02/04/2011

Fukushima; quelles conséquences?

Depuis 3 semaines, on m'interpelle fréquemment sur Fukushima.

Les questions le plus souvent posées sont les suivantes:

  1. Pourquoi, avec toute l'eau qu'on verse sur les centrales, on n'arrive pas à arrêter le dégagement de radioactivité et de chaleur? Que se passe-t-il au juste dans ces centrales?

  2. Mais alors, il n'y a pas que les centrales soviétiques qui sont dangereuses? Nos centrales nucléaires, ne sont-elles pas sûres?

  3. Y-a-t-il beaucoup de radioactivité qui se répand dans l'environnement? Quels sont les risques pour la santé?

    Probablement vous êtes nombreux à vous poser ces mêmes questions, je vais donc essayer d'y répondre succinctement dans cet billet.

1. Quand on parle d'une fusion qui n'est pas une fusion nucléaire,

mais une fonte des barres de combustible

Lors d'un arrêt d'urgence:

  1. Les barres métalliques et l'eau borée, qu'on introduit dans le coeur de la centrale, ont pour effet de stopper la fission en chaîne de l'uranium, provoquée par des neutrons ralentis

  2. Mais les produits de fission – les déchets radioactifs donc - déjà présents dans le combustible, continuent leurs réactions radioactives et continuent donc à dégager de la chaleur.

  3. Il est indispensable que des génératrices « de secours » fournissent du courant pour faire circuler l'eau pour le refroidissement.

  4. Si cette chaleur n'est pas évacuée normalement, les barres de combustibles surchauffent. Et les gaines risquent de fondre.

  5. L'eau réagit avec les gaines en zirconium des barres surchauffées et il se dégage de l'hydrogène.

  6. La pression monte.

  7. Si l'on évacue la vapeur pour faire baisser la pression, l'hydrogène peut provoquer des explosions.

  8. Si les barres de combustible sont déjà abimées, des isotopes radioactifs sont aussi libérés dans l'environnement.

  9. Explosions, températures élevées, corrosion... l'enceinte du réacteur peut perdre son étanchéité. Matériaux radioactifs se répandent alors aux environs.

  10. Barres et combustible en fusion – il s'agit donc de métaux fondus, pas de fusion nucléaire- coulent au fond de la centrale,

  11. avec le risque de percer l'enceinte, entrer en contact avec d'autres matériaux et provoquer une très forte explosion -classique- provoquant la contamination radioactive de vastes territoires.

  12. Il y a même un risque, heureusement très faible, que dans ce coeur fondu, appelé corium, une réaction nucléaire s'enclenche, la masse critique étant atteinte, il y aurait alors une véritable explosion nucléaire.

A Fukushima, tous ces événements, sauf les k) et l), se sont produits, de manière plus ou moins accentuée dans les réacteurs numéros 1 à 3. Dans le réacteur numéro 4, qui était à l'arrêt lors du tsunami, c'est la piscine où était stocké le combustible usagé qui n'a plus était refroidie, l'eau s'est évaporé, les barres ont surchauffé et...

Des centaines de pompiers, de techniciens et d'ingénieurs, sont engagés sur place, au détriment de leur santé, pour refroidir ces réacteurs et éviter le pire, c'est-à-dire les événements k) et l). Mais pendant plusieurs semaines, voire des mois, la situation restera critique.

L'eau déversée sur les centrales lessive des éléments radioactifs dans la mer.

Le vent qui soufflait vers l'océan au début, mais dans d'autres directions par la suite, propage au loin iode et césium radioactifs, et tout un cocktails d'autres isotopes aussi sympathiques que le plutonium, dont l'inhalation d'un seul milligramme induit à terme, presque à coup sûr, un cancer...

Au gré des vents, de la neige et des pluies qui diffusent et précipitent les éléments radioactifs, des territoires sont contaminés bien au delà des 20 Km évacués et des 30 Km, où les gens sont sensés rester barricadés chez eux depuis 3 semaines, L'eau potable, le lait, les produits de la terre sont contaminés...

 

2. Toute centrale nucléaire représente un danger inacceptable,

qu'elle soit de technologie soviétique ou occidentale

Le lobby nucléaire affirmait, à raison, que l'accident de Tchernobyl était moins une défaillance du nucléaire, que du système soviétique dont il a précipité la chute.

Cette explication ne s'applique pas au Japon, nation démocratique à la pointe de la technique. Ses centrales ressemblent aux nôtres: comme en Suisse, le 1er confinement des réacteurs est en acier et entouré d'une couche de béton épaisse un mètre... A l'évidence, dans des installations aussi complexes, les enchaînements susceptibles d'aboutir à des accidents majeurs sont multiples et imprévisibles. Par exemple, en 2006 en Suède, dans la centrale de Forsmark, une panne de courant, suivie de la défaillance des 4 génératrices de secours, a privé de refroidissement le réacteur pendant 23 minutes. Selon le rapport de l'organisme de sureté suédois on a réussi enfin à faire redémarrer manuellement 2 des génératrices, 7 minutes de plus et la situation aurait été gravissime...

A Fukushima, tout le monde peut constater que la sûreté des centrales nucléaires, même de conception occidentale, ne peut être garantie à 100%.

Et les conséquences d'un accident majeur seraient catastrophiques pour la Suisse. Un rapport officiel de la Confédération1 les a évaluées: plus de 900'000 personnes à évacuer, plus de 4000 milliards de dégâts...

Il n'y aurait même pas l'espoir, comme au Japon, que le vent pousse la radioactivité vers la mer. En moyenne, deux jours sur trois le vent souffle en direction des grandes villes suisse-allemandes, un jour sur trois la bise souffle en direction de la Romandie!

 

3. Quels sont les effets de la radioactivité « s'échappant » de Fukushima?

Des millions de personnes sont à la merci de la radioactivité !2

Depuis le 12 mars dernier, les habitants des zones contaminée subissent l’impact des rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.

Toutes les voies d’exposition se cumulent :

  1. Exposition aux rayonnements qu’émettent les aérosols et les gaz radioactifs que les vents transportent vers les zones habitées, celles de la Préfecture de Fukushima, mais aussi bien au‐delà de la ville de Sendai, à 100 km au nord et bien au‐delà de Tokyo à 230 km au sud.

  2. Exposition aux rayonnements émis par les produits radioactifs qui retombent progressivement au sol (du fait de la gravitation, des pluies et de la neige) et s’accumulent sur les surfaces ; Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100 à quelques 60 ou 70 km de distance et dans un périmètre d’une cinquantaine de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées.

  3. Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions; si les doigts sont portés à la bouche, au nez; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…).

  4. Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une mesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs !

  5. Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes.

Il faut surtout comprendre que même les faibles doses de radioactivité ont un effet. On peut comparer la situation à celle d'une troupe qui doit traverser un champ de mines. S'il y a beaucoup de mines, le risque que plusieurs soldats meurent ou soient blessés est grand. S'il y a peu de mines le risque est faible, mais pour le soldat qui saute sur une mine les conséquences sont terribles. Il en va de même avec la radioactivité. S'il y a peu de particules radioactives, peu de risques d'en ingérer ou d'en respirer une. Mais pour les personnes atteintes les conséquences peuvent être létales.

Pour avoir une information indépendante dans ce domaine, vous pouvez consulter le site www.criirad.org

Commentaires

ou comment monter un poisson d'avril tellement gros qu'en ce moment beaucoup de gens savent qu'il ne faut pas prendre au premier degré tout ce qui se dit sur le Net et les bonnes oeuvres seront pénalisées les Suisses ayant compris qu'il valait mieux garder leur argent pour eux en premier!

Écrit par : gavroche | 02/04/2011

Que c'était-il passé à Tchernobyl? Il n'y a pas eu de refroidissement, de pompes, d'arrosage permanent du réacteur, mais - à ce que je me souviens - des soldats allant balancer des sacs par l'ouverture du toit pour enterrer le réacteur. Pourquoi ce procédé ne marcherait-il pas à Fukushima?

Parce qu'avec de l'eau, c'est la pollution qui s'étend, dans les sols, dans la mer et dans l'air. Font-ils cela dans l'idée de récupérer la centrale?

Des criminels jusqu'à le dernière extrémité?

Écrit par : Johann | 02/04/2011

Nos assurances maladie ont l'obligation de constituer des réserves pour couvrir les risques. Pourquoi les centrales nucléaires ne seraient-elles pas soumises à une obligation analogue ?

Au Japon, les autorités parlent déjà de venir en aide financièrement à la société Tepco pour éviter qu'elle ne soit mise en faillite et ne puisse pas indemniser les victimes, rembourser les dégâts économiques (manque à gagner des pêcheurs et des agriculteurs) et décontaminer le site de Fukushima.

