27/03/2015

FSM2015 : dernier jour à Tunis

Ce dernier jour au FSM2015, j'ai participé à un atelier animé par des Brésiliens et des Tunisiens sur les incidences des politiques publiques dans les domaines de l'énergie, de l'eau et de l'assainissement versus les privatisations, puis à une présentation par une ONG des objectifs de développement durable ( ODD ) POST-2015, un peu trop théorique à  mon goût.

Si j'essaie de tirer une conclusion de ce Forum, c'est que la plupart des participants au FSM2015 aspirent d'une façon ou d'une autre à une société solidaire et durable, et s'engagent dans ce but. Mais de nombreux accords internationaux en préparation vont exactement dans le sens contraire. Le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI-TTIP-TAFTA), par exemple, prévoit même que les transnationales puissent attaquer devant des tribunaux d'arbitrage des lois nuisant à leurs intérêts commerciaux... De beaux combats sociaux et politiques en perspective !

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26/03/2015

FSM2015 Tunis: Forum Parlementaire Mondial

Aujourd'hui j'ai participé aux travaux  du " Forum Parlementaire Mondial " .

Il y a eu 3 tables rondes :

- Affronter la dette, instrument de domination des peuples 

- Faire face au pouvoir et à l'impunité des entreprises transnationales, dus notamment aux accords de libre-échange 

- Agir ensemble pour la paix 

Débats riches, confrontant parfois des points de vue opposés, par exemple ceux des Saharaouis et des patriotes marocains, mais dans l'ensemble convergeant vers des propositions qui pourraient inspirer nos Parlements nationaux, pour le plus grand bien de tous.

Ci-dessous quelques considérations à partir des débats :

Si l'on considère la Suisse, trouvez-vous normal que lorsque le gouvernement grec essaie de faire payer des impôts aux transnationales, Cocacola Grèce transfère son siège en Suisse? Trouvez-vous normal que des multinationales ayant leur siège en Suisse n'exigent pas de leurs filiales à l'étranger qu'elles respectent les standards écologiques et sociaux en vigueur en Suisse? 

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Plus tard dans la soirée discussions à l'ambassade suisse. 

25/03/2015

FSM2015 Tunis: des ateliers passionnants

Pas évident de choisir parmi les dizaines d'ateliers proposés ce matin sur le campus. 

Voulant connaître l'avis des altermondialistes avant la conférence de Paris sur le climat de cet automne, j'ai retenu "Vraies et fausses solutions pour la sécurité alimentaire face aux changements climatiques".

Intéressant d'entendre des habitants des pays du Sud exposer les avantages de l'agriculture familiale et des pratiques agroécologiques. Et leurs critiques contre des pratiques impactant négativement la sécurité alimentaire, sans réduire pour autant de façon significative l'émission de gaz à effet de serre. 

Agrocarburants, projets REED autorisant à émettre des GES au Nord à condition de préserver des forêts au Sud, modèles agricoles soi disant "climato-intelligents" ont été "vertement" critiqués...

Puis, l'après-midi, j'ai participé à un atelier organisé par E-CHANGER :

La Coopération solidaire Nord-Sud-Nord

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Des représentants de différentes organisations ( Via Campesina, Marche Mondiale des Femmes, FSM/Maghreb, Unité, Solifonds) ont exposé leur vision de la coopération Nord-Sud-Nord et son importance pour leurs organisations... et pour le monde.

Les orateurs ont mis en évidence le rôle et les effets du néoliberalisme.

Certains accords internationaux ont des conséquences catastrophiques au sud et néfastes chez nous. Les mouvements nationalistes en profitent pour exacerber la xénophobie.

La solidarité NORD-SUD-NORD utilisée comme arme peut contribuer à y remédier, reprenait un participant, citant le message que SYRIZA a adressé au FSM 2015...

24/03/2015

FSM2015 TUNIS

Cet après-midi marche d'ouverture du Forum Social Mondial à Tunis, du centre au Bardo. Vivante et bigarrée, malheureusement sous l'orage. Demain choix entre des centaines d'ateliers...

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23/03/2015

Délégation suisse au Forum Social Mondial

Une délégation suisse de 70 personnes, parlementaires, membres d'ONG et journalistes, s'est rendue à Tunis pour le Forum Social Mondial. Aujourd'hui elle a visité quelques projets et entreprises soutenus par la Coopération suisse, touchant à la transition démocratique, le développement économique et l'aide au retour de requérant d'asile déboutés. J'ai pu apprécier l'action dans la formation professionnelle d'Elan20150323_094109.jpg, entreprise d'entraînement, et d'ENDA dans le microcrédit. On a notamment vu une boulangerie, une crèche et une ferme thérapeutique. Ce soutien est limité dans le temps et vise à appuyer la transition démocratique. En fin de journée, dialogue avec des représentants de la société civile. Demain discussion avec Chico White, cofondateur du FSM et avec Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud, puis début du FSM à proprement parler.

11/03/2015

Fukushima : 4 ans après, la catastrophe ne fait que commencer !

Le 11 mars 2011, le panache radioactif a répandu sur des centaines de kilomètres des éléments qui portent atteinte aux os et viscères et provoquent des pathologies cardio-vasculaires.

