21/01/2011

Il y a 41 ans à Lucens, fin de la filière nucléaire helvétique

Il y a 41 ans, jour pour jour, un accident se produisait dans la centrale nucléaire expérimentale de Lucens, la mettant définitivement hors service. 100 millions s'évaporaient en quelques minutes. Le rêve d'une filière nucléaire helvétique indépendante prenait fin.

Heureusement qu'il s'agissait d'une petite centrale, pas plus puissante qu'une grande éolienne, et qu'elle était enfouie sous terre, de façon à limiter les risques.

Il n'y a pas eu de fuites radioactives importantes.

Aujourd'hui une partie des tunnels reste radioactive et bétonnée, une partie sert, depuis 1997, de dépôt de biens culturels cantonaux.

Pour la petite histoire, certains auraient voulu construire cette centrale sous l'école polytechnique à Zurich, mais le site broyard avait été préféré.

Dommage, car on peut parier que si cet accident avait eu lieu sous la capitale économique de la Suisse, on n'aurait pas construit de centrales nucléaires dans notre pays et on n'aurait pas pris de retard dans le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Protection face à la violence des armes? Toujours OUI !

A lire certains commentaires à mon précédent billet sur ce sujet, on a l'impression que plusieurs bloggueurs sont de grands adolescents qui rêvent d'une Suisse peuplée de citoyens-gendarmes postés derrières leurs fenêtres, arme militaire chargée, prêts à canarder les méchants voleurs...

Je n'arriverai probablement pas à les convaincre de voter oui... Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!

Mais je tiens, à l'attention de tous les indécis, à répéter quelques faits, dont j'ai pris connaissance dans le bulletin des médecins suisses (2011;92 pp 11 et 12):

  1. Aucun autre pays européen ne compte autant de suicides par armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse (3 a 10 fois plus que les autres!).
  2. Aucun autre pays européen ne compte autant d'armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse:
    200'000 armes de service, 1'450'000 anciennes armes de service, 650'000 autres armes.
  3. Entre 2003 et 2004, avec la réforme Armée XXI, le nombre d'armes militaires a été en gros divisé par deux, passant de env. 400'000 à env. 200'000, car la durée d'astreinte au service et le nombre de soldats ont baissé.
  4. Parallèlement le nombre de suicides avec des armes à feu a aussi été divisé presque par deux pour les hommes âgés de moins de 40 ans!
  5. Donc, cette réforme de l'armée, qui a diminué le nombre d'armes militaires gardées à la maison, souvent avec des munitions malgré le règlement, "ça été la mesure de prévention du suicide la plus efficace que la Suisse ait mise en place ces 20 dernières années".
  6. Le nombre de suicides n'a presque pas évolué chez les hommes de plus de 60 ans qui n'ont pas été touchés par cette réforme.
  7. Si le nombre total de suicides en Suisse n'a pas baissé, c'est parce qu'il y a eu, parallèlement, une hausse de "suicides assistés" principalement chez des femmes très âgées et malades.

Voilà, ces faits, mis en évidence par des médecins et des chercheurs sérieux, m'ont convaincu qu'il faut s'engager en faveur de l'initiative « Protection face à la violence des armes ».

Personne ne prétend qu'elle va empêcher tous les suicides, mais son acceptation permettrait certainement d'éviter chaque année des centaines de drames humains.

Aucun des arguments avancés dans les commentaires à mon précédent billet n'a montré le contraire.

J'invite donc toujours mes concitoyennes et concitoyens à voter OUI à l'initiative "Protection face à la violence des armes"!

15/01/2011

Protection face à la violence des armes? OUI !

La Suisse connaît, avec les États-Unis, le taux de possession d'armes à feu le plus élevé au monde. La Suisse est également confrontée à un taux de suicides par armes à feu record et à un excès de violences domestiques avec utilisation de ces armes.

Les mesures proposées par l'initiative visent très directement à diminuer les risques liés à l'accessibilité aux armes à feu. Elles sont simples et faciles à mettre en oeuvre :

  • introduction d'un registre national des armes à feu,
  • garde de l'arme militaire dans les arsenaux et
  • interdiction des armes particulièrement dangereuses.

L'ensemble de ces mesures sont efficaces et ont déjà fait leurs preuves dans nombre de pays étrangers.

La baisse du nombre de suicides par armes à feu, constatée depuis 2004 en Suisse, utilisée par les adversaires de l'initiative, pour prôner le NON, est en fait la meilleure preuve qu'un OUI s'impose :

Avec la réforme "Armée 21" le nombre d'armes d'ordonnance en circulation a baissé d'environ 400'000 à environ 200'000. Parallèlement le nombre de suicides par armes à diminué de 48,6% dans la catégorie d'âge des hommes libérés de leurs obligations militaires dès 2004 !

Et si le nombre global de suicides varie peu, c'est que cette baisse est partiellement compensée par une hausse des suicides assistés, mais ceux-ci concernent principalement les femmes, et ne dépendent pas des armes à domicile.

Qui croit encore que les armes à domicile sont indispensables pour sauvegarder l'indépendance de la Suisse ?

L'acceptation de cette initiative permettra de sauver de nombreuses vies en diminuant

  • le nombre des suicides,
  • les violences domestiques avec des armes à feu
  • les crimes et des délits, dont l'élucidation sera facilitée.

Votons donc sans hésiter OUI à l'initiative « Pour la protection face à la violence des armes »