En Suisse, pour éviter que ce soit aux contribuables de s'acquitter des frais pour une éventuelle catastrophe, il faudrait exiger que chaque centrale constitue des réserves pour un montant de, disons, 50 milliards de francs, pour avoir le droit d'exploiter l'énergie atomique. Cela permettrait d'obtenir un ajustement du prix du kWh nucléaire à un plus juste niveau et rendrait plus compétitif les énergies alternatives, moins dangereuses.

Écrit par : Crazy Koala | 03/04/2011

Oui à la sortie du nucléaire, oui aux énergies renouvelables, mais non aux parcs industriels éoliens tels que vous les défendez aujourd'hui.

S'il vous plaît, cesser d'encourager comme vous le faites aujourd'hui, l'érection de centaines et de centaines d' éoliennes de 150 m à 200 m de haut, dans l'Arc jurassien, et ailleurs dans les campagnes et les forêts de ce petit pays!
L'espace et les infrastructures colossales qui sont nécessaires pour ces machines gigantesques, ainsi que les conséquences dramatiques sur l'écosystème fragile des derniers espaces protégés du patrimoine naturel sont sous-estimées. De même les nuisances sonores et visuelles, ne vous en déplaise.
Oui à la sortie du nucléaire! Et oui aux énergies renouvelables!
Mais pas de cette manière et pas n'importe où. Pas sous la pression des industriels de l'électricité et de tous ceux qui ont avant tout un intérêt financier et non pas écologique, comme on tente de nous le faire croire.
Ne voyez-vous pas le paradoxe qui consiste à vouloir sauver l'environnement en industrialisant massivement notre propre patrimoine naturel?
Evidemment, rien n'est comparable à la destruction que provoque le nucléaire dans notre civilisation, mais ce n'est pas une raison pour cautionner n'importe quoi à la place!
Les projets industriels éoliens tels qu'ils sont prévus aujourd'hui chez nous sont une autre forme de catastrophe environnementale et une immense tromperie écologique et financière!
Car, ces 1000 à 1500 machines ne produiront que 4 % à 8% de la consommation totale du pays.
Or comme vous le savez, l'augmentation de la consommation d'électricité en Suisse, qui suit le développement économique, est en moyenne de 2% chaque année.
Faites le calcul.
Même en considérant l'estimation la plus favorable de 8%, cela nous donnera un répit de... 4 années. Est-ce cela votre vision du durable?
Ne trouvez-vous pas alors absurde d'encourager des projets pharaoniques construits la plupart en pleine nature, et qui nécessiteront autant de surface terrestre et spatial, pour un répit de quelques années? Une éolienne de dernière génération de 198m de haut, balaie une surface de plus de 12 000 m2 minute après minute, heure après heure, jour et nuit, toute l'année...
A 200m de haut, rien n'arrête ce bruit continuel, lancinant dont la portée est de plusieurs km...
Le saviez-vous? Les éoliennes ne sont pas comme les poteaux électriques!

Cet éolien industriel et centralisé, est en train de concentrer entre ses mains, une bonne partie des moyens financiers, mis à la dispositions des énergies renouvelables, via la RPC, par la Confédération.
Pendant ce temps, la majorité des projets privés privilégiant la mixité énergétique et une décentralisation (solaire et éolien de taille raisonnable, etc), à savoir ceux qui permettraient en partie, une indépendance énergétique de la population, sont en attente par manque d'argent. Pourtant, en utilisant les infrastructures déjà existantes, ceux-ci, nous permettraient non seulement de développer le solaire en Suisse, avec de véritables emplois verts à la clé, mais également préserveraient le peu de patrimoine naturel qu'il reste en Suisse.
En ces temps où le bétonnage s'accélère dans tous les coins du pays, il vaudrait la peine d'être attentif à ne pas bétonner également les lieux protégés.
Lorsque vous dites qu'il ne faut pas stopper le développement économique et des emplois du secteur éolien, je vous signale tout de même que les éoliennes donnent des emplois verts aux fabricants des machines en Allemagne et au Danemark, pour ne citer qu'eux.
La maintenance est assurée par les fabricants. Cela ne crée aucun emploi vert dans nos régions. Seule la participation de certaines de nos entreprises durant les phases de chantier vont générer des emplois temporaires.

J'ai donc une proposition très concrète de campagne pour les verts, qui permettrait, sans aucune dépense, une économie d'énergie immédiate de 30% au minimum, soit 4x à 6x plus élevée que ce que produiront en une année ces 1000 d'éoliennes géantes dispersées dans tout l'environnement naturel de l'arc jurassien.
Pourquoi ne pas demander immédiatement l'extinction de tous les éclairages des vitrines des commerces et des monuments, dans toutes les villes de Suisse à partir de minuit.
Plus 1 lampadaire sur deux.
C'est une mesure simple, rapide, à laquelle une grande partie de la population pourrait adhérer sans difficulté à cause des événements du Japon.
Ce serait enfin une action utile et intelligente au gaspillage de l'énergie à laquelle je suis prête à me joindre, à vos côtés.
Faisons d'abord des économies, puis développons prioritairement nos "cleentech", en soutenant les entreprises géniales de notre pays, qui elles, créeront de vrais emplios verts chez nous. Laissons l'éolien industriel aux pays qui ont un territoire suffisamment étendu pour en sacrifier une partie à l'industrialisation éolienne.

Myrisa Jones

Écrit par : Myrisa Jones | 04/04/2011

D'accord avec Myrisa Jones sur un point: inutile de développer les renouvelables si on ne commence pas par réduire les gaspillages, utiliser l'énergie de façon plus efficace.
Son aversion pour les éoliennes est par contre injustifiée. Il est évident qu'il ne faut pas les installer n'importe où , pas sur des crêtes, ni dans des marécages, ni près des zones d'habitation ou de monuments historiques. Mais il y a assez de place en Suisse pour édifier quelques milliers d'éoliennes sans défigurer notre beau pays. Et leur apport est loin d'être négligeable. 1600 éoliennes produiraient par exemple autant d'électricité que les 2 grandes centrales Leibstadt et Gösgen, dangers, radiations et déchets en moins!

Écrit par : Christian van Singer | 04/04/2011

Très bon article Christian Van Singer, donc informations très bonnes.

Une réaction en chaîne serait très domageable....

Ne pas éclairer les bâtiments publiques et privés et baisser l'intensité de certaines lumières serait un progrès. Arrêter la fabrication de 4x4 ou au moins les interdire dans les forêts comme les motos d'ailleurs! Interdire les 4x4 dans les centres villes, car la plupart du temps c'est uniquement pour le bien paraître et devenir corniaud sans s'en rendre compte...

Des caméras alimentées par des panneaux solaires pour mieux contrôler les automobilistes existent depuis des années, investir sur l'énergie solaire partout ou cela est possible c'est maintenant, sinon la facture pour nos enfants sera exorbitante.

Écrit par : NOËL Pierre | 04/04/2011

Ce n'est pas une aversion contre toutes les éoliennes, mais contre ces éoliennes industrielles de taille gigantesque (par opposition aux éoliennes de 30 m à 50 m maximum) qui vont bel et bien être installées sur les crêtes et pâturages de l'arc jurassien, en évitant si possible les premières crêtes, afin qu'elles ne soient pas trop visibles de la plaine.
Sur les 1600 éoliennes, dont vous soutenez la construction, 1000 sont annoncées à terme rien que pour ce territoire de 4000 km2 où la plupart des projets sont concentrés.
Il est impossible, avec une densité pareille, de respecter les villages, les hameaux, les habitants, la faune, l'avifaune, l'environnement et le paysage. Totalement impossible!
D'autant plus que les promoteurs profitent d'une législation inadaptée, qui leur permet de mettre ces géantes à partir de 300m des habitations, alors qu'il faudrait au minimum 1000 m, comme de nombreux travaux de scientifiques éminents (physiciens, médecins, acousticiens, ingénieurs etc) le préconisent à travers le monde entier. Ne serait-ce que pour des raisons de santé publique. Si les gens se plaignent partout dans le monde, des impacts sonores, surtout la nuit, c'est qu'il doit bien y avoir une raison!
C'est tout cela qui est effrayant! La quantité, la taille des machines, leur concentration et la proximité par rapport aux habitations.
Vous pouvez allez vérifier par vous-même, une cartographie de ces projets prévu dans l'Arc jurassien, sur le lien suivant:

http://www.pro-cretes.ch/default.asp/2-0-41-14-6-1/

Depuis la réalisation de cette cartographie, basée sur le concept national de 2004, beaucoup d'autres projets hors concept, ont été annoncés dans tous les coins des cantons.
Rien que sur la région appelée, "le Balcon du Jura" depuis Ste-Croix en passant par l'est du Chasseron, jusque derrière le Mont-Aubert, au début du Val-de-Travers et principalement dans les IMNS, les pâturages boisés et autre lieu qui bénéficient depuis de longues années de protection, nous comptons pas moins de 93 machines de 138 à 198m de haut.
Si nous partons du Suchet et additionnons les 2 parcs neuchâtelois du Val-de-Travers, nous arrivons à un total d'environ 146 machines dans un secteur de 8 km sur 27 km.
C'est cela la réalité sur le terrain!
Et cela continue ainsi environ tous les 3 km à 5 km jusqu'à la Dôle à l'ouest et jusqu'en Argovie à l'est comme vous pouvez le constater.
Malheureusement pour nous tous, ces milles machines, 6 à 7 x plus hautes que les plus grands sapins, produiront seulement l'équivalent de la centrale de Mühleberg.

