23/12/2010

Des ordures radioactives pour cadeau de Noël ?

Au Niger, en guise de cadeau de Noël à la population, la société minière Somaïr (groupe Areva, ) a répandu 200 000 litres de déchets extrêmement radioactifs dans l'environnement, à seulement 3,5 km de la ville d'Arlit. Trois hectares sont gravement contaminés. À l'origine de cette pollution, la rupture, le 11 décembre dernier, des digues de bassins de décantation, qui contiennent des éléments radioactifs hautement toxiques.
Cette grave contamination montre la négligence dont Areva fait régulièrement preuve dans l'extraction de l'uranium pour nos centrales. Le groupe français sacrifie la santé des Nigériens pour alimenter les réacteurs nucléaires en uranium.
Alors  que nous nous apprêtons à passer les fêtes éclairés et chauffés en partie avec de l'uranium du Niger, les Nigériens font les frais de l'exploitation de ce minerai. Rappelons que 100 % de l'uranium utilisé en Suisse est importé : le nucléaire nous rend entièrement dépendants de l'étranger. Et toute l'industrie nucléaire est spécialement polluante et dangereuse : l'augmentation des cancers et leucémies autours des centrales et des dépôts de déchets radioactifs le prouve.
Une politique énergétique respectueuse de la santé publique et de l'environnement, est parfaitement réaliste :  développer les renouvelables et l'efficacité énergétique est préférable aussi bien pour l'environnement que pour l'économie !

Toujours deux de trop !

En accordant leurs violons, et en s'unissant pour construire et exploiter de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, Alpiq, Axpo et BKW essaient de montrer un visage raisonnable.
En réalité ces sociétés électriques persistent dans un très mauvais choix, tant du point de vue écologique qu'économique:

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  • Pourquoi investir dans le nucléaire 20 ou 30 milliards qui ne rapporteront pas un sous avant 2025, alors qu'en consacrant les mêmes sommes à la réduction des gaspillages, au développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique on disposerait de plus d'électricité et on créerait au moins 10 fois plus d'emplois de qualité en Suisse?
  • Pourquoi construire des installations qui sèment cancers et leucémies des dizaines de kilomètres à la ronde?
  • Pourquoi rester dépendant de l'étranger aussi bien pour la construction des centrales que pour les fournitures d'uranium?
  • Pourquoi continuer à empoisonner la planète en extrayant et transformant de l'uranium?
  • Pourquoi continuer à produire des déchets qui resteront radioactifs et dangereux pendant des millénaires et dont personne ne veut?

La construction de nouvelles centrales nucléaires, chères et dangereuses, bloquerait la transition vers un approvisionnement en électricité sûr et durable. Ce ne serait de loin pas le meilleur choix pour la Suisse!

10/12/2010

Politique de la santé: experts et autorités sous influence?

L'article constitutionnel demandant la prise en compte des médecines complémentaires a été adopté le 17 mai 2009 par 67% des voix et tous les Cantons. Fin 2010 rien n'a changé et les manoeuvres se multiplient pour ne pas respecter la volonté populaire.
Il faut dire que les assureurs font très fort lorsqu'il s'agit d'influencer la politique de la santé en Suisse: Une majorité des élus membres des commissions parlementaires qui préparent les dossiers fait partie, notamment, de Conseils d'administration d'assureurs. Pour quelques séances par an ils touchent souvent autant que pour leur travail d'élu. Pensez-vous qu'ils gardent toute l'indépendance nécessaire ? Quant aux experts des commissions fédérales la situation n'est pas meilleure.
Mais, objecterez-vous, pourquoi donc les assureurs s'opposent-ils à la prise en compte des médecines complémentaires, souvent précieuses et pas plus chères que la médecine classique ? C'est simple, ils peuvent ainsi offrir, à bon prix, des prestations en supplément à la LAMAL et attirer de nouveaux assurés...
Quant aux reproches faits aux médecines complémentaires, je vous donne juste un exemple de collaboration réussie entre médecine traditionnelle et occidentale : Le paludisme cause dans le monde plus d'un million de morts par an. Mais à partir de 2005, 95% des cas pourraient être traités en trois jours, pour 85 centimes, avec une préparation à base d'artémisine et d'un autre principe actif !
Le médicament résulte d'une collaboration entre Novartis et l'armée chinoise, qui avait cherché une plante pour soigner ses soldats atteints de paludisme en Indochine : L'artémisine est extraite de l'armoise annuelle, pour produire un médicament aux effets reconnus et reproductibles. Seul bémol: les spécialistes craignent que les parasites développent une résistance. Relevons que les Chinois utilisent la plante depuis plus de 2000 ans sans qu'elle ait perdu de son efficacité, car contrairement au médicament « occidental », la composition des plantes varie légèrement suivant les sols et les saisons ! Mais au lieu de reconnaître les avantages de cette « variabilité », nos experts « sous influence » y trouvent un argument pour ne pas reconnaître les médecines complémentaires: elles ne remplissent pas les règles de validation de la médecine officielle.
Cessons d'opposer médecine officielle occidentale et médecines complémentaires! On a besoin des deux!
Il est temps de respecter la volonté populaire et de réintroduire les médecines complémentaires dans les prestations prises en charge par l'assurance de base !

