçu.

La piscine du réacteur N°4 est au cœur des préoccupations, puisqu’elle contient encore 264 tonnes de combustible nucléaire, et si la piscine venait à se vider, ou s’écrouler, la radioactivité dégagée représenterait 10 fois plus que celles produite par Tchernobyllien

Des rascasses pêchées au large de la centrale accidentée présentaient un niveau 258 fois supérieur à celui fixé par le gouvernement, soit 25 800 becquerels par Kg, battant le record mesuré sur du poisson de rivière dans le secteur de Fukushima (18 700 Bq/k).

Sans sourire, Tepco envisage de mesurer la radioactivité de profondeur dans l’Océan, en capturant crevettes ou crabes, afin de détecter l’origine de cette contamination. lien

Après l’apparition récente de mutations génétiques sur des papillons, suite à la catastrophe, nous ne sommes vraisemblablement pas à l’abri d’autres surprises et les chercheurs japonais à l’origine de cette découverte craignent maintenant que les êtres humains puissent bientôt en faire les frais. lien

Revenons à la piscine du N° 4.

Dans les colonnes du Nouvel ObservateurVincent Jauvert, propose un dossier complet sur la question.

Robert Alvarez, Haut responsable de l’énergie sous Bill Clinton, a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme, affirmant : « si un tremblement de terre ou tout autre évènement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de 10 fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl ».

Le physicien français, Louis Basdevant, a déclaré que cette piscine, positionnée à 30 mètres du sol, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », et que sa chute pourrait être 60 fois plus grave que la catastrophe du 11 mars ».

Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, ne dit pas autre chose, assurant que « si le bassin du réacteur N° 4 s’effondrait, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe d’Hiroshima ». lien

C’est ce que confirme dans cette vidéoArnie Gundersen, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, déclarant que les assemblages stockés dans la piscine du N° 4 pourraient prendre feu, avec les conséquences que l’on imagine.

Alors si aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux ces pays à quitter le monde sans avenir du nucléaire, préférant se tourner vers des énergies propres et renouvelables, il n’en reste pas moins que, tant que le combustible de cette piscine n’aura pas été évacué, le monde entier restera sous la menace du pire accident nucléaire qu’ait jamais pu connaitre notre planète.

Comme disait un vieil ami hindou : «  d’abord ils vous ignorent, puis se moquent de vous, vous combattent, et enfin, vous gagnez  ».

L’image illustrant l’article provient de « journaldel’environnement.net »

29/02/2012

« Les maquereaux des cimes blanches » ont encore frappé

L'initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires » est encore soutenue par une majorité de citoyennes et citoyens, mais l'obtention, le 11 mars, de la double majorité, peuple et cantons, sera difficile. Les bétonneurs et les spéculateurs disposent de moyens financiers considérables et peuvent compter sur l'appui d'une majorité de politiciens, même de « Verts libéraux ». Maurice Chappaz dénonçait déjà en 1976, dans son livre « Les Maquereaux des Cimes Blanches », cette alliance suspecte entre spéculateurs et certains notables.

Aujourd'hui ils n'hésitent pas, pour imposer le NON à effrayer les électrices et électeurs en recourant à des images d'un autre temps, une faucille qui démolit un chalet idyllique, et à avancer des arguments fallacieux:

 

  • des milliers d'emplois seraient perdus: en réalité les entrepreneurs du bâtiment pourront toujours construire des logements principaux, ceux à loyers accessibles faisant cruellement défaut, ou des appartements et chalets de vacances à louer à la semaine, ou se reconvertir dans l'amélioration énergétique des bâtiments existants. En réalité c'est le laisser faire actuel qui enlaidit localités et paysages, et menace l'économie touristique.

  • les résidences secondaires se répandraient ailleurs, dans des localités encore épargnées par l'invasion de lits froids: en réalité chaque commune pourra se protéger par un règlement adapté, limitant à moins de 20% le nombre résidences secondaires, ou les excluant de certains quartiers, ce qu'ont déjà fait les plus avisées.

  • il ne faudrait pas fixer une limite nationale, mais laisser cantons et communes légiférer, comme la nouvelle loi le prévoit: en réalité la nouvelle loi est trop floue, et on peut craindre que les autorités locales, souvent proches des spéculateurs, fixent trop haut le % autorisé de résidences secondaires.

Nous pouvons donc voter sans hésiter OUI à l'initiative «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» aussi bien pour préserver nos plus beaux paysages que dans l'intérêt économique des localités touristiques et de leurs habitants.