Quelques chiffres concrets:

Production Mühleberg 2009: 2'954 GWh
Production totaledu nucléaire suisse en 2009: 26'126 GWh

"1’000 éoliennes de 2 MW dans les conditions moyennes de l’Arc jurassien( 15 % à pleine charge, soit l'équivalent de 1500 heures sur une année, soit un jour sur sept) représenteraient 3'000 GWh"
(Calcul: 1000 éoliennes x 2MW x 1'500 heures p.c. = 3'000'000 MWh = 3'000 GWh)

3000 GWh correspondent à peu près à la production 2009 de la seule centrale de Mühleberg (qui est de 2'954 GWh)

Contrairement à vous je pense que le pays va vraiment être défiguré et l'impact des nuisances sonores et visuelles va toucher beaucoup d'habitants et des secteurs très importants du tourisme
Surtout, les régions périphériques pauvres, qui ont la chance d'avoir encore de grands espaces naturels et semi naturels préservés de tout bâti. Car l'éolien industriel (à trois pales) est dévoreur de grands espaces, puisqu'il faut 300m minimum entre chaque machines pour assurer un bon fonctionnement (turbulence)
Pour une production d'électricité, qualifiée de "niche"comme le disent les promoteurs eux-mêmes.
Un excellent document a été réalisé, pour montrer les impacts très graves, que vous sous-estimez, dont tout le monde évite de parler et ou de montrer, quand ils ne sont pas carrément cachés ou niés, tant il y a d'intérêts financiers en jeu.
En tant que partisan de l'éolien industriel et politicien porte-parole des verts, il est de votre responsabilité de le lire. Ne serait-ce que pour mieux comprendre pourquoi tant de citoyens, eux le refusent. Ce ne sont pas tous des propriétaires de chalet. Par exemple j'habite en ville dans un modeste studio...
Le point de vue des opposants est digne d'intérêt avec des mises en garde qu'il faut prendre au sérieux.
Voici le lien direct:
http://www.pro-cretes.ch/d2wfiles/document/125/5085/0/Colonisation_terrestre_spatiale.pdf

Alors non! Ce n'est pas raisonnable d'industrialiser ainsi le peu de patrimoine naturel qu'il reste. Ces projets conçus derrière des bureaux sont mégalomanes, absurdes et inutiles au vu de la quantité minime de production attendue et en comparaison des dégâts qu'ils vont causer.
Ce ne sont pas ces machines, qui vont nous permettre de sortir du nucléaire, comme vous l'affirmez sans cesse.
Le Yahoo Center qui va s'installer dans notre région va consommer à lui seul l'équivalent d'une ville de 15 000 habitants...
Alors seules les économies d'énergie drastiques, une politique fiscale moins favorables aux entreprises qui viennent s'installer en Suisse, et une forme de décroissance contrôlée et acceptée par tous, pourra nous permettre de sortir du nucléaire.
Comme l'a très bien expliqué M.Burg, philosophe invité sur le plateau d'infrarouge.

Le débat sur la sortie du nucléaire, que je souhaite autant que vous, ne fait que commencer.
Espérons que la communication tronquée et totalement insuffisante, pratiquée par les promoteurs de l'éolien industriel, sera remplacée par une véritable information à la population et un vrai débat démocratique, sur les réelles possibilités des énergies renouvelables.
Un débat, où tous, même ceux qui comme moi ne sont pas d'accord de soutenir aveuglément ce que je qualifie, malgré tout le respect que je vous dois, d'idéologie "verte" déconnectée de la réalité, serons aussi entendus.

Recevez, M.Van Singer, mes meilleures salutations.
Myrisa

Écrit par : Myrisa Jones | 04/04/2011

@Myrisa,

Dans ce fil, les éoliennes ne sont pas le sujet, mais puisque vous les évoquez il me parait important de corriger quelques chiffres que vous donnez.

Pour se faire une idée de la production réelle des éoliennes, on peut se référer à des installations existantes. Les éoliennes les plus grandes de Suisse sont en Valais, à proximité de Collonges. La plus ancienne est un modèle disponible depuis 1995, installé à 1'500 exemplaires dans le monde entre 1995 et 2004. Des progrès ont été réalisés depuis et les éoliennes plus récentes ont un meilleur rendement. RhonEole donne des valeurs chiffrées des résultats de production sur 5 ans de fonctionnement de leur première éolienne:

Hauteur: 135 m
Production (moyenne annuelle): 4,3 GWh
En 6 ans, les éoliennes de la vallée du Rhône n'ont pas souffert d'oppositions des riverains directs. On ne les entend pas à plus 500 m.

Les éoliennes dont vous parlez sont plus hautes et plus récentes. Les plus grandes sont capables de produire 15 GWh par année dans les mêmes conditions.
Plus le rendement d'un éolienne est élevé, moins elle fait de bruit (le bruit est une perte qui affecte le rendement).

Donc 500 nouvelles éoliennes suffiraient amplement pour produire autant que Muehleberg.

Il n'est pas possible de s'opposer au nucléaire, de renoncer au moindre milli Watt et de refuser l'alternative des éoliennes qui présente si peu d'inconvénients en comparaison du nucléaire. L'empreinte des éoliennes dans le paysage, en dehors des crêtes, est moins importante que les nombreuses carrières à ciel ouvert, les autoroutes et viaducs, les pylônes électriques de la plaine du Rhône et d'ailleurs. Notre paysage est suffisamment vallonné et sinueux, pour que la plupart des éoliennes soient implantées de telle sorte qu'elles soient invisibles au-delà de 5 kilomètres.

Mieux vaut quelques éoliennes grandes et performantes, éloignées des habitations, que des forêts de petites éoliennes bon marché et d'un rendement médiocre.

Écrit par : Crazy Koala | 04/04/2011

Vous êtes gentils avec vos chiffres, mais il faudra bien une fois nous sortir des chiffres sur lesquels on pourra se baser. Parce que entre le bruit continu des éoliennes qui est gênant pour certains et absolument insignifiant pour d'autres, entre les 1000 éoliennes d'un côté et les 500 de l'autre qu'il faudrait pour égaler la production d'une centrale nucléaire, il y a un monde.

Comment voulez-vous que l'on se fasse une idée réelle des avantages et des inconvénients ?

De là à dire que personne ne sait combien d'éoliennes il faudrait pour remplacer le nucléaire, il n'y a qu'un petit pas. Et ce n'est pas comme ça que vous arriverez à me convaincre (et je ne suis certainement pas le seul) que c'est l'énergie du futur.

Écrit par : Pascal D. | 05/04/2011

Je pense au contraire que le débat sur le nucléaire implique forcément un débat sur les alternatives qui sont proposées. Et c'est important d'en discuter, tant les informations sur les énergies renouvelables sont insuffisantes et idéalistes, pour nous permettre un vrai choix.

Le rendement des éoliennes de Collonges est excellent, car elles sont situées dans le fameux couloir rodhanien, où le vent y est connu pour souffler très régulièrement!
Ce qui, par exemple, ferait d'ailleurs du canton de Genève en bout de lac, un très bon lieu d'implantation.
Mais les services industriels genevois préfèrent aller les mettre dans l'Arc jurassien, où le vent est plus faible, et loin des yeux de leurs concitoyens. On se demande pourquoi?

Dans l'Arc jurassien, tous ceux qui y vivent vous confirmerons que le vent, lorsqu'il souffle, est irrégulier et tournoyant à cause de la topographie.
Les éoliennes du Mont-Crosin ont produit en moyenne, durant 1500h à pleine charge en 2010. C'est beaucoup moins que les éoliennes de Collonges.
Il est impossible d'obtenir la quantité de kw qui ont été réellement injecté dans le réseau, car les responsables refusent de communiquer ce chiffre. Comme si ils avaient quelque chose à cacher.
Vous semblez également ignorer qu'Il y a des oppositions directs aux éoliennes de la Vallée du Rhône. Pour Collonges, un recours a été déposé au Tribunal fédéral!
Vous pouvez aller vérifier sur ce lien:
http://www.appcr.ch/parc-eolien-des-dents-du-midi,pa,36,fr.html

Ces éoliennes ne sont pas les plus grandes de Suisse. Désormais, ce sont les 8 dernières construites en 2010 au Mont-Crosin.
Et celles qui vont être construites, par exemple au Mollendruz, au Marchairuz, puis près de Vallorbe, puis dans les bois du Jorat, et dans bien d'autres lieux, font 198m, est ont un rayon de visibilité entre 10 km et 30 km, car elles sont toujours disposées sur les monts et les crêtes.