07/12/2010

Le nucléaire n'aime pas les filles – suite du feuilleton

Il y a deux semaines « Sortir du nucléaire » attirait l'attention, en Suisse, sur l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb.

Des conséquences graves liées à la  proximité des centrales nucléaires sont mises en évidence: dans un rayon de 35 kilomètres autour des 31 centrales nucléaires suisses et allemandes, le nombre de naissances de fillettes présente, dans les derniers 40 ans, un déficit de 20'000 par rapport aux données attendues !
Les chercheurs constatent le phénomène et s'en inquiètent : les émissions des centrales nucléaires agissent sur la natalité.
Ils sont partis des faits suivants:

  1. Suite aux essais nucléaires il y a déjà eu une baisse des naissances de filles dans le monde entier.
  2. Après l'accident de Tchernobyl on a observé le même phénomène dans les régions d'Europe et d'Asie où il y a eu des retombées radioactives. On évalue le déficit de naissances féminines à 850'000 !
  3. L'étude officielle allemande KIKK a mis en évidence qu'autour de 22 installations nucléaires allemandes il y a une augmentation des cancers et deux fois plus de leucémies enfantines...

Les chercheurs constatent des faits, mais n'ont pas d'explications exhaustives, et ils proposent des études complémentaires.
Le principe de précaution devrait inciter nos autorités à commander ces études, en impliquant des experts indépendants, et à prendre des mesures pour réduire les émissions des centrales nucléaires.

Le lobby nucléaire réplique que le nucléaire ne peut être la cause de cette morbidité autour des centrales, car les normes d'émission ne sont pas dépassées. Ils oublient de dire que dans le passé, pour fixer ces normes, on a admis des émissions 10 à 100 fois plus importantes que celles préconisées par médecins et biologistes. Il fallait tenir compte des impératifs économiques des exploitants !
La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) expliquait, pour justifier ces valeurs-limites, qu’'elles représentent pour la population un risque considérable de dommages génétiques, "Mais elles peuvent être considérées comme supportables et justifiées au regard des avan­tages que l’'on peut attendre de l’'utilisation de l’'énergie nucléaire"...

Des questions ont été posées au Conseil fédéral pour l'inciter à agir.
Malheureusement, dans sa réponse, le Conseil fédéral esquive et tergiverse.
Il affirme qu'il "prend l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine"... mais il ne veut rien entreprendre pour l'instant.
Il prétexte que "l'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière".
Pourquoi ne prend-il pas au sérieux les affirmations du Professeur Werner Stahel de Zürich, président de la société suisse pour la statistique de 2001 à 2005? Selon ce dernier l'étude est correcte et l'effet mis en évidence, bien que faible, est prouvé.
Le Conseil fédéral déclare que "si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires", mais il refuse de prendre en compte ou de commander des études scientifiques indépendantes !
Pourquoi le Conseil fédéral propose-t-il études et mesures pour protéger la population du radon, dont l'effet létal est de l'ordre de 3 à 4 pour mille, alors qu'il n'entreprend rien dès qu'il s'agit de centrales nucléaires? Et pourtant l'effet sur les foetus féminins est en moyenne de l'ordre de 3,5 pour mille autour des 31 centrales examinées et même de 6,5 pour mille autour de Beznau !

Cet a priori du Conseil fédéral, favorable au nucléaire, qui lui fait oublier le principe de précaution, nous rappelle la question de la fumée passive: pendant des décennies nos autorités ont écouté des scientifiques payés par le lobby du tabac pour minimiser le problème.
Aujourd’hui le Conseil fédéral préfère mener la politique de l'autruche chaque fois que des études mettent en évidence des atteintes à la santé dues au nucléaire.

Réponse du Conseil fédéral:
Burkhalter Didier, conseiller fédéral: L'état actuel de la recherche radiobiologique ne permet pas d'établir un lien entre la radioactivité des centrales nucléaires et l'évolution de la proportion de filles et de garçons à la naissance. Comme le montrent plusieurs études, cette proportion peut être expliquée par différents facteurs, notamment le stress, les médicaments, voire le mode de vie. Le Conseil fédéral prend l'étude allemande évoquée dans la question au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine. L'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a toutefois, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière. Ce n'est donc que lorsqu'une évaluation approfondie de cette étude aura été menée que les experts scientifiques de la Confédération pourront se prononcer quant à un éventuel effet prénatal de l'exploitation des centrales nucléaires suisses. Actuellement, le Conseil fédéral n'entend pas mener d'étude complémentaire sur ce sujet. Comme le gouvernement l'a déjà expliqué dans sa réponse à l'interpellation 09.4080, il n'est pas possible de prendre en considération les effets prénataux dans l'étude Canupis, les données disponibles ne le permettant pas. Pour mémoire, Canupis est une étude en cours sur le cancer des enfants vivant à proximité des centrales nucléaires situées en Suisse. Avant toute autre décision, il faut terminer l'étude Canupis et en publier les résultats. En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, le Conseil fédéral estime donc qu'il n'est pas nécessaire de modifier les conditions d'exploitation des centrales nucléaires suisses. Toutefois, si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires.