07/10/2010

Pour une une Caisse publique d'assurance-maladie

Aujourd'hui lancement d'une initiative fédérale pour une Caisse publique d'assurance-maladie par les associations d’assurés et de consommateurs, le PS et les VERTS.

Pour parer aux défauts que le système actuel montre depuis des années, tout en évitant les causes d'échec des précédentes tentatives d'amélioration, l'initiative propose que l’assurance-maladie obligatoire des soins soit mise en oeuvre par une institution nationale unique de droit public, dont les organes seraient composés de représentants de la Confédération, des cantons, des assurés et des fournisseurs de prestation.
Les primes seraient fixées par canton et calculées sur la base des coûts. Des agences cantonales ou inter-cantonales seraient crées et chargées notamment de la fixation des primes, de leur encaissement et du paiement des prestations.

En effet, les mesures annoncées par le Conseil fédéral pour améliorer la surveillance des caisses sont certes encourageantes, mais elles restent un emplâtre sur une jambe bois.
Il faut arrêter les hausses des primes d’assurance-maladie qui frappent année après année les assurés, en particulier les enfants et les jeunes adultes.
Une Caisse publique d'assurance-maladie est indispensable pour résoudre durablement les problèmes.

Sans nier les autres causes, notamment la centralisation insuffisante de la médecine de pointe et le prix des médicaments, sur lequel le Conseil fédéral a enfin décidé d’agir, on doit relever l'influence négative du système actuel sur les coûts :

  • Manque de transparence, séparation insuffisante entre l’assurance de base et les assurances complémentaires.
  • Dépenses publicitaires, chasse aux « bons risques », frais d'acquisition de nouveaux patients.
  • Multiplicité des systèmes de facturation et de contrôle.
  • Multiples Conseils d'administrations.
  • Nécessité de constituer des réserves élevées pour les petites caisses.
  • Subventions croisées indirectes entre filiales d'un même groupe (de différents types et/ou de différents cantons).

Depuis des années, les assurés de certains cantons payent des primes trop élevés et les Caisses-maladie, au lieu de restituer aux assurés les sommes payées en trop, en baissant les primes les années suivantes, transfèrent les réserves excédentaires dans d'autres cantons, pour les besoins de leur politique commerciale, pour masquer des pertes et pour y recruter des « bons risques »...
Les reserves excédentaires voisinent le demi milliard et certaines Caisses-maladie vont « légalement » « dépouiller » leurs assurés. Supra et Assura par exemple veulent délester les Assurés genevois de 165 millions, les Neuchâtelois de 54 millions, les Vaudois de 52 millions... C'est inacceptable !
Primes cantonales, mais réserves communes ? Le système actuel est absurde, et ne récompense pas les efforts de rationalisation de la médecine réalisés dans de nombreux Cantons.

Il est indispensable de créer une Caisse publique d'assurance-maladie pour que dans chaque canton, les autorités, les prestataires de services et les assurés puissent collaborer au maintien d'un système de santé performant, au renforcement des mesures de prévention et à la maîtrise de ses coûts.

Commentaires

Aberration totale !

Une caisse maladie unique ne fera pas baisser les coûts de la santé. Ses frais d'administration ne seront pas plus bas qu'actuellement. Cela implique que les primes ne diminueront pas. Donc, à quoi bon ?

Le seul moyen d'avoir une assurance maladie solidaire serait que les primes d'assurance de base de tous les citoyens helvétiques soient les mêmes, que vous habitiez Genève, Stans, Zurich ou Goumoens-le-Jux. Ce n'est pas ce qui est proposé, cette initiative tape donc encore une fois à côté de la cible.

De plus, avec une caisse maladie unique, toutes les données médicales des citoyens suisses seraient centralisées. Et je refuse que mon dossier médical soit en mains de l'état. Lorsque la gauche plurielle refuse des caméras sous prétexte de protection des données, je trouve hilarant de la voir se battre pour que l'état aie connaissance de tous les dossiers médicaux.

Donc, ce sera une fois de plus un grand NON à cette mascarade et ceci même si la situation actuelle est loin d'être satisfaisante.

Écrit par : Pascal D. | 07/10/2010

Bonjour Pascal,
1) Vous avez mal lu la proposition: elle ne préconise pas une caisse maladie de l'Etat, mais que "l’assurance-maladie obligatoire des soins soit mise en oeuvre par une institution nationale unique de droit public, dont les organes seraient composés notamment de représentants de la Confédération, des cantons, des assurés et des fournisseurs de prestations". Les données médicales ne seraient donc pas moins bien protégées que dans le système actuel.
2) Actuellement plus d'un demi milliard est gaspillé en publicité, frais de courtage pour assurer les "bons risques". Près d'un demi milliards de primes ont été payées en trop dans certains cantons et Supra et Assura, par exemple, veulent délester les Assurés genevois de 165 millions, les Neuchâtelois de 54 millions, les Vaudois de 52 millions...Sans compter la multiplication des Conseil d'administration, les doublons administratifs du système actuel. Des caisses cantonales uniques pourraient en outre oeuvrer efficacement pour la prévention. Cette réorganisation contribuerait donc à lutter contre la hausse des primes
3) On pourrait effectivement songer à des primes uniques pour toute la Suisse, mais une nette majorité de Suisse allemands n'en veut pas craignant de devoir payer pour des Romands qui sont plus forts consommateurs de prestations médicales.