"Plus le rendement d'une éolienne est élevé, moins elle fait de bruit"
Dans ce cas vous ne parlez que du bruit mécanique, pas des différents bruits aérodynamiques:
Frottement de l'air sur les pales, compression de l'air contre le pylône à chaque passage de pale, ultrasons et infrasons.
De nombreuses études ont été réalisées à ce sujet par des scientifiques reconnus. Dont un travail de référence pour les acousticiens, par une autorité de la NASA:
Wind Turbine Acoustics, NASA Technical Paper 3057,Harvey H. Hubbard and Kevin P. Shepherd déc.1990

Certes, les plus grandes machines produisent plus, mais alors leur impact sonore (aérodynamique) a alors une portée de plusieurs kilomètre également, car à ces hauteurs plus rien n'empêche la propagation du son. C'est de la physique élémentaire.
Mieux vaut une éolienne grande et performante, éloignée des habitations... dites-vous.
Je suis d'accord avec vous.
Et bien allez regarder exactement à quelle distance des habitations vont être construites les éoliennes de Ste-Croix. Elles vont surplomber le village à une hauteur de plus de 320 m, c'est à dire la hauteur de la Tout Eiffel et à 300m, 400m, 500m des premières habitations.
Où sont situées celles de St-Brais et celles de Peuchapatte (138m)
Un paysan bio de Peuchapatte, favorable depuis des années aux éoliennes et au projet à côté de sa ferme, se plaint désormais des vibrations et du bruit qui s'engouffre dans sa grange ouverte... Il est situé à 1000m de l'éolienne.
A la montagne de Buttes dans le Val-de-Travers, 16 éoliennes de 70m au rotor maximum étaient prévues pour des raisons de protection de l'environnement et du paysage.
Désormais, c'est 31 machines de 148m, probablement plus hautes, qui sont annoncées et vont entourer les hameaux du lieu et leurs habitants, à des distances d'à peine 400m des habitations...
Il faudrait dès lors comme vous le dites les installer loin des habitations, c'est à dire à plus de 1000m de distance minimum selon les recommandations internationales. Les promoteurs refusent farouchement cela pour la raison suivante: si ils doivent tenir compte des habitants ils doivent réduire la quantité de parcs et d'éoliennes. Cela signifie une perte très importante du chiffre d'affaires et des bénéfices attendus.
Essayez de les convaincre qu'il faut davantage tenir compte des riverains. Vous verrez avec quelle violence ils refusent d'entrer en matière.

Connaissez-vous les dernières éoliennes, dites en spirales, avec des panneaux d'aluminium.
Elles fonctionnent au moindre coup de vent, donc produisent rapidement du courant et ne font pas de bruit, car les bruits aérodynamiques, si insupportables pour les riverains ont été ainsi supprimé. Nous pouvons donc en mettre sur tous les bâtiments des villes. Et là, la quantité de petites éoliennes pourrait jouer un rôle important, en imaginant toujours une mixité avec les panneaux solaires.


Je vous parle de la réalité sur le terrain que comme beaucoup vous semblez ignorer.
Pas uniquement de chiffres et de prévisions de production.
Allez à la rencontre de ceux qui vivent déjà à côté des éoliennes industrielles, sans supposer que...
Ecoutez ce qu'ils ont à vous dire. Pourquoi et comment ils en sont arrivés à ne plus vouloir d'autres machines au-dessus de leur tête, alors que la plupart, avant la construction
étaient dans l'engouement pour cette nouvelle forme de production d'énergie.
Les habitants de Peuchapatte vous invitent à dormir une nuit dans une grange à côté des éoliennes, avec grillade, promenade et discussion autour du feu.
Ce sont des personnes très accueillantes, malgré ce qu'elles endurent. Alors allez-y!
Si après cette visite, vous êtes toujours convaincu, que quelques milliers d'éoliennes sur notre territoire, c'est bien, ce sera au moins en connaissance de cause.

C'est cela la réalité et il n'est pas juste de l'ignorer, même pour la raison louable qu'est la sortie du nucléaire. A laquelle, je l'ai déjà dit, j'adhère parfaitement.
Il y a d'autres manières de faire tout en respectant les gens et l'environnement. Mais les bénéfices, alors changeraient clairement de main.

Je m'arrête ici, en espérant que tous ceux qui liront ces lignes auront la curiosité de s'informer de cette réalité sur le terrain. C'est là seule valable pour se former une opinion juste sur le dossier des éoliennes industrielles.

Je remercie M.Van Singer d'avoir permis l'expression de ce point de vue différent par l'intermédiaire de son blog.

Myrisa Jones

Écrit par : Myrisa Jones | 05/04/2011

Pour Pascal D. qui demande des chiffres, vous les trouvez sans peine avec Google, et notamment ici:

http://www.rhoneole.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=28
http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_nucl%C3%A9aire_en_Suisse

La production d'énergie d'une éolienne dépend de sa taille, de sa conception, de sa localisation (conditions climatiques) et de ses spécifications. Elle peut varier du simple au décuple ou plus. De quelques dizaines de MWh à près de 20 GWh pour les éoliennes offshore.

Un site très complet vous donnera les détails de chaque type d'éolienne:
http://wwww.thewindposer.net

Donc entre 500 et 100 éoliennes pour remplacer une centrale, tout s'explique. Les centrales nucléaires suisses ne produisent pas toutes la même quantité d'énergie. Cette quantité varie du simple au triple ou à peine plus, selon leur taille et conception.

Si on prend une éolienne qui produit 6GWh par an, il en faut 480 pour remplacer la production annuelle de Muehleberg, qui est de 2'881 GWh.

Les éoliennes ne sont pas l'unique solution pour la production d'électricité du futur. CVS en a mentionné plusieurs dans d'autres fils. La solution la plus économique est celle qui produit des "negaWatt", c'est-à-dire les économies d'énergie.

Les éoliennes doivent être considérées comme une des nombreuses possibilités et doivent être implantées là où elles sont acceptables et acceptées.

Je partage avec Myrisa ses objections à l'implantation d'éoliennes à proximité immédiate des habitations. Les projets actuels dans le Jura sont à revoir. A ma connaissance, le parc éolien du Mt Crosin est parfaitement bien accepté. Les riverains sont même assez fiers de leur parc et ont conçu un parcours touristique pour les randonneurs qui rencontre un bon succès.
Il devrait donc être possible de trouver des solutions.

Dans les Alpes, les alentours des cols et des barrages ne sont pas très habité, les conditions de vent sont propices et les reliefs permettraient la construction de plusieurs éoliennes avec de bonnes productivités énergétiques, sans être vues de loin exceptés par de rares angles de vue.

Certains opposants aux éoliennes ne sont pas parfaitement objectifs. Ils montrent des exemples d'échecs basés sur de vieilles éoliennes bruyantes installées à la hâte à l'étranger, parfois vues d'avion, alors que la plupart d'entre nous n'auraient jamais cet angle de vue. Si ces vues étaient comparées à la vue aérienne d'une centrale nucléaire, d'une mine de charbon ou d'une décharge à ciel ouvert, le lecteur aurait une autre opinion des désavantages objectifs.

D'autre part, la force du vent est très différente à la hauteur du sol et à 100 ou 150m au dessus du sol.
Dans une forêt, le promeneur peut croire que toute la région est à l'abri du vent, alors que le vent souffle à 40km/h à 100 m au-dessus.

Un non catégorique à toutes les éoliennes n'est pas plus raisonnable que d'imposer des éoliennes partout.
Entre deux, il y a de la place pour des compromis acceptables et intéressants comme alternatives au nucléaire.

Écrit par : Crazy Koala | 05/04/2011

Correction
==========

Désolé, mon clavier a fourché à au moins deux reprises:

Le bon lien pour les éoliennes est: http://www.thewindpower.net/

Et un 0 n'a pas été imprimé (100 au lieu de 1000):
"Donc entre 500 et 1000 éoliennes pour remplacer une centrale, tout s'explique."

