11/03/2015

Fukushima : 4 ans après, la catastrophe ne fait que commencer !

Le 11 mars 2011, le panache radioactif a répandu sur des centaines de kilomètres des éléments qui portent atteinte aux os et viscères et provoquent des pathologies cardio-vasculaires.

4 ans après :
Les examens de la thyroïde effectués sur les 370 000 enfants et jeunes de la préfecture de Fukushima ont permis de détecter 87 cas de cancer, alors que cette pathologie est rarissime. Certains éléments radioactifs, comme le Césium 137 ou le strontium 90, dont la radioactivité ne diminue de moitié qu'après une trentaine d’années, sont toujours présents dans les sols, les jardins, les rizières et les forêts.
20 000 "décontamineurs" continuent de remplir des sacs... Que d'efforts dérisoires : couche de terre grattée, maisons passées au karcher… Et dans les forêts, qui constituent plus des deux tiers de la province de Fukushima, on ne peut rien faire. Elles restent à l'origine d'une importante contaminations secondaire par le vent et l'eau. Les atteintes à la santé risquent de croître encore ces prochaines années.

4 ans après :
Pour ne pas devoir évacuer davantage de personnes et dans l'espoir de réhabiliter une partie du territoire évacué, les autorités ont multipliée par 20 la limite d’irradiation « acceptable » : 20 millisieverts par an au lieu de 1 !
Malgré cela plus de 120 000 déplacés n’ont toujours pas pu rentrer chez eux.
Mais, hors de la zone d’exclusion de 20 km, bien que le niveau de radioactivité ambiant reste élevé par endroits même à 100 km de la centrale, les enfants ne sont pas évacués. Condamnés à porter des dosimètres, ils doivent alors rester enfermés et ne peuvent quasiment pas jouer dehors.

 4 ans après :
La politique de désinformation du gouvernement japonais est de plus en plus inquiétante. Les intérêts de l'économie et de l'industrie prennent plus d'importance que la protection de la population. L'entrée en vigueur de la loi sur le secret en décembre 2014 met fin au secret des sources pour les journalistes et donne aux autorités la possibilité de classer « top secret » certains documents sans justifications.
La catastrophe continuera dans un silence médiatique assourdissant !

 4 ans après :
La situation n'est toujours pas maitrisée à la centrale de Fukushima. Le stockage de l'eau radioactive, utilisée pour le refroidissement des réacteurs accidentés, reste problématique.
De l’eau doit être injectée en permanence pour refroidir les réacteurs, plus de 370'000 tonnes d'eau hautement contaminée sont recueillies sur le site de la centrale dans des milliers de cuves dont l'étanchéité s'avère peu fiable, comme en attestent des fuites classées au niveau 3 de l'échelle internationale des événements nucléaires. Chaque jour, 400 nouveaux m3 supplémentaires sont pompés et stockés, mais 300 m3 d'eau contaminée partent vers la mer. De plus, personne ne sait ce qu'il est advenu du combustible des réacteurs accidentés qui a percé le fond des cuves.

4 ans après :
Plus de 6000 travailleurs se relaient en permanence sur le site des centrales accidentées, dangereusement exposés aux rayonnements. Face à la pénurie de travailleurs qualifiés et en bonne santé, l’industrie nucléaire va jusqu’à recourir aux Yakuzas, la mafia japonaise, pour recruter des SDF comme « liquidateurs ». Le système de sous-traitance en cascade, souvent lié à la pègre, rend difficile le suivi sanitaire et ces personnes devront affronter seules plus tard les conséquences sur leur santé de la radioactivité.

 4 ans après :
Seules 4 centrales nucléaires ont été remises en service
La relance des réacteurs nucléaires du Japon est bloquée par une résistance sans précédent des populations locales. Pourtant le pays n'a pas connu de pénurie massive d'électricité, ce qui démontre que le nucléaire n'est pas indispensable. Les efforts de la population pour maîtriser la consommation d'énergie ont payé. La crise énergétique annoncée par les partisans du nucléaire n'a pas eu lieu. Le Japon est devenu le 2ème marché dans le monde en ce qui concerne le photovoltaïque, derrière la Chine. Une sortie du nucléaire est possible au Japon, quoiqu'en disent le gouvernement et les milieux économiques.

 4 ans après :
L'électricité éolienne et solaire devient moins chère que le nucléaire !
Pour les nouvelles installations, on voit que :
Le nucléaire obtient en Angleterre une garantie de reprise pendant 35 ans à 12 ct€/kWh, indexés.
Le kWh éolien terrestre, coûte en moyenne entre 4 et 8 ct€
Et les installations solaires photovoltaïques les meilleurs marché ont un coût de production d’environ 10 ct€/kWh...
Remplacer le nucléaire par les nouvelles renouvelables ou l'efficacité énergétique non seulement renforce la sécurité, mais est économiquement intéressant !

 4 ans après :
En ce 11 mars 2015, je renouvelle avec tous les antinucléaires l'appel pour une sortie immédiate du nucléaire, afin de préserver les populations d'une nouvelle catastrophe, au Japon, mais aussi en Suisse et partout ailleurs.
5 centrales ont subi un accident majeur : plus qu'une pour cent. Le « risque résiduel » est loin d'être négligeable. Les faits démentent les calculs et simulations des pronucléaires sur la sûreté des centrales.
Au Japon la plupart de émissions radioactives sont parties en mer, épargnant les populations. Rien de tel en Suisse, où le plateau serait contaminé par un accident majeur. Plus de 800'000 personnes devraient être évacuées.
Nous devons réduire ce risque et arrêter nos centrales au plus tard après 45 ans d'exploitation.

Commentaires

@"CvS :"4 ans après :Seules 4 centrales nucléaires ont été remises en service.La relance des réacteurs nucléaires du Japon est bloquée par une résistance sans précédent des populations locales. Pourtant le pays n'a pas connu de pénurie massive d'électricité, ce qui démontre que le nucléaire n'est pas indispensable."
Les 40'000 MW de puissance de ces centrales sont compensés par des importations massives de charbon et de gaz liquéfié. Deux effets directs
1. Balance commerciale du Japon en 2010 + 82 milliards de CHF , mais en 2014 - 110 milliards de CHF. Soit une différence de -192 milliards de CHF !
2. Production d'électricité avec charbon et gaz = énorme croissance des émission de CO2. Un écologiste comme vous devrait dénoncer haut et fort cette catastrophe écologique. Même problème en Allemagne, même silence des écolos !!!

Écrit par : Daetwyler | 18/03/2015

@Daetwyler. Le Japon a dû réagir dans l'urgence. Et effectivement cela a abouti à une hausse des émissions de CO2. Il en va tout autrement pour l'Allemagne, bien que des personnes mal renseignées, ou pronucléaires inconditionnels, affirment le contraire. Entre 2006 et 2014, la production électro-nucléaire allemande a reculé de 70 TWh, l'électricité produite par le charbon, la lignite, le gaz et le fioul de 46 TWh, l'électricité d'énergie renouvelable a augmenté de 86 TWh (données AGEB - AG Energy Bilanzen e.V. du 12 décembre 2014). Donc le développement des renouvelables et l'augmentation de l'efficacité énergétique ont permis à la fois de sortir progressivement du nucléaire, à la fois de réduire les émissions de CO2. Et cela même si la diminution du prix du charbon (liée à l'exploitation du gaz de schiste aux USA) et la baisse des taxes sur le CO2 (liée à la crise économique en Europe) ont abouti à la fermeture de plus de 100 centrales à gaz et à l'ouverture ou la réouverture de centrales au charbon, donc à la hausse, certaines années, des émissions de CO2 par rapport à l'année précédente. Mais globalement les choix énergétiques allemands sont un succès à la fois écologique, à la fois économique.

Écrit par : Christian van Singer | 18/03/2015

"4 ans après", "la catastrophe ne fait que commencer", quelle ironie, 4 ans sur des millions d'années !!!!!

Il n'y pas de mot !

Et ce n'est qu'une centrale sur des milliers devenant de moins en moins fiables !

Et la France et ses guerres pour l'uranium des peuples les plus pauvres pour perdre des milliards payés par les travailleurs pour un EPR parti de travers, on dira "mais dès le début, c'était mal emmanché cette aventure mortelle" !

Mon pauvre Monsieur Van Singer, cette lutte parait tellement illusoire face aux monstruosités déjà commises !!!!!!!!!!

Écrit par : Corto | 19/03/2015

Quelque par Christian van Singer est un de ces mi-héro/mi-utopiste de notre nouvelle aire.

Il y en a un, le seul que j'ai financé dans la mesure des mes moyens, c'est celui qui attaque militairement les salauds qui pêchent la baleine et autre mammifères marin à coup de canons et de lances-rockets, cela au risque de se faire également exploser.

Le problème avec le nucléaire, c'est qu'il n'est pas possible de tout faire péter et que le phénomène est bien trop vaste pour, ne serait-ce imaginer de telles stratégies.

De plus l'homo-occidentalus, et il n'est pas le seul, consomme de plus en plus d'énergie, le moindre sandwich est 20 fois plus gourmand en énergie dans son emballage que dans son son contenu calorique nutritionnel, nous vivons une folie meurtrière et rien ne semble raisonner les foules. (je ne parle même pas de la boisson en robe d'aluminium) !!

Christian van Singer, la sauvegarde de la planète, c'est comme la dette de la France, ou de tous les pays bien engoncé dans cette manière de gérer une nation, si il est déjà impossible même de payer les intérêts sans plonger dans le vide, comment voulez sortir de cette spirale infernale ??

Et je suis optimiste !!

Écrit par : Corto | 20/03/2015

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