Écrit par : Christian van Singer | 07/10/2010

Les frais administratif ne représentent que quelques pourcents des primes payés par l'assuré. Ce n'est pas les frais de publicités en moins qui vont freiner les coûts réels de la santé qui ont doublé en 10 ans. On change de statut, mais les traitements médicaux, coûts hospitaliers etc...resteront les mêmes, vu que la gauche n'accèptera jamais une remise en question des préstations remboursée par l'assurance de base. En plus de cela vous allez mettre en place un système qui ne marche nul part ailleurs. Les pays à caisse unique, ne cessent de tailler dans les prestations pour sauver leur sécu de la faillite. Je vois déjà des augmentations de la TVA et autres taxes à la rescousse de l'assurance maladie.

La caisse unique à la place du système actuel, c'est de remplacer la peste par le choléra.

D.J

Écrit par : D.J | 07/10/2010

Pascal D.,

Vous vous trompez complètement : si on applique les base de l'économie d'entreprise, passer de plusieurs dizaine de caisse à une seule caisse impliquera d'énormes économie d'échelle. De plus, la caisse unique n'aura pas besoin de dépenser de l'argent en publicité pour démarcher des nouveaux assurés. C'est autant de sommes - énormes aussi économisées.

Ainsi, munis de ces frais administratifs plus bas, les primes baisseront bien.

Mais le plus important n'est pas là ! Le plus important c'est que la caisse maladie sera CONTROLEE et aura des comptes à rendre à nos élus ! Ce qui est loin d'être le cas actuellement ou les caisses sont soupconnées de fraude et s'abritent derrière le secret des affaires.

Ainsi on pourra faire revenir la gestion de la santé publique dans le giron publique et la traiter comme ce qu'elle devrait être depuis toujours : UN BIEN PUBLIC !

Écrit par : Djinius | 08/10/2010

Mais le plus important n'est pas là ! Le plus important c'est que la caisse maladie sera CONTROLEE et aura des comptes à rendre à nos élus ! Ce qui est loin d'être le cas actuellement ou les caisses sont soupconnées de fraude et s'abritent derrière le secret des affaires.

Écrit par : tiffany necklace | 11/10/2010

Un contrôle étatique ? Laissez-moi rire.

encore une fois, cela ne fera pas baisser nos primes. Mais plutôt que de les augmenter, nos "sages" demanderont à augmenter une énième fois la TVA. Et ce que je redoutais dès le début de la TVA arrivera très très vite : un taux de TVA européen (20 %) avec l'IFD en plus !

Jamais.

Écrit par : Pascal D. | 11/10/2010

La caisse unique a ses mérites, les caisses multiples en ont aussi, mais ne parler que de cela détourne du vrai problème, car le coût de la santé ne dépend pas de l'organisation des caisses maladie, mais du prix des hôpitaux, du prix des médecins et para-médicaux, du prix des médicaments, etc. Or on n'a jamais rien fait pour que ces prix baissent. Toutes les mesures proposées avant, pendant et après Couchepin n'ont jamais eu d'autre effet que de transférer les coûts d'un porte-monnaie à l'autre, le plus généralement en faveur des assurances et aux dépens des malades qu'on charge de plus en plus. Si l'on fait l'analyse, in fine, les coûts sont constitués de salaires (ceux des traitants, ceux des maçons qui construisent les hôpitaux, ceux des ouvriers de l'industrie pharmaceutique et j'en passe) et de profits (ceux de tous les intervenants privés). On ne peut donc réduire les coûts qu'en réduisant les uns ou les autres, ou les deux, ce qui frise l'impossible. L'autre façon de faire des économies, c'est de réduire les soins, ce que personne ne veut et qui serait rapidement contraire aux bases de notre civilisation. Quant à s'attaquer aux abus dont on parle plus qu'ils n'existent, c'est marginal et insignifiant. Reste la prévention pour réduire les besoins, on n'en fera jamais assez. A défaut d'inventer une nouvelle médecine moins technique ou de rétablir la sélection naturelle, il faut donc s'attendre à ce que les coûts continuent d'augmenter sur le long terme. Nous avons vécu un changement fondamental de civilisation. Il y a 100 ans, c'est l'alimentation qui coûtait le plus. Aujourd'hui elle ne représente plus grand'chose, les grands postes de dépense sont devenus le logement et la santé, qu'on aime ou non!

Écrit par : Réaliste | 11/10/2010

Réaliste a raison lorsqu'il affirme que des caisses maladie "cantonales" ne résoudront pas par miracle tous les problèmes actuels. Par contre, lorsqu'il prétend qu'on a jamais rien fait pour que les prix baissent, il oublie que plusieurs Cantons, dont Vaud et Genève, ont réussi ces dernières années à baisser les coûts hospitaliers, par des mesures de rationalisation. Mais dans le système actuel leurs efforts sont bien mal récompensés: plusieurs caisses maladies ne répercutent pas ces économies, mais, année après année, elles y facturent des primes trop élevées et transfèrent les primes payées en trop, dans d'autres cantons pour y assurer de "bons risques". Des centaines de millions!
Réaliste oublie aussi qu'avec des caisses maladie "cantonales", Confédération, cantons et assurés pourront mieux renforcer la prévention, qui a défaut de réduire les dépenses pour la santé, pourrait en réduire la progression.

Écrit par : Christian van Singer | 11/10/2010

C'est vrai qu'une caisse unique ne fera pas baisser les primes, mais pour l'instant, l'assuré-consommateur n'a pas droit à la parole... Il est juste bon à payer!
Que les suisses allemands consultent moins que les romands, je peux le comprendre; mais quand une maman a son gosse malade, elle va chez le médecin. Statistiquement les enfants suisses romands ne sont pas plus malades que les autres... alors comment justifier des primes passant du simple au double en fonction des cantons...
Alors oui il faut changer ce système auquel je ne fait plus confiance!

Écrit par : Tchento | 12/10/2010

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