Écrit par : Crazy Koala | 05/04/2011

J'ai été très déçue par vos propos d'hier à Saignelégier. Je m'attendais à des idées, des solutions. Mais ce n'est pas grave. Vous ne pouvez pas être au courant de tout. J'ai constaté que loin des éoliennes industrielles, on oublie leurs nuisances. Et si on ne les a pas connues, alors comment savoir...
Si vous avez un tant soit peu de curiosité, lisez le livre de Arnaud Michon, le sens du vent, puis volontiers j'écouterai votre sentiment et vos arguments en faveur de l'éolien industriel. Il ne faudrait pas refaire les mêmes erreurs qui nous conduisent aux aberrations d'aujourd'hui. Oubliez vos ambitions politiques et parlez vrais. Je rêve d'interlocuteurs ouverts et sensées. En 17 mois de lutte je n'ai rencontré que barrières et mensonges. Tout ce que vous avez dénoncé hier soir à propos du lobby nucléaire je le connais par coeur parce que du côté des éoliennes industrielles c'est pareil. Ce serait formidable si vous preniez le temps de vous informer. Essayez de comprendre pourquoi les voisins d'éoliennes industrielles sont anéantis et se retrouvent dans les rangs de l'opposition au lieu de chercher à museler les oppositions! Ne devenez pas plus brun que vert!

Écrit par : razlesoreilles | 05/04/2011

@Mme Myrisa Jones
Vos commentaires sont très documentés et nous informent sur le fait que les éoliennes ont aussi de nombreuses faces écologiques négatives, ce que les chantres de ce système passent sous silence. Merci de nous faire découvrir cet aspect-là.

@Crazy Koala
Vous voulez nous donner des chiffres. Vous avez bien raison,car dans l'atmosphère émotionnelle actuelle, ce côté factuel manque au débat. Le problème, c'est que certains de vos chiffres me semblent sujet à contestation. Selon votre suggestion, j'ai été consulté le site rhoneole.ch.
On y apprend que l'éolienne E 70 "Cime de l'EST", celle que l'on voit à gauche de l'autoroute quand on roule vers le Valais, a une puissance électrique de 2,050 MW, ce qui donne bien une production théorique annuelle de 18 GWh, ce que certaines éoliennes off-shore sont réputées obtenir, voire dépasser. Hélas pour ses propriétaires, mais plutôt tant mieux pour les Valaisans, le vent ne souffle pas 8'760 h par an à Martigny. "Cime de l'Est" a en fait une production annuelle moyenne de 4.3 GWh, soit un rendement de 24 %, résultat supérieur à la moyenne suisse d'ailleurs qui est d'environ 20%. "Cime de l'Est" ne produit donc de l'électricité qu'environ 2'100 h par an, même pas l'équivalent de 90 jours (pour le Mont-Crosin, Mme Jones cite le chiffre de 1'500 h par an). Ce qui fait revoir à la hausse le nombre d'éoliennes à installer pour remplacer la centrale de Muehleberg : vous mentionnez le chiffre de 480 à 500 machines, c'est 670 "Cime de l'Est" qu'il faudrait aligner pour compenser les 2'881 GWh de la centrale bernoise, dont le taux de rendement est de plus de 90 %.

@M. van Singer
Vous faites encore plus fort dans votre match éoliennes / nucléaire. Vous prétendez que 1'600 éoliennes suffiraient pour compenser la production de Liebstadt et Gösgen. Je pensais bien que venant d'un politicien, ce chiffre était "arrangé", mais quand même pas à ce point : en 2009, Leibstadt a produit 9'385 GWh et Gösgen 8'072 GWh, soit un total de 17'457 GWh. Chacune de vos 1'600 éoliennes stakanovistes devraient ainsi produire 11 GWh pour remplacer les deux centrales. En vérité, c'est plus de 4'000 "Cime de l'Est" à 4.3 GWh qu'il faudrait construire ! Combien pourra-t-on en mettre dans votre jardin ?

Écrit par : Daetwyler | 05/04/2011

@M. Daetwyler,

Les chiffres que j'ai précédemment donnés:

Hauteur: 135 m
Production (moyenne annuelle): 4,3 GWh

sont repris scrupuleusement de la page http://www.rhoneole.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=28

Cette éolienne "Cime de l'Est" est déjà un ancien modèle. Elle est beaucoup moins grande et moins performante que les éoliennes de dernière génération.
La production donnée pour "Cime de l'Est" est une moyenne effective basée sur 5 ans. Cette valeur n'est ni optimiste, ni pessimiste. Elle est réelle.

Voilà pourquoi dans un second calcul, j'ai pris une valeur espérée et raisonnable de 6 GWh par an et par éolienne, pour de nouvelles éoliennes, de dernière génération, qui seraient implantées ailleurs.
Si vous prenez une valeur de 24% pour Cime de l'Est, qui est plus grande et plus performante que toutes les autres éoliennes de Suisse, à l'exception de sa voisine valaisanne, il n'est pas correct de la comparer aux autres éoliennes du Jura, plus petites et moins performantes.

Les "petites" éoliennes du Jura, ne captent pas le vent fort qui souffle plus haut. Si vous mettez une éolienne comme celle de Collonges au Jura, la production moyenne sera nettement plus élevée que pour n'importe quelle éolienne actuellement dans le Jura.
Si vous mettez une éolienne de dernière génération, comme celles qu'on trouve sur www.thewindpower.net, dans le Jura ou pour remplacer celles de Collonges, la productivité par éolienne sera encore améliorée.

6 GWh par an et par éolienne récente me parait être une estimation plutôt pessimiste.
Celles qui sont implantées offshore produisent beaucoup plus que ça.
J'ai tenu compte des conditions réelles de vent en Suisse et considéré que les éoliennes n'étaient pas les plus performantes.
Donc je maintiens le nombre de 480 éoliennes pour remplacer Muehleberg.

L'estimation de CVS pour remplacer Leibstadt et Goesgen, se tient si on prend l'éolienne la plus grande et la plus performante, et si on en met 1'600 dans des endroits particulièrement bien choisis.

Écrit par : Crazy Koala | 06/04/2011

Si vous prenez l'exemple du parc éolien de Georgsfeld, récemment opérationnel et documenté sous:
http://www.thewindpower.net/champ-eolien-15171.php

6 éoliennes ont une production annuelle estimée (basée sur quelques mois de fonctionnement seulement) de 97 GWh au total.
Cela fait 16GWh par an et par éolienne.
Et pourtant seulement 2 éoliennes parmi les 6 sont les plus performantes du marché.

Dans les mêmes conditions climatiques en Suisse, il suffirait de 1'100 éoliennes des même modèles pour remplacer Leibstadt et Goesgen.

Écrit par : Crazy Koala | 06/04/2011

@Crazy Koala
Cher Monsieur,
Je comprends bien que d'importants progrès viendront encore améliorer la productivité des éoliennes, mais actuellement nous parlons de faits avérés et vérifiables et non de plans sur la comète.

Le site de Georgsfeld est situé en Basse-Saxe, dans le Nord de l'Allemagne. Les conditions de vent y sont totalement différentes des conditions suisses. Il n'y a probablement aucune habitation, donc pas de nuisances pour les humains.

Mais nous parlons d'une éventuelle sortie du nucléaire en SUISSE, pays exigu et très peuplé avec des conditions climatiques DIFFERENTES. Jamais nous trouverons la place pour construire 1'600 éoliennes (selon CvS) ou 1'100 (selon vous) de 126 m de hauteur balayant chacune une surface de 12'500 m2 et ne fournissant, selon des ESTIMATIONS, de l'énergie que pendant 2'500 h par an (taux de rendement : env. 29 % !).

Be realist, Koala

Écrit par : Daetwyler | 06/04/2011

M. Daetwyler,

Vos arguments nous amènent dans une discussion intéressante.

La réalité n'est pas toujours comme on aime à l'imaginer.
Wikipedia est impitoyable pour condamner les clichés.

Densité de la population
======================
Suisse: 188,6 habitants/km2
Allemagne: 230 habitants/km2

Et Georgsfelds est habité.
Google maps vous montrera une éolienne à 500m d'un groupe d'habitations.

Les vents qui soufflent au sommet de nos montagnes n'ont rien à envier à ceux des plaines au nord de l'Allemagne.

Pourtant l'Allemagne couvre environ 16% de ses besoins en électricité grâce à ses éoliennes. En Suisse, nous avons les terrains pour, mais nous sommes très loin de les exploiter aussi bien que les Allemands.

Écrit par : Crazy Koala | 06/04/2011

Correction: la part d'électricité produite par l'Allemagne avec les éoliennes était de 10% en 2010. Cette part augmente rapidement année après année.
En Suisse, les éoliennes couvrent moins de 1% des besoins des consommateurs.

Écrit par : Crazy Koala | 06/04/2011

Parfois la satire a du bon:

http://www.youtube.com/watch?v=PWeSuwYmV8Y

Karl ou le Fou du Roi!

Écrit par : Karl | 06/04/2011

Nous vous rappelons que la superficie totale de ce grand pays qu'est l'Allemagne est de 356 854 km2, soit 8x 1/2 plus grande que celle de la Suisse qui fait 41 000 km2 et des poussières...
La Suède, 450 000km2, donc 10X.
L'Autriche, souvent utilisée pour la comparaison, 83 855 km2, soit déjà le double de superficie.