4 ans après :
Les examens de la thyroïde effectués sur les 370 000 enfants et jeunes de la préfecture de Fukushima ont permis de détecter 87 cas de cancer, alors que cette pathologie est rarissime. Certains éléments radioactifs, comme le Césium 137 ou le strontium 90, dont la radioactivité ne diminue de moitié qu'après une trentaine d’années, sont toujours présents dans les sols, les jardins, les rizières et les forêts.
20 000 "décontamineurs" continuent de remplir des sacs... Que d'efforts dérisoires : couche de terre grattée, maisons passées au karcher… Et dans les forêts, qui constituent plus des deux tiers de la province de Fukushima, on ne peut rien faire. Elles restent à l'origine d'une importante contaminations secondaire par le vent et l'eau. Les atteintes à la santé risquent de croître encore ces prochaines années.

4 ans après :
Pour ne pas devoir évacuer davantage de personnes et dans l'espoir de réhabiliter une partie du territoire évacué, les autorités ont multipliée par 20 la limite d’irradiation « acceptable » : 20 millisieverts par an au lieu de 1 !
Malgré cela plus de 120 000 déplacés n’ont toujours pas pu rentrer chez eux.
Mais, hors de la zone d’exclusion de 20 km, bien que le niveau de radioactivité ambiant reste élevé par endroits même à 100 km de la centrale, les enfants ne sont pas évacués. Condamnés à porter des dosimètres, ils doivent alors rester enfermés et ne peuvent quasiment pas jouer dehors.

 4 ans après :
La politique de désinformation du gouvernement japonais est de plus en plus inquiétante. Les intérêts de l'économie et de l'industrie prennent plus d'importance que la protection de la population. L'entrée en vigueur de la loi sur le secret en décembre 2014 met fin au secret des sources pour les journalistes et donne aux autorités la possibilité de classer « top secret » certains documents sans justifications.
La catastrophe continuera dans un silence médiatique assourdissant !

 4 ans après :
La situation n'est toujours pas maitrisée à la centrale de Fukushima. Le stockage de l'eau radioactive, utilisée pour le refroidissement des réacteurs accidentés, reste problématique.
De l’eau doit être injectée en permanence pour refroidir les réacteurs, plus de 370'000 tonnes d'eau hautement contaminée sont recueillies sur le site de la centrale dans des milliers de cuves dont l'étanchéité s'avère peu fiable, comme en attestent des fuites classées au niveau 3 de l'échelle internationale des événements nucléaires. Chaque jour, 400 nouveaux m3 supplémentaires sont pompés et stockés, mais 300 m3 d'eau contaminée partent vers la mer. De plus, personne ne sait ce qu'il est advenu du combustible des réacteurs accidentés qui a percé le fond des cuves.

4 ans après :
Plus de 6000 travailleurs se relaient en permanence sur le site des centrales accidentées, dangereusement exposés aux rayonnements. Face à la pénurie de travailleurs qualifiés et en bonne santé, l’industrie nucléaire va jusqu’à recourir aux Yakuzas, la mafia japonaise, pour recruter des SDF comme « liquidateurs ». Le système de sous-traitance en cascade, souvent lié à la pègre, rend difficile le suivi sanitaire et ces personnes devront affronter seules plus tard les conséquences sur leur santé de la radioactivité.

 4 ans après :
Seules 4 centrales nucléaires ont été remises en service
La relance des réacteurs nucléaires du Japon est bloquée par une résistance sans précédent des populations locales. Pourtant le pays n'a pas connu de pénurie massive d'électricité, ce qui démontre que le nucléaire n'est pas indispensable. Les efforts de la population pour maîtriser la consommation d'énergie ont payé. La crise énergétique annoncée par les partisans du nucléaire n'a pas eu lieu. Le Japon est devenu le 2ème marché dans le monde en ce qui concerne le photovoltaïque, derrière la Chine. Une sortie du nucléaire est possible au Japon, quoiqu'en disent le gouvernement et les milieux économiques.

 4 ans après :
L'électricité éolienne et solaire devient moins chère que le nucléaire !
Pour les nouvelles installations, on voit que :
Le nucléaire obtient en Angleterre une garantie de reprise pendant 35 ans à 12 ct€/kWh, indexés.
Le kWh éolien terrestre, coûte en moyenne entre 4 et 8 ct€
Et les installations solaires photovoltaïques les meilleurs marché ont un coût de production d’environ 10 ct€/kWh...
Remplacer le nucléaire par les nouvelles renouvelables ou l'efficacité énergétique non seulement renforce la sécurité, mais est économiquement intéressant !

 4 ans après :
En ce 11 mars 2015, je renouvelle avec tous les antinucléaires l'appel pour une sortie immédiate du nucléaire, afin de préserver les populations d'une nouvelle catastrophe, au Japon, mais aussi en Suisse et partout ailleurs.
5 centrales ont subi un accident majeur : plus qu'une pour cent. Le « risque résiduel » est loin d'être négligeable. Les faits démentent les calculs et simulations des pronucléaires sur la sûreté des centrales.
Au Japon la plupart de émissions radioactives sont parties en mer, épargnant les populations. Rien de tel en Suisse, où le plateau serait contaminé par un accident majeur. Plus de 800'000 personnes devraient être évacuées.
Nous devons réduire ce risque et arrêter nos centrales au plus tard après 45 ans d'exploitation.