Oui! l'Allemagne a produit 10%, mais avec plus de 20 000 éoliennes, essentiellement construites dans les grandes plaines à culture intensives et au bord de la mer, au nord du pays. Avec des conditions de vent très supérieures à celles que l'on trouve au centre du continent, donc en Suisse. Elle a réouvert toute ses mines de charbon et construit des centrales à gaz polluantes pour soutenir l'énergie intermittente de l'éolien. Son taux de CO2 a fortement augmenté. Et malgré tout cela, elle devra trouver encore de l'énergie pour s'approvisionner. Laquelle et où?

http://environnementdurable.net/documents/pdf/M%E9mo%20%E9olien%20Allemagne_080805_v3.pdf

Sur un territoire donc 8x plus grand que le territoire de la Suisse, dont 60% est occupée par les Alpes où dans beaucoup de lieu, pour des raisons d'accès et climatiques il est impossible de construire. Reste 10% de l'Arc jurassien et les 30% du plateau...
Nous ne disposons pas du tout des mêmes espaces que nos voisins.
Pourtant, nous entendons à longueur de temps ces comparaisons, accompagnées de prévisions de production tellement exagérées, que cela pourrait nous faire rire si la situation n'était pas aussi grave.
Vous ne faites que répéter mécaniquement, ce que les services de marketing des promoteurs de l'éolien industriel, assènent depuis des mois et des mois pour convaincre les milieux politiques, les médias et la population.
C'est vraiment dommage!

Myrisa

Écrit par : Myrisa Jones | 06/04/2011

@Myrisa,

Les surfaces des territoires allemand et suisse n'étant pas comparables, on ne peut que raisonner en pourcentage. La densité de la population est plus faible en Suisse qu'en Allemagne, pourtant la part de production d'énergie éolienne est 20 fois plus faible en Suisse qu'en Allemagne.
La part des autres énergies n'a rien à voir. C'est uniquement une volonté politique différente qui a permis à l'Allemagne de développer les éoliennes.

Cette volonté politique a manqué en Suisse et nos tribunaux ont porté une attention bien trop importante aux oppositions de certains habitants.

Le bruit de l'autoroute du Valais est bien plus perceptible à 500 m des éoliennes que les éoliennes elles-mêmes.
Dans le Jura, il est vrai que les riverains ne sont pas habitués aux bruits de la ville, mais il ne se plaignent pas du bruit des cloches et ne renoncent pas au courant électrique produit avec des nuisances pour d'autres riverains.

Dans vos considérations climatiques, vous vous basez uniquement sur les résultats de rendement des plus petites, vieilles et bruyantes éoliennes.
Encore une fois, ces petites éoliennes ne captent pas les vents plus forts qui soufflent à quelques dizaines de mètres au-dessus. Vous devriez consulter les graphiques qui donnent la force des vents en fonctions de l'élévation au sol.

Si l'industrie produit des éoliennes toujours plus grandes, ce n'est pas uniquement pour supporter un rotor de plus grand diamètre, mais surtout pour capter des vents supérieurs dont la puissance est plus élevée et quasi permanente.

Les adeptes de la voile savent bien qu'au lac de Joux, dans le Jura, les chances de rencontrer des vents forts sont bien supérieures aux probabilités de pouvoir naviguer sur le Léman.
Donc il est faux de répéter que le vent souffle moins dans le Jura.
Il y a des configurations qui sont plus propices que d'autres. Il suffit de monter en altitude de quelques dizaines de mètres, ou de se placer dans des rétrécissements de reliefs, pour observer des vents forts et fréquents.
Dans les Alpes, les cols du Simplon et du St Bernard, pour ne citer qu'eux, seraient de parfaits sites pour un bon rendement éolien.

On peut aussi imaginer que les barrages existants ne souffriraient pas de la compagnie de quelques éoliennes.
Ce ne sont pas les éoliennes qui cacheront les barrages.

Écrit par : Crazy Koala | 06/04/2011

Je sais que les vents plus hauts sont plus forts et plus réguliers, et que les derniers modèles de 220m de haut ont une puissance augmentée. Et lorsque je cite les éoliennes de plus de 150m, je vous parle des derniers modèles qui ont une puissance de 2,3 MGw à 7 MGw (Enercon)
Je sais aussi que c'est pour une question de rendement que ces machines gigantesques sont désormais proposées chez nous. Et grâce au rendement que permet leur hauteur nous pouvons désormais les mettre aussi en plaine, dans les campagnes, dans les forêts
Les éoliennes le long des autoroutes, à côté des barrages, dans les zones déjà construites ou industrielles, en priorité, et proche des grands centres urbains, c'est déjà mieux.
Le bruit de fond qui existe (bruit résiduel) déjà jour et nuit, peut masquer l'impact sonore des éoliennes.

Vous estimez que tous les habitants de Suisse doivent partager les nuisances et la pollution de notre civilisation "énergivore".
Soit! C'est votre droit de penser que tous les hommes doivent assumer leur comportement.je le pense aussi.
Mais, dans ce cas, vous mettez totalement de côté le patrimoine environnemental, les écosystèmes et toute cette nature qui nous entoure et qui est précieuse pour tous, même si elle n'est pas "rentabilisée" d'une manière ou d'une autre.
Cette surexploitation, toujours avec de bonnes raisons, c'est ce que fait notre civilisation depuis des siècles. Et nous voyons aujourd'hui où cela nous a conduit.

Dès lors que les choses soient dites très clairement et que le bricolage actuel de la Confédération, des cantons et des promoteurs cesse. Et la désinformation malhonnête qui l'accompagne aussi.
Que l'on parle des nuisances sonores et visuelles très importantes, que l'on montre l'envergure des chantiers et les dégâts considérables fait à l'écosystème pour des décennies.
Qu'on rachète au prix du marché, les terrains et les maisons des personnes qui ne pourront pas vivre au milieu de cela. Bref que l'on soit honnête dans l'information donnée aux populations, au lieu de faire comme aujourd'hui en catimini, par derrière et en mentant sur la réalité.

1000 machines de dernière génération-je précise- implantées rien que dans l'Arc jurassien, cela suppose une industrialisation massive de ce territoire, donc un changement d'affectation qui, pour l'instant, contrevient à tous les articles de la LAT ( loi sur l'aménagement du territoire). Et j'insiste, pour une production qui sera dévorée en quelques années rien que par l'augmentation de la consommation... 5 à 10 ans, en prenant l'estimation de production la plus optimiste avec les éoliennes de dernière génération. Ce n'est pas une vision très durable!

D'autre part et avec cette vision là, la moindre des choses serait que les autorités fédérales, en accord avec les cantons et les communes concernées, classent tout l'Arc jurassien comme une zone industrielle propice à la production d'énergie éolienne et supprime pour ce territoire tous les classements de protection, obtienne le droit d'expropriation et annule le droit de recours des particuliers et des associations-comme vous le souhaitez semble-t-il- au nom de l'intérêt supérieur.
Y compris la protection des forêts dont M.Kramer, en déposant une motion, vient de demander le déclassement pour y implanter les éoliennes.
Que ce changement des lois de protection de la nature soit voté par le parlement et présenté ensuite votation populaire. C'est bien cela la démocratie?
Le Souverain décidera et ainsi assumera ses choix.
Quant au manque de volonté politique des autorités, pour un développement intelligent des énergies renouvelables, nous partageons le même avis.
Mais, s'il vous plaît, ne comparez pas le bruit des cloches avec celui des machines. C'est un peu ridicule, vous en conviendrez.

Je vous remercie d'avoir ainsi débattu sur ce sujet des éoliennes industrielles.
Nos opinions divergentes quant à l'utilité ou non des cette nouvelle industrie sur notre territoire et la manière dont cette implantation se passe, aura peut-être permis à certains de se faire une opinion plus personnelle et plus juste.

Meilleures salutations et bonne route Crazy Koala

Écrit par : Myrisa Jones | 07/04/2011

Chère Myrisa,

Je souhaite avant tout que les Suisses adoptent un discours cohérent face au défi de la production d'énergie. La catastrophe de Tchernobyl nous a montré que nous partageons déjà tous les nuisances de certains choix, même lorsque ce sont nos voisins qui les font, et que nous ne sommes pas à l'abri d'un accident qui importune nos voisins un jour.

Donc entre deux maux, les énergies renouvelables ou les énergies fossiles, il faut savoir choisir le moindre, puisque la diminution de la consommation ne semble pas être une option suffisamment soutenue pour nous permettre de renoncer à nos centrales nucléaires sans les remplacer.

Si, comme vous le mentionnez, les sites déjà bruyants ou indignes d'intérêt pour notre patrimoine, ne sont pas assez nombreux pour accueillir assez d'éoliennes, il faut faire des concessions pour autoriser des éoliennes dans des sites peu habités. En se promenant dans le parc éolien du Mont Crosin, les randonneurs n'ont pas franchement l'impression de se balader dans un site industriel ou dévasté. A tout prendre, une éolienne est souvent plus élégante que certaines fermes ou hangars agricoles.

Quand il souffle fort, on se promène rarement en forêt. Pourtant le vent dans les arbres peut faire un bruit épouvantable qui couvre le lent sifflement de la première éolienne à 300m.

Alors si on garantit une distance de 1000m avec la première habitation pour implanter une éolienne, et en évitant de placer cette turbine entre le parcours du soleil et l'habitation pour éviter le phénomène de stroboscope, les voisins directs des éoliennes devraient faire preuve de tolérance.

On peut admettre de ne pas élever d'éoliennes à proximité des domiciles de citoyens qui se préoccupent depuis longtemps de ne pas consommer d'électricité en dehors de celle produite avec des panneaux solaires et qui renoncent à se rendre régulièrement en ville en voiture, pour respecter leur comportement responsable.

Sinon, pour les autres opposants, il faut leur donner raison uniquement s'ils peuvent offrir une alternative qui fasse l'unanimité parmi le peuple.

Ne le prenez pas pour une porte fermée. Il existe peut-être des solutions miracles qui ne demandent qu'à être connues.

Écrit par : Crazy Koala | 07/04/2011

@M. van Singer
@Crazy Koala

24-Heures du vendredi 08.04.3011, bas de la page 5 : Suisse Eole souhaite implanter 350 éoliennes de très grandes dimensions et vise une production de 1'500 GWh par an, soit la moitié de la production de Muehleberg. Ainsi pour compenser toute la production de Muehleberg, il faudrait 700 éoliennes de très grands dimension

Comparaison naïve :
Pour Muehleberg (3'000 GWh par an env.) : Suisse Eole calcule 700 éoliennes alors que Crazy Koala se contente de 480 machines (cf. ce blog, réponse du 05.04.2011) !
Par extension et en prenant toujours des machines de "très grande dimension", Suisse Eole aurait besoin de 4'200 éoliennes pour remplacer la production cumulée de Leibstadt et de Gösgen (env. 18'000 GWh par an). M. van Singer estime que 1'600 suffiraient (cf. sa réponse sur ce blog le 04.04.2011). Crazy Koala est encore meilleur : à son avis, le job peut être bouclé avec l'100 machines (cf. sa réponse sur ce blog le 06.04.2011)

Mais qui est donc Suisse Eole pour sortir des chiffres si différents de nos experts verts qui nous assènent leurs "vrais" chiffres ? Comme elle l'annonce en tête de son site suisse-éole.ch : Association pour la promotion de l'énergie éolienne en Suisse.

C'est bien là le problème du débat qui enflamme actuellement le pays : les pro-éoliens fanatiques n'hésitent pas à publier (et à défendre) des chiffres FAUX sur la productivité de leurs bébés, même s'ils contredisent leurs propres experts. S'ils le font par ignorance, ce sont des incompétents - s'ils le font en toute connaissance de cause, ce sont des menteurs qui jouent avec le feu, car le peuple pourraient prendre des décisions catastrophiques sur la base de leurs affirmations.

Écrit par : Daetwyler | 08/04/2011

M. Daetwyler,

Le communiqué complet de Suisse-Eole parle de 300 à 350 éoliennes pour une production de 1'500 GWh. En prenant 300, cela fait 5GWh par éolienne. Il en faudrait 576 pour compenser Muehleberg (2'881 GWh).

Donc avec 480 et sans m'y être penché des heures avec des calculs basés sur des mesures précises pour chaque site candidat, mon premier chiffre n'était pas très loin. En tous les cas plus proche que vos premiers pronostics très pessimistes.

Mais peu importe. Les chiffres de Suisse-Eole, de CVS et les miens les plus favorables, sont tous corrects. Je vous ai d'ailleurs fournit des références et j'ai précisé:
"Dans les mêmes conditions climatiques en Suisse, il suffirait de 1'100 éoliennes des même modèles pour remplacer Leibstadt et Goesgen."
Cela dépend des modèles d'éoliennes que l'on choisi et des emplacements.

Au Mt Crosin, sur les 16 éoliennes, les 8 dernières produisent 3 fois plus d'électricité que les 8 premières. La technique a évolué, les gabarits et les performances aussi.

C'est comme si vous demandiez au salon de l'automobile, chaque année pendant 20 ans et pour chaque marque, qu'elle est la vitesse maxi, ou l'autonomie, d'une voiture. Vous obtiendrez 1000 réponses différentes en fonction du modèle et de l'année. Cela ne veut pas dire que 999 réponses sont fausses.

En proposant 300 ou 350 éoliennes, Suisse-Eole ne mise pas que sur le modèle le plus performant et fait une prévision sans doute très conservatrice des conditions de vent. Il faut noter, que sur la plupart des sites, les prévisions étaient trop pessimistes. Les éoliennes ont souvent produit plus d'électricité, sur une année, que prévu.

Notez aussi, que le modèle d'éolienne de Collonges n'était pas, à l'époque de sa construction, le modèle le plus récent. En Suisse, les sociétés ne font confiance qu'à des modèles qui ont prouvé leur qualité sur plusieurs années. C'est souvent au dépend de la performance qui est meilleure sur les derniers modèles.

De toute manière, si un jour le peuple est appelé à se prononcer, ce sera sur la base d'un dossier solide présenté par les promoteurs et les autorités, et non sur les chiffres de CVS ou les miens énoncés sur ce fil.
Quand on connaitra le type exact des éoliennes et leurs emplacements, je suis prêt à refaire mes calculs plus précisément et probablement qu'ils confirmeront les prévisions de Suisse-Eole.

L'important est que les éoliennes proposées produisent autant d'électricité que les promoteurs nous promettent, et qu'il n'y ait pas de tromperie comme celles qui ont été distillées par le lobby nucléaire pour leurs centrales.

Écrit par : Crazy Koala | 08/04/2011

La preuve par les chiffres , Crazy Koala...Allez visitez cette page et sortez votre calculette, niveau mathématique 5 ème année, donc vraiment rien d'inabordable...
http://vent-de-folie.aminus3.com/image/2011-03-21.html

Selement voilà, quand on ne veut pas voir que le rêve auquel aon s'accroche désespérément on est prêt à dire n'importe quoi pour sauver son gourou déchu...La vérité est que les promotteurs éolien sont des menteurs, des escrocs et que nous Suisses, avons tout à perdre à nous engager dans cette voie...La plus simple et la première des raison étant qu'il nous manque la matière première!!!!

LA SUISSE N'A PAS ASSEZ DEVENT POUR RENTABILISER CETTE FORME D?ENERGIE...

Et qu'on arrête d'imposer aux habitants du Jura les conséquences de ses phantasmes écologiques délirants!
POINT!!!

Écrit par : Vent-de-Folie | 11/04/2011

@Vent-de-Folie,

En 5ème on apprend à utiliser la calculette, et vous vous débrouillez très bien avec une calculette.

C'est un peu plus tard qu'on apprend à utiliser sa tête, pour comprendre ce que veulent dire les chiffres que l'on vous donne, ou que vous entendez sur Couleur3 de votre animateur favori.

8'400kWh est la consommation totale d'énergie par personne, y compris le chauffage et l'eau chaude, le plus souvent encore produits avec du mazout, du bois, des pelets, du gaz, par chauffage à distance, par pompe à chaleur, ou par des panneaux solaires thermiques, et surtout y compris les transports (le plus souvent fonctionnant à partir d'énergie fossile).

La consommation moyenne d' ELECTRICITE par ménage en Suisse est bien de 3'500kWh. Vous pourrez le vérifier sur un site officiel de plusieurs services cantonaux de l'énergie en Suisse:

http://energie-environnement.ch/fr/electricite/l-electricite-du-menage

Avant de traiter les professionnels de l'énergie éolienne de menteurs et d'escrocs, apprenez à lire des sources d'informations plus sérieuses qu'un blog de farfelu.

Vous trouverez plus haut des références de sites qui donnent des valeurs de rendement d'éoliennes installées en Suisse, qui prouvent que l'énergie éolienne en Suisse est rentable. Chaque milliwatt de courant éolien trouve un consommateur et cette forme d'exploitation d'énergie se développe très rapidement, chez nos voisins aussi, puisqu'on trouve du vent partout, sauf dans des endroits très abrités.

En plus la population de Sainte-Croix accepterait très facilement des éoliennes si on lui proposait de choisir entre des éoliennes ou une centrale nucléaire.

Écrit par : Crazy Koala | 12/04/2011

Donc le blog où j'ai trouvé l'image de l'église au milieu du village est un blog de farfelus?

De même que le blog ou j'ai trouvé les chiffres?

Et que dites vous du syndrôme éolien? Des symptômes psychosomatiques, peut-êtres?



De la moins value des batiments sis à proximité d'éoliennes...

Et qui êtes vous pour prétendre que les Saintes-Crix préféreraient une éolienne à une centrale nucléaire?
Encore cet argument pathétique...

Si je ne sais pas me servir de ma tête, selon vous, je sais me servir de mon coeur et je connais le sens de la solidarité et de l'empathie...
Semer le Jura d'éoliennes ne changera rien au problème mais par contre modifiera et pour longtemps la santé des riverains de ces choses.

Il n'y a qu'une réponse. Messieurs les ingénieurs retournez à vos copies, si la recherche avait bénéficié des montants investis dans le nucléaire, nous aurions peut-être notre solution...
Et si on commençait par un peu de décroissance et d'économis d'énergie, Monsieur( ou madame?) Koala...

Rien ne justifie d'imposer des souffrances à des personnes pour assouvir son besoin d'idéologie...Et je ne suis pas prête à me sacrifier la santé pour votre religion verte.!

Écrit par : Vent de folie... | 12/04/2011

Koala, vous parliez d'autres énergies...
En son temps, je lisais Sciences et Vie...

ce journal se faisait parfois éccho de nouvelles technologies...
Il en est une que j'avais retenu, qui semblait être extrêment prometteuse...Le photovoltaïque aux phytoplanctons...jamais plus en tendu parlé..Pourquoi?

et les hydroliennes, et le kytegen?

Vous êtes actionnaires de l'éolien à defendre ainsi ces turbines?

Même Greenpeace a émis des doutes sur les éolienes géantes..bien vite effacés de leur site, car procédant d'un discours contraire à la green religion...

Madame Jones vous l'a pourtant expliqué, non?
Je maintiens que ceux qui prétendent que la cohabitation avec ces machines est sans danger pour la santé sont des menteurs et des escrocs.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19640029

Écrit par : Vent de folie | 12/04/2011

@Vent-de-Folie,

Votre propos part dans tous les sens et devient difficile à suivre.
Je vous réponds essentiellement sur le fond en écartant les attaques personnelles qui ne doivent pas intéresser beaucoup de lecteurs.

Vous et certains blogs extrémistes, entretenez une confusion entre la valeur de la consommation moyenne d'un ménage et la consommation moyenne par habitant en Suisse.

Les services officiels de l'énergie parlent d'une consommation moyenne de 3'000 à 4'000 kWh par an et par ménage, qui comprend l'éclairage, l'électronique de divertissement et les appareils électro-ménagers.

Vous divisez cette valeur par 2,7 personnes pour obtenir 1'296 kWh par personne, pour l'électricité que cette personne consomme dans son ménage.

Dans votre blog (http://vent-de-folie.aminus3.com/image/2011-03-21.html) vous traitez de menteurs, d'escrocs, et de manipulateurs les services officiels et tous les partisans des éoliennes, en prenant la valeur de la consommation totale d'électricité consommées dans le pays, rapportée par habitant, soit 8'400 kWh par an, pour dire que cette valeur est différente des 1'296 kWh trouvé plus haut.

Forcément, puisque votre valeur de consommation totale comprend l'électricité consommée HORS MENAGE, telle que la consommation des entreprises, des trains, des chauffages électriques, etc...

Par conséquent, les manipulateurs ne sont pas ceux que vous prétendez, mais ceux qui mélangent les pommes et les poires, et cherchent à tromper les autres pour dénigrer les éoliennes.

Quant aux habitants de Saint-Croix, je leur souhaite de pouvoir jouir encore longtemps de la tranquillité, entourés d'une nature abondante, tout en disposant d'assez d'électricité pour leurs besoins et leur confort.
J'en connais quelques uns qui se préoccupent de savoir où cette électricité a été produite et qui sont prêts à accepter quelques nuisances plutôt que de continuer à consommer du courant nucléaire produit pas si loin de chez eux.

Écrit par : Crazy Koala | 12/04/2011

Bonjour Crazy Koala, je vous remercie pour vos commentaires. Précis et documentés, ils m'évitent de devoir répondre aux éolophobes... Je ne partage pas toutefois tous vos commentaires par rapport au projet de Sainte-Croix:
Si toutes ces éoliennes étaient prévues à une distance acceptable des habitations, les oppositions seraient probablement moins nombreuses.
Salutations cordiales

Écrit par : Christian van Singer | 13/04/2011

Monsieur Singer, MERCI de reconnaitre au moins le problème de la proximité des éoliennes par rapport aux habitations..

Vent Futé, car c'est vous, je le sais maintenant, je vous ai répondu sur mes pages.
Pro crêtes a expliqué clairement pourquoi la confusion est entretenue par les promoteurs aux sujet des ménages"desservis" par les éoliennes...

En jouant sur les mots, oui on manipule...En jouant sur les images aussi...
Et en présentant les chiffres sous une certaine lumière aussi

Si vous aviez lu mes autres pages, vous auriez vu que certains ont démontré, AVANT les subsides fédéraux, pourquoi les éoliennes n'étaient pas rentables pour la Suisse...Vous passez comme chat sur braise sur le problème des machines qui ne tournent qu'environ 20% du temps par faute de vent...Et vous n'abordez même pas les problèmes sur la santé causé par la proximité des machines, le plus grave d'entre tous...

Jamais personne ne répond d'ailleurs quand on met ce problème en avant...
Des voisins de centrales nucléaires qui s'inquiètent à raison des risques de cancers sont entendus, mais des voisins d'éoliennes n'ont qu'à souffrir en silence de toutes sortes de maux malheureusement indétectables aux scanner, ce qui permet d'en nier l'existence...


Monsieu Singer, je ne suis pas écolophobe...
Je suis même membre de ProNatura, je l'ai été de Greenpeace et du WWF...
Vent Futé, si je suis vos raisonnements , je cite en référence des blogs farfelus...
Nommez-les ils seront ravis de l'apprendre...

Pro-crêtes, Voisine d'éolienne, qui elle a autrement plus d'expérience que moi en ce qui concerne la cohabitation imposée avec ces machines...C'est du vécu...Je sais donc à quoi m'attendre et je suis ravie d'être avertie...!


EPAW, aussi, tous des farfelus...
Soit! chacun ses sources...et sa religion...


J'aimerais bien que les éoliennes soient rentables, silencieuses, bref une solution miracle...Malheureusement ce n'est pas le cas...

Je ne vois rien de plus à ajouter car, malheureusement on s'enfonce dans la polémique...

Écrit par : Vent-de -folie | 13/04/2011

Bonjour M. van Singer,

Je vous suis reconnaissant d'ouvrir votre blog à tous pour débattre au sujet des éoliennes. La fermeture ou la censure sont trop souvent pratiquées ailleurs et nuisent à la résolution des conflits.

Comme chaque moyen de production d'électricité, les éoliennes ont leurs défauts et qualités. Dans ma réponse du 07.04.2011 ci-dessus à Mme Jones, je concède volontiers que des distances minimales plus acceptables devraient être appliquées lorsque le riverain principalement concerné en fait la demande.
Je vous rejoins, ainsi que Mme Jones, sur ce point.

En revanche, le point de vue de Vent-de-Folie, exprimé de façon encore plus extrémiste et insultant sur son blog http://vent-de-folie.aminus3.com/image/2011-03-21.html , me parait inacceptable.
Dans le seul but, selon ses aveux exprimés temporairement avant d'être retirés de son blog, de préserver la valeur de son bien immobilier menacé par la présence d'une éolienne trop proche, elle démolit verbalement toutes les éoliennes et insulte tous les écolos et promoteurs des éoliennes, y compris les riverains des éoliennes d'autre parcs existants, qui trouvent ces aéro-générateurs parfaitement acceptables.

Les éolophobes ont leurs clubs d'extrémistes fanatiques qui prétendent aimer la nature, mais préfèrent continuer à consommer du courant d'origine nucléaire ou produit en brûlant du charbon plutôt que de voir une éolienne dans leur paysage.

La protection de l'environnement est un sujet trop sérieux pour que les projets qui visent à diminuer les nuisances globales envers l'homme et la nature soient paralysés par quelques égoïstes.

Écrit par : Crazy Koala | 13/04/2011

Vent-de-Folie,

Je ne vois pas de raison de poursuivre ici avec vous, le dialogue que vous me refusez sur votre blog.

Seules quelques unes de mes interventions ont été publiées sur votre blog, pendant moins de 24 heures, et maintenant vous alimenter un monologues en vous contentant d'une mauvaise interprétation de mes propos sans laisser le lecteur libre de se faire une opinion sur le réel contenu de mes commentaires.

Gardez votre fiel pour votre blog et épargnez-nous ici de vos propos incohérents.

Écrit par : Crazy Koala | 13/04/2011

Depuis cette catastrophe et même bien avant, plus personne ne parle des monstrueux dégats causés pas l'ex URSS à Mourmansk. Peut-être que c'est logique puisqu'il ne faut jamais parler des erreurs du socialisme à un Khmer Vert !

Écrit par : octave vairgebel | 13/04